‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 237 sur 407 · V. sapra, p. 240, n · texte numérisé non relu

V. sapra, p. 240, n

3. Le livre XV de Polybe comprenait les événements qui se passèrent dans la seconde année de la 144' Olympiade (été de 203-été de 202). Or c'était dans ce livre que riiistorien racontait successivement l'attentat contre les députés romains, la reprise des hostilités, la bataille, les conditions imposées aux Garlhaginois lors de la seconde entrevue de Tunis.

4. V. infra, p. 282-5. De même celles qui concernent la prétendue expédition du consul Claudius : si elles étaient exactes, elles nous forceraient l'i reculer la bataille assez tard dans l'année 202 : voir p. 2S0.

5. Malgré les observations présentées plus haut, p. 44, u. 3.

décision prise par Ilannibal de marcher contre lui ; cependant le général carthaginois aurait dû profiter du long retard de Masinissa pour attaquer les Romains*. Il nous paraît impossible d'élucider cette question.

L'entrevue de Publias et d'IIannibal est-elle un fait historique-? On savait évidemment la vérité là-dessus dans la maison des Scipions, dont Polybe fut un des familiers. Or il n'émet aucun doute sur la réalité de cette célèbre rencontre, mentionnée aussi par d'autres historiens'. Quant aux véritables raisons de la démarche d'Hannibal, elles ne furent probablement pas celles que Polybe indique*. Une défaite pour les Carthaginois, incapables désormais de constituer de nouvelle» armées, c'était l'obligation de se soumettre aux conditions qu'il plairait à Rome de leur imposer. Une victoire n'eût assuré que la libération de leur territoire africain. Ne pouvait-on pas essayer d'obtenir ce résultat sans risques, ni pertes, de conclure un traité qui ne détruisît pas la puissance militaire de Carthage et laissât l'espoir d'une revanche plus ou moins prochaine? Ilannibal crut sans doute que sa renommée était assez grande pour inspirer àScipionla crainte de se mesurer avec lui et de s'exposer à un désastre irrémédiable (car une retraite de l'armée romaine vers le littoral eût été bien difficile). Publius,

1. Notons aussi que le gouvernement punique ne dut pas attendre très longtemps pour demander à Ilannibal de mettre un terme aux pillages de Scipion : or Polybe dit qu'Hannibal entra en campagne peu de jours après avoir reçu le» députés chargés de lui exprimer ce désir.

2. Ce que contestent Ihne, Rômische Geschichie, II, 2° édit., p. 413, n. 1 (il est disposé à croire que c'est une invention d'Ennius), Lehmann (/. c, p. 561-5, et I^cue Jahrbiicher, CLIII, 189G, p. 574) et Delbrûck {l. c, p. 390).

3. Outre Tile-Live, qui dépend de Polybe, vuir Cornélius Népos, Hannibal, Vf, 2; Appien, Lib., 39 (Scipion se montre fort peu accommodant et les interlocuteurs se quittent en se menaçant); Zonaras, IX, 14, p. 442, a-b (cet auteur mêle le» négociations qui auraient été entamées par l'intermédiaire de Masinissa et l'entrevue d'Hannibal et de Scipion : choses distinctes selon Appien, Lib., 37 et 39); Plutarque, Flamininus, 21.

4. Tite-Live (XXX, 29, G) dit qu'il ignore si Hannibal demanda l'enlrevue d© sa propre initiative ou d'après les instructions du gouvernement de Carthage. Valerius Antias (XXX, 29, 7) prétendait qu'Hannibal était venu au camp de Scipion en qualité de député et accompagné de dix autres députés.

de son côté, n'était pas assez certain de vaincre pour refuser même d'entendre des propositions de paix.

Les généraux ne prirent avec eux que quelques cavaliers. Ceux-ci s'arrêtèrent bientôt et, seuls, deux interprètes assistèrent à la conférence*. Hannibal déclara que sa patrie était prête à abandonner définitivement à Rome l'Espagne, la Sicile, la Sardaigne et les autres îles situées entre l'Italie et l'Afrique. Ces conditions étaient moins défavorables aux Carthaginois que celles qu'ils avaient acceptées, qu'ils avaient même implorées du Sénat et du peuple romain, avant de rompre la trêve : ils n'étaient plus disposés à livrer leur flotte de guerre, ni à payer une lourde indemnité. Leur perfidie devait-elle donc être récompensée? Publius repoussa cette prétention; il exigea que Carthage se remît à la discrétion de Rome. L'entretien en resta là^.

Dès l'aurore du jour suivant ^ les deux armées se rangèrent en ordre de bataille \

Il se peut qu'Iiannibal ait eu à peu près 50 000 hommes, chitîre indiqué par Appien^ Dans ce nombre, il y avait, selon Polybe, environ 12 000 mercenaires*^ ligures, gaulois, baléareset maures \ probablement tous recrutés par son frère Magon^

1. Polybe, XV, G, 3; conf. Tite-Live, XXX, 30, 1. Pourquoi Hannibal et Scipion ne con\ersèrent-ils pas en grec? Le Carthaginois connaissait bien cette lanjrue et ii en était sans doute de mt^ine du Komain. On nous dit môme qu'Haniiilal savait le lalin : Zonaras, Vlll, 24, p. 411, d.

2. Polybe (XV, G-8) a refait les discours d'IIannibal et de Scipion. Tile-Live a abondamment développe oelle matière.

3. Polybe, XV, 9, 2. Quebiuei jours après, selon Cornélius Népos, //a/ini6(W. VI, 2.

4. Sur la bataille de Zama, voir, entre autres, Lehmann, Ja/i/^uc/tcr. XXI Sii|i[>I- 573.-001; Delbriick, (iescli. der Kricjslmnst, I, 2* édit., p. 382-iO(); Veith, p. 015.

G64; Kahrsledt, p. 5G4-G.

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