V. supra, p
campagnes fertiles et bien exploitées, très dignes des convoitises d'un prince qui avait résolu de répandre l'a'^Ticulture dans son royaume K Les indigènes qui les peuplaient n'avaient guère de raisons, semble-t-il, de préférer la domination punique à la sienne ^ D'autre part, il prétendait tirer ses sujets de la barbarie et c'était la civilisation la plus proche, celle de Car- Ihage, qu'il voulait leur imposer. Cette tâche devait être facilitée par l'annexion de villes maritimes phéniciennes, de ré^-ions où la langue et les mœurs carthaginoises avaient commencé à s'implanter.
A l'appui de ses revendications, il lui fut facile d'invoquer des arguments qui n'avaient pas besoin d'être justifiés : par exemple, des souvenirs de razzias plus ou moins lointaines, des généalogies attribuant à de prétendus ancêtres les pays que les Tyriens avaient jadis enlevés aux autochtones. Il ne se contenta pas de réclamer; il mit hardiment la main sur ce qu'il trouva à sa convenance. Carthage n'avait pas le droit de lui résister par les armes. Il est certain que le traité de 201, par une clause dont nous ne connaissons pas avec précision les termes ^ interdisait à la République d'engager contre Masinissa une guerre même défensive : ce fut un conflit de cette nature que le Sénat romain regarda, en l'année loO, comme une violation du traité. Dépouillés, les Carthaginois ne pouvaient que se plaindre à Rome et solliciter d'elle un arbitrage. Or le roi savait bien que son alliée déciderait en sa faveur ou, tout au moins, le laisserait en possession de ce qu'il avait pris. Ses empiétements successifs l'amèneraient un jour jusqu'aux portes de Carthage. C'était la capitale qu'il rêvait de donner à un vaste Etat libyco-punique, couvrant presque toute l'Afrique