‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 302 sur 407 · XLI1I · texte numérisé non relu

XLI1I

Connaître la suite de cette affaire. Les intentions manifestées par le Sénat durent causer quelque dépit à Masinissa, s'il les crut sincères*. Mais il n'en fît rien voir : jamais il ne montra plus de zèle dans les bons offices qu'il rendit à ses alliés. Ceux-ci, après leur victoire, se soucièrent sans doute beaucoup moins de savoir si les doléances de Carthage étaient légitimes.

A défaut du texte même de Tite-Live, les sommaires de son histoire nous apprennent qu'il mentionnait encore des contestations entre ^lasinissa et les Carthaginois dans ses livres XL Vn et XLVIIL II indiquait, en 157, l'envoi de députés romains qui devaient servir d'arbitres; puis, vers le début de loS (autant qu'il semble), le retour d'une commission à laquelle la même tache avait été confiée ^ L'année suivante, d'autres commissaires, désignés surla demande de P. Cornélius Scipio Nasica, auraient obtenu du roi sa renonciation à un territoire qui était alors en litige ^ D'ailleurs, comme nous le verrons S les renseignements que Tite-Live donnait à propos de cette députation étaient sans doute en bonne partie inexacts.

Reste un troisième auteur : Appien. Il dit^ qu'après la guerre d'Hannibal, Masinissa, comptant sur les Romains, occupa un vaste territoire appartenant à Carthage, sous prétexte qu'il en avait été jadis le maître. Le gouvernement punique s'adressa à Rome, qui envoya des commissaires, leur donnant mandat de favoriser le roi le plus qu'ils pourraient. Masinissa garda donc ce qu'il avait pris; ent^e lui et les Carthaginois fut conclu un traité, qui dura environ cinquante ans^ Appien paraît croire

1. Tite-Live (XLII, 29) prétend que Masinissa se serait fort bien accommodé de la défaite des Romains par Persée : nul n'eût pu désormais l'empêcher de mettre la main sur toute l'Afrique.

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