Epit. L XLVlll
GSELL, 111. 21
322 HISTOIRE MILITAIRE DE CARTllAGE*
nécessité d'anéantir l'ancienne rivale de Rome au cours de son voyage en Afrique ^
Appien ne donne pas de détails précis sur les conquêtes du souverain numide dans la région des Syrtes. Cependant il fait dire à un Carthaginois, en 149 -^ : « Masinissa nous a arraché la contrée qui entoure TEmporion, puis il en a envahi une autre ». 11 indique qu'en ioO, Carthage consentit à ahandonner au roi « la contrée qui entoure l'Emporion^ ». Si cela est exact, il faut en conclure que jusqu'alors, elle ne l'avait pas regardée comme définitivement perdue, malgré la sentence du Sénat romain qui, d'après Polyhe, avait attribué ce pays, villes et campagnes, à Masinissa. Pourquoi Appien se sert-il du singulier 'EuLTiopLov, au lieu du pluriel 'E[i.7:6pi.a, Emporia, que l'on trouve dans Polybe et dans Tite-Live? C'est peut-être simplement une expression impropre, à moins qu'il ne s'agisse du principal de ces Emporia, du chef-lieu de la contrée, Leptis la Grande*.
Les textes que nous venons d'étudier ne permettent pas, en somme, de reconstituer l'histoire des rapports de Masinissa et des Carthaginois dans la première moitié du second siècle. Ils nous apprennent seulement qu'à plusieurs reprises pendant cette longue période, le roi émit des revendications très contestables, ou tout à fait injustifiées, et enleva à ses voisins des territoires étendus, sur le littoral des Syrtes, dans l'Ouest et dans le centre de la Tunisie; que Carthage, ne pouvant repousser ses empiétements par la force, invoqua souvent l'arbitrage de Rome; que celle-ci lui donna tort, ou évita de lui donner raison.