Calon r Ancien
4. IMulaniue, l. c. : Caton Irouvo Carllingo pleine de toute sorte d'armes et de préparatifs guerriers.
5. Mommsen, Histoire romaine, trad. Alexandre, lll, p. 20S; IV, p. 314.
C. Lib.. Gl. Ce discours n'a pas élé composé par Appien, puist|u\)n le retrouve dans Diodore de Siciit» {supra, p. 2'.):î, n. 1). Il n'est pas impossible (|ue la source commune des deux auteurs remonte à uneépo(|ue voisine de la troisième g:uerre. Ou pouvait prôler à un mort une pensée qu'un vivant n'aurait pas jupe à propos d'exprimer pour son proprt» compte.
7. M. Kalirstcdt (p. Glj-7 et 042) a eu le mérite d'insister sur celle considération
d'autres hommes clairvoyants jugèrent que l'heure était proche où Masinissa tenterait de réaliser sa suprême ambition : les Carthaginois n'étaient plus assez forts pour lui opposer une longue résistance; peut-être même consentiraient-ils à accepter sa domination, tout au moins sa tutelle. Cependant on eût difficilement fait comprendre au peuple de Rome qu'il importait de défendre contre un vieil allié des ennemis héréditaires. Le moyen le plus simple, comme aussi le plus sûr, d'arracher Carthage aux convoitises de Masinissa et de ses successeurs était de la détruire. Il y avait là, d'ailleurs, un beau butin à faire. Naturellement, le motif de l'arrêt de mort ne pouvait pas être avoué. On devaitfeindre de redouter les Carthaginois, alors qu'on redoutait le roi numide.
Ce fut avec un véritable acharnement que Caton, après son retour d'Afrique, réclama la décision qui lui paraissait urgente. Au Sénat, chaque fois que le président lui demandait son avis sur une affaire, il usait d'un droit qu'avaient les membres de l'assemblée^; à la proposition que l'on discutait, il en joignait une autre : « Je suis aussi d'avis que Carthage doit cesser d'exister^ ». On connaît la légende d'après laquelle il aurait apporté une figue fraîche dans la salle des séances. La montrant à ses collègues, il aurait déclaré qu'elle avait été cueillie à Carthage trois jours auparavant : « Oui, aurait-il ajouté, nous avons un ennemi si près de nos murs M »
Il trouva pourtant un contradicteur obstiné, P. Cornélius Scipio Nasica, gendre de l'Africain. Ce personnage, qui avait
1. Voir Ghabert, dans Annales de VUniversité de Grenoble, XV, 1913, p. 49-61.
2. Appien, Lib., 69. Diodore, XXXIV-V, 33, 3. Plutarque, L c, 27. Velleius Paterculus, 1, 13, 1. Pline l'Ancien, XV, 74. Florus, I, 31, 4. De viris iUustribus^ 47. Saint Augustin, Clv. Del, I, 30. Allusions dans Gicéron, De senectute, 6, 18, et De officiis, I, 23, 79; dans Valère-Maxime, VIII, 15, 2. — Kap^i^Sova \ir\ elvat, disent des auteurs grecs : Appien, Diodore, Plutarque, peut-être d'après Polybe; « Garthaginem delendam », dans des auteurs latins : Pline, Florus, De viris.
3. Pline l'Ancien, XV, 74-75. Gela se serait passé dans l'année qui précéda celle où Gaton mourut, par conséquent en 150. Voir aussi Plutarque, l. c.j Terluliien» Ad naiiones, 11, 16.
CARTHaGE, ROME ET MASLMSSA. 33!
exercé les plus hautes magistratures S jouissait d'une grande autorité dans le Sénat. Après Gaton, il disait à son tour : « Je suis d*avis que Carthage doit subsister^ ». Il estimait, assuret-onS qu'il était bon que Rome ne fût pas affranchie de toute crainte. Elle éviterait ainsi de dégénérer dans la mollesse et de s'affaiblir par des querelles intestines; elle aurait plus de souci d'être juste et modérée envers ses sujets et les autres peuples. Ces pensées semblent assez puériles ^ : ce qui ne prouve pas qu'on ait commis une erreur en les attribuant à Nasica. Q. Caecilius Metellus, ami de Scipion l'Africain ^ Scipion l'Africain lui-même ^ les avaient déjà exprimées, et Caton, dans un discours prononcé en 167, avait rappelé l'opinion du vainqueur d'IIannibaP. Il est permis de supposer aussi que Nasica ne se résignait pas aisément au grand crime dont Caton voulait charger leur patrie : il avait le cœur moinsdur. Peut-être croyait-il que le gouvernement de Rome arrêterait Masinissa en s'acquittant loyalement de son rôlo d'arbitre : en 152, la mission qu'il fît désigner et dont il fut le chef aurait demandé au roi de restituer un territoire enlevé aux Carthaginoise
Nasica faisait à cette époque échec à Caton, dont la proposition, sans cesse renouvelée, était écartée par les sénateurs»