‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 307 sur 407 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

4. Leptis n'était pas au milieu de la région des Emporia, si celle-ci répondait au littoral de la petite Syrte. On devrait admettre que la contrée dont elle aurait été le chef-lieu, qui l'aurait « entourée », comme le dit Appien, se serait étendue depuis l'ouverture de la petite Syrte au Nord jusqu'à la frontière de la Cyrénaique (conf. t. H, p. 128, n. 6). Le royaume de Masinissa atteignit cette fron-^ tière : voir ici, p. 304.

Les Carthaginois qui ne se résignaient pas à tout subir de la part de Masinissa étaient à bout de patience. Dans Ihiver de 451-150*, les démocrates, maîtres du pouvoir, firent condamner à l'exil les meneurs de la faction qui conseillait une entente avec le roi^ Les bannis se rendirent auprès de Masinissa. Il envoya à Carthage ses fils Micipsa et Gulussa, pour demander le rappel de ses partisans. Mais le boétharque Carthalon^ empêcha les princes d'entrer dans la ville; Amilcar le Samnite, un autre chef du parti démocratique, tomba sur Gulussa, qui retournait auprès de son père, et tua quelques gens de son escorte.

Alors Masinissa vint assiéger Oroscopa*, qu'il convoitait, bien qu'il n'y eût aucun droit. Ceux qui gouvernaient Carthage se décidèrent à la guerre ^ Une armée, comptant 25 000 fantassins, fut confiée à un boétharque récemment élu, Asdrubal. Malgré le portrait peu flatteur que Polybe a fait de lui^ ce n'était pas un homme dénué de talents militaires : il le prouva plus tard, lors de la troisième guerre punique. Il s'avança contre Masinissa. A son approche, deux chefs numides, Agasis et

1. Nous calculons cette date d'après la durée probable des événements qui suivirent. La guerre prit fin dans l'été de loi) (pour l'année, voir p. 311, n. 2).

Page 1