Voir t. II, p. 278, n
2. M. Veith (p. 601-2) rejette les distances indiquées par Népos et Appien, mais il croit que la durée du parcours est exacte. En deux jours et en deux nuits, dit-il, un cavalier, accomplissant un raid dans les mêmes conditions qu'Hannibal, peut couvrir 200-240 kilomètres. Gela cadre avec l'hypothèse qui place la bataille dans la région de Sidi Youssef. Il n'est guère besoin d'ajouter que ce n'est pas une preuve à l'appui de cette hypothèse. — Si Hannibal s'enfuit à Hadrumète, et non à Carthage, il n'en faut pas conclure que la première de ces villes ait été plus rapprochée du champ de bataille (comme le veut M. Kahrstedt, p. 563, n. 1). Il s'en alla par oij il était venu, par où il savait que la route était libre. D'ailleurs tenait-il à se faire auprès des Carthaginois le messager de sa défaite ?
3. Les opinions des savants sont très diveiees. Vers le printemps de 202 : Mommsen, Histoire romaine, trad. Alexandre, III, p. 246, n. 1. En mai ou au début de juin : Kahrstedt, p. 569, n. 1. En juillet ou en août : Z^ielinski, p. 74. En été : Matzat, Rômische Zeilrechnung, p. 170. A la fin de Tété : Lehmann, Jahrfcûc/ier, XXI Suppl., p. 561. En septembre : Faltin, dans Neumann, Das Zeitalter der punischen Kriege, p. 550, u. 5. En automne : Weissenborn, édit. de Tite-Live, note è XXX, 29, 1. En octobre : Pareti, p. 323-4; Cavaignac, dans Klio, XIV, 1914, p. 41. A la fin de novembre ou au début de décembre : Lenschau, dans iteal-Encyclopâdie, VII, p. 2344. Vers le mois de mars de l'année 201 : Varese, Cronologia romana, I, p. 54.
4. Apud Zoiidras, IX, 14, p. 442^ c : 6ti o r^Xioç (rj(Ji7ia; è;c>(7re.
SGIPION ET HANNIBAL. 265
combat et aurait beaucoup effrayé les Carthaginois. L'éolipse du 19 octobre 202, à laquelle on a voulu rapporter cette mention, fut insignifiante dans l'Afrique du Nord ^ : Dion ne nous a transmis qu'une légende. Le récit de Polybe permet de supposer que la campagne dura peu, quelques semaines à peine. Il nous apprend qu'au début de cette campagne, Scipion invita Masinissa à le rejoindre le plus rapidement possible et que la bataille fut livrée presque aussitôt après l'arrivée du roi. Publius avait, autant qu'il semble, quitté son camp du promontoire vers le début d'avril^; il aurait donc vaincu Hannibai vers la fin du printemps \ Pourtant, selon Tite-Live, l'année aurait été beaucoup plus avancée. Très peu de temps après la bataille de Zama, les Romains auraient mis en déroute le prince numide Vermina, lors des Saturnales, c'est-à-dire au mois de décembre du calendrier officiel romain. Il est vrai que les indications relatives à Vermina sont fort suspectes*. Mais il y a tout lieu d'admettre que la paix, demandée par les Carthaginois après leur défaite, ne fut conclue qu'en 201, lorsque les nouveaux consuls étaient déjà en charge. Cela ne s'explique guère si la victoire de Scipion avait été remportée en mai ou en juin de l'année précédente. Faut-il donc la reculer jusqu'à l'automne? Car il n'est guère vraisemblable ^ qullannibal soit parti d'Hadrumète au plus fort des chaleurs. Plusieurs mois se seraient écoulés entre l'appel très pressant de Publius et la venue de Masinissa, entre le commencement des pillages de Scipion et la
1. Ginzel, SpezicUcr Kanon der Sonncn- und Mondfinsternisse, p. 189.