Pour Masgaba, voir Tile-Live, XLV, 13 et
les lions, les éléphants, les autruches qui figurèrent dans les spectacles du cirque durant la première moitié du second siècle ^ : excellent moyen de se concilier la sympathie du peuple de Rome.
Si nous interprétons exactement des indications obscures, le traité de 201 garantit aux Carthaginois leurs possessions africaines de l'année 218, dont Scipion détermina les limites là où elles n'étaient pas marquées par les fosses phéniciennes. Mais, à l'intérieur de ces limites, Masinissa fut autorisé à revendiquer ce qui avait appartenu à lui-même ou à ses ancêtres ^. Des contestations étaient inévitables. Rome ne se soucia pas d'y mettre fin par un règlement immédiat, après lequel les réclamations du roi n'auraient plus été admises. Elle jugea sans doute qu'elle avait intérêt à laisser subsister entre les deux Etats africains des causes permanentes d'inimitié. Ce fut seulement un tiers de siècle plus tard, après la chute de Persée, qu'elle acquit dans le monde méditerranéen une suprématie incontestée. Auparavant, elle put craindre que les Carthaginois ne fussent tentés de se joindre à une coalition qui se formerait contre elle. Elle souhaita que Masinissa se chargeât de les affaiblir en réduisant leur territoire. Pendant longtemps, elle ne paraît pas avoir redouté que le souverain massyle, son client dévoué, ne devînt à son tour trop puissant.
Celui-ci était fort désireux de s'agrandir aux dépens de ses voisins. Dans les plaines du cours moyen de la Medjerda^ sur le plateau central tunisien, ailleurs encore, il y avait des
1. Tite-Live, XXXIX, 22; XLIV, 18 (jeux donnés en 169 par des édiles curules dont l'un était le gendre de Scipion l'Africain : Masinissa devait être déjircux de lui rendre service). Plante, Persa, 199; Poenidus, 1011-2.