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compatriotes, internés depuis 17 ans en Italie. L'année suivante, au commencement du printemps, il fut réclamé par Maniiius, qui écrivit aux Achéens pour les prier de l'envoyer tout de suite à Lilybée, car il pourrait rendre des services : Scipion avait sans doute fait remarquer à son général que les conseils d'un homme expert dans la science militaire* seraient précieux, s'il fallait combattre. Le Grec s'embarqua sans retard. Mais, quand il aborda à Corcyre, il y trouva une lettre que les consuls avaient adressée aux magistrats de ce lieu : les Carthaginois, disaient-ils, leur avaient livré des otages et étaient prêts à obéir à tous leurs ordres. Estimant que la guerre était écartée et qu'on n'avait plus besoin de lui, Polybe retourna dans le Péloponnèse^. Il paraît bien y être resté jusqu'au consulat de Scipion.
Les Carthaginois ne se cro3^aient point en état de soutenir une lutte, ni même un siège, car ils n'avaient pas réuni les vivres nécessaires à l'approvisionnement de leur ville ^ La trahison de leurs voisins acheva de les convaincre que leur unique chance de salut était de désarmer les Romains par une entière soumission. Mais Utique leur avait enlevé le mérite de leur sacrifice, puisqu'ils ne feraient plus qu'imiter son exemple. Après de longues discussions, ils nommèrent cinq députés*, munis de pleins pouvoirs : ces ambassadeurs se régleraient sur les circonstances pour prendre les mesures propres à préserver la République d'une catastrophe. Quand ils arrivèrent à Rome/ ils apprirent que la guerre était décrétée et que les consuls étaient déjà partis avec l'armée et la flotte \ Il n'y avait plus
\. Conf. supra, p. 200.