Voir p. 202, n
8. On suppose, il est vrai, qu'après avoir copié Polybe, il a consulté l'ouvrage ■de Cœlius et qu'il y a pris le nom de Naraggara. Mais il faudrait avoir une raison, -si Taible fût-elle, de croire que ce nom se lisait dans Cœlius et expllcjucr pourquoi Tite-Live l'aurait substitué au Margaron de Polybe.
262 HISTOIRE MILITAIHE DE CARTHAGB.
prospérité : il est à croire qu'aux temps des Gracques et d'Auguste, on ignorait à Rome son existence, à supposer qu'elleexistât déjà^ Il faudrait donc accuser quelque copiste ou lecteur de Tite-Live, un homme qui, soit par sa naissance, soit pour toute autre cause, aurait eu des raisons particulières de connaître Naraggara et aurait introduit ce nom dans un manuscrit.
Môme si l'on adopte la première hypothèse, on ne doit [tas se hâter de conclure que la bataille fut livrée près de Sidi Youssef^. Ce lieu est éloigné de près de 100 kilomètres de Jama, de 140 au moins de Sidi Amor el Djedidi; à supposer que ni Jama, ni Sidi Amor ne répondent à la Zama de Polybe, il se trouvait certainement à plusieurs journées de marche de cette ville, puisque l'historien compte cinq journées entre Cartilage et Zama et qu'il y en avait environ huit entre Carthage et Naraggara ^ Il conviendrait donc de chercher notre Naraggara, non à Sidi Youssef, mais bien plus à l'Est*. L'exemple de Zama, pour n'en point citer d'autres, prouve qu'en Afrique, comme partout, il y avait des localités homonymes.
Nous rencontrons dans Appien une indication topographique qui a peut-être plus de valeur que le reste de son récit. Ilannibal, dit-il % avait eu l'intention d'établir son camp sur une colline voisine de la ville de KO.Xa. Mais, Scipion l'ayant occupée avant lui, il dut passer la nuit qui précéda la bataille au milieu d'une plaine aride ; il y fît creuser des puits, d'où l'oa