‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 337 sur 407 · Appien · texte numérisé non relu

Appien

4. Polybe (XXXVI, 3, 8) donne leurs noms. Selon VEpitome de Tite-Live (l. XLIX), celte ambassade aurait compté trente députés. On peut croire à une confusion avec une des deux ambassades précédentes (Meitzer, II, p. 42).

5. D'après Polybe, XXXVI, 3, 9. Appien {Lib., 76) affirme au contraire que les Carthaginois envoyèrent Tambassade après avoir re».u celle double nou-

cite HISTOIRE MILITAIRE DE CARTIIAGE.

à tergiverser. Ils remirent donc leur patrie à la discrétion des Romains ^

Ayant fait cette déclaration, ils furent bientôt invités à so présenter devant le Sénats Le président, — c'était le préteur urbain ^ les deux consuls étant absents, — leur annonça les décisions de l'assemblée. Tenant compte de la sage résolution qu'ils avaient prise, elle laissait aux Carthaginois leur liberté, leurs lois, leur territoire, la possession de tous leurs autres biens, publics et privés. Mais le préteur ajouta que ces faveurs leur étaient accordées sous conditions : ils enverraient à Lilybée, avant trente jours, trois cents otages, choisis parmi les fils des membres du Sénat et du Conseil, et ils obéiraient aux ordres que les consuls leur donneraient. Les députés, que les premières paroles avaient réjouis, se demandèrent avec inquiétude quels seraient ces ordres*.

Ils repartirent pour Carthage, où l'on approuva leur conduite, non sans partager leurs craintes. Pourquoi, disait-on, le

velle. Peut-être a-t-il été induit en erreur par quelque indication peu claire de Polybe (dans un passage qui serait perdu). Diodore (XXXII, 6, i) dit en effet, lui ■aussi, que les Carthaginois envoyèrent des députés après avoir été informés du débarquement à Lilybée des forces romaines. D'après YEpitome de Tite-Live {L XLIX), l'arrivée de l'ambassade carthaginoise aurait été antérieure au départ des consuls.

1. Polybe, XXXVI, 3 (B.-W.; alias XXXVI, 1); conf. Diodore, XXXII, 6, 1; Appien, 76. Tite-Live, Epit. l. XLIX, et papyrus d'Oxyrhynque (Rossbach, p. 131).

2. Polybe XXXVI, 4, 4 (B.-'W.; alias XXXVI, 2). — ZÔnaras (IX, 26, p. 463, a) parle d'une discussion qui aurait mis aux prises dans le Sénat Nasica et Caton. Le premier aurait été d'avis de recevoir les députés, le second de ne pas s'entendre avec eux et de ne pas abroger le décret relatif à la guerre. Mais il s'agissait seulement de notifier aux députés les décisions du Sénat. Caton n'avait, semble-t-il, aucune raison de s'y opposer. — On lit dans le sommaire du livre XLIX de Tite-Live qu'après la déclaration des députés, Calon fit prévaloir son avis, qui était de maintenir le décret et d'inviter les consuls à partir aussitôt. Mais les consuls étaient déjà partis et le Sénat n'avait nullement l'intention de modifier les instructions qu'il leur avait données avant leur départ; Appien (Li6., 76) dit qu'il les leur confirma en secret.

3. '0 arpaTriYo; : Polybe, XXXVI, 4, 4. Il appelle (7TpaTr,Yo: les préteurs, et aussi les consuls, quand ces derniers sont en campagne; à la ville, les consuls sont des vTraxo:.

4. Polybe, XXXVI, 4, 4-7; conf. Diodore, XXXII, 6, 1; Appien, 76. Voir aussi Zonaras, IX, 26, p. 463, a.

Sénat n'avait-il pas mentionné la ville*? Un certain iMagon, surnommé le Bruttien-, eut le courage de faire entendre la voix du bon sens. On s'était livré à la discrétion de Rome. On pouvait encore revenir sur cette détermination et accepter la guerre, avec tous ses maux. Sinon, il était vain de chercher pour quelle raison le Sénat avait passé la ville sous silence et quelles seraient les exigences des consuls; il ne restait plus qu'à obéir à tous les ordres que l'on recevrait, à moins qu'ils ne fussent d'une rigueur dépassant toute attente ^ Ajoutons que cette restriction même était de trop : il n'v avait plus d'autre alternative pour Cartilage que la soumission jusqu'au suicide, ou l'héroïsme d'une résistance désespérée.

Tous, redoutant les conséquences d'une guerre, se résignèrent à l'obéissance. Trois cents jeunes gens furent choisis et conduits au port par leurs parents, par leurs amis en pleurs; la douleur des femmes qui s'étaient jointes au cortège rendait la scène encore plus pénible. Quand ces otages eurent débarqué à Lilybée, Manilius et Censorinus les confièrent au préteur de Sicile, par les soins duquel ils furent transportés à Rome*.

La docilité des Carthaginois donna aux consuls l'espoir qu'ils n'auraient pas besoin d'imposer par la force les ordres dont ils étaient chargés % Mais c'était en Afrique et à la tête de leurs troupes qu'ils devaient les révéler, afin de faire comprendre que toute velléité de résistance serait aussitôt brisée S

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