Epit, L XLVIII
le contexte, — pour dénoncer les Carthaginois, qui faisaient, disait-il, des levées de troupes et constituaient une flotte. Caton proposa de nouveau qu'on leur déclarât la guerre. Nasica ayant insisté pour qu'on ne se hâtât pas de prendre une résolution aussi grave, le Sénat chargea dix députés d'aller procéder à une enquête. Ils revinrent (en l'année loi), accompagnés de députés de Carthage et aussi de Gulussa, qui s'était vu interdire l'entrée de la ville, bien qu'il se fut présenté avec les Romains ^ Ceux-ci confirmèrent l'existence d'une armée et d'une flotte. Caton et d'autres personnages importants réclamèrent l'envoi immédiat de troupes en Afrique. Nasica, au contraire, fut d'avis que Rome n'avait pas encore une juste cause de guerre. Le Sénat décida qu'on s'abstiendrait de rompre avec les Carthaginois s'ils brûlaient leur flotte et licenciaient leur armée; autrement, les prochains consuls mettraient la question de la guerre en délibération-. Tite-Live racontait ensuite les hostilités que Carthage engagea contre Masinissa.
Ainsi, d'après une tradition recueillie par l'historien latin, les Carthaginois auraient commencé les préparatifs d'une guerre contre Rome dès l'année 154; ils ne les auraient pas interrompus, malgré plusieurs avertissements. De son côté, le Sénat romain, rejetant les avis de Caton pour adopter constamment ceux de Nasica, aurait fait preuve d'une étonnante patience. Il aurait même laissé impuni un attentat commis à rinstigation d'un magistrat, contre des députés qui avaient obtenu de Alasinissa une concession très grande.
Quelques mots de Zonaras se rattachent à la même tradition ^ Mais les indications de Tite-Live ne se rencontrent pas