Lib
6. Tite-Live (XXX, 37, 4) mentionne une prétendue clause du traité imposé par Scipicn au.\ Carthaginois : ils devaient faire alliance avec Masinissa (Polyhe, que
que, pendant une période d'un demi-siècle, il n'y eut aucun conflit entre les deux Etats africains. En réalité, Carthage ne se décida à une lutte ouverte que cinquante et un ans après la guerre d'IIannibal, mais, auparavant, son voisin l'avait plus d'une fois provoquée et dépouillée.
Appien raconte ensuite* qu'à l'instigation du parti démocratique, le boétharque^ Carlhalon envahit le territoire usurpé par le roi, fit du butin sur les sujets de Masinissa qui y campaient, en tua quelques-uns et excita les cultivateurs libyens contre les Numides. Cela se serait passé à une époque où les Romains étaient en guerre avec les Celtibères, et aussi avec d'autres Espagnols que Masinissa serait allé combattre : probablement en 153 ^ Mais il est bien difficile de resserrer dans un espace de trois ans à peine (153 — printemps de 150) tous les événements qui suivirent, jusqu'au début des hostilités entre Masinissa et Carthage. L'incursion de Carthalon eut lieu sans doute quelques années plus tôt*; Appien l'aurait placée à une date inexacte, par une erreur dont la cause nous échappe. Après cette razzia, il y en eut beaucoup d'autres, commises soit parles Numides, soit par les Carthaginois. Pujs vinrent des députés romains, qui, comme les précédents, avaient reçu pour instructions de favoriser Masinissa. Ils ne décidèrent rien et le roi resta en possession du pays contesté ^
Peu de temps après, il revendiqua « la région dite des Grandes
l'historien latin copie dans ce passage, ne dit rien de tel : eonf. supra, p. 287, n. 2). Malgré les assertions d'Appien et de Tile-Live, on peut douter qu'un accord particulier ait été conclu entre le roi et Carthage après la paix de 201. Leurs rapports étaient réglés, d'une manière générale, par le traité punico-romain, et Masinissa n'avait aucun intérêt à écarter les contestations que ce traité rendait possibles.