‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 3 sur 407 · T. II, p · texte numérisé non relu

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GSELL, III. 1

2 HISTOIRE MILITAIUE DE CAUTHAGE.

l'île étaient ses alliées, ou plutôt ses vassales : elle tenait ainsi les côtes en face du golfe de Tunis et de la Sardaigne, les rives du détroit qui relie les deux bassins de la Méditerranée. Après comme avant le désastre d'Ilimère, elle pouvait s'accommoder d'un état de choses que ses vainqueurs ne semblaient ni désireux, ni capables de modifier : ils n'étaient plus gouvernés par des tyrans puissants et belliqueux, comme au temps de Gélon et de Théron; Syracuse et Agrigente, qui se jalousaient, n'avaient pas maintenu leur union; enfm, avant de se tourner contre des rivaux relégués à l'extrémité occidentale de la Sicile, les Grecs avaient à tenir tête à leurs voisins indigènes.

D'autres songèrent à étendre leur domination sur la grande île et à abattre les Carthaginois. C'étaient là des projets que l'on agitait déjà dans Athènes du vivant de Périclès^ Alcibiade prétendit les exécuter. La prise de Syracuse devait être le prélude d'une guerre contre Carthage\ Celle-ci resta neutre, malgré les avances qu'on lui fit de part et d'autre ^ Mais la défaite des Athéniens, qu'elle avait souhaitée et peut-être prévue, exalta les Syracusains et leurs alliés : il était aisé de comprendre qu'ils revendiqueraient bientôt toute la Sicile.

Depuis longtemps, les Élymes de Ségeste et les Grecs de Sélinonte se disputaient un territoire. Ce fut même le prétexte de l'intervention d'Athènes : implorée par les Ségestains, elle attaqua Syracuse, alliée de Sélinonte. Après l'échec de l'expédition athénienne, les Sélinontiens s'agrandirent encore aux dépens des Ségestains, qui, pour être défendus par Carthage, se donnèrent à elle. Quelques années auparavant, ils avaient demandé en vain sa protection \ Cette fois, ils furent entendus. Le Magonide Hannibal était alors roi^; il fit adopter des

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