‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 340 sur 407 · Diodore, XXXII · texte numérisé non relu

Diodore, XXXII

« On nous massacrera, dirent-ils, avant même que nous ayons achevé de parler. Nous vous adressons une prière, non pas pour nous, qui sommes prêts à tout souffrir, mais pour Garthage : il faut que la crainte la décide à accepter son destin. Envoyez donc vos vaisseaux vers la ville, tandis que nous y retournerons. En les voyant, en nous entendant, tous comprendront la nécessité de se soumettre ». Ils partirent là-dessus et Gensorinus alla mouiller devant Garthage avec vingt quinquérèmes*.

Pendant le trajet, une partie des députés s'enfuirent^; les autres, silencieux, regagnèrent la cité. Une multitude impatiente les attendait sur les remparts et sur la route d'Utique. Ils s'avançaient sans répondre aux questions, mais la tristesse de leur visage était de si mauvais augure qu'on pleurait et gémissait autour d'eux. A la porte de l'enceinte, la foule qui les entourait faillit les écraser. Ils déclarèrent qu'ils ne parleraient que devant le Sénat : on leur ouvrit alors un passage pour connaître plus vite ce qu'ils avaient à dire^ Quand ils eurent fait leur rapport à l'assemblée, des lamentations éclatèrent. De la place, le peuple les entendit et il envahit la salle*. Ge fut comme un accès de folie furieuse. Des sénateurs accusés de trahison, ceux aussi qui apportaient la sinistre nouvelle furent saisis, déchirés, lapidés, et leurs corps traînés à travers les rues. On se jeta sur les Italiens qui se trouvaient encore à Garthage et on les massacra. On courut aux portes, que l'on ferma, comme si l'armée romaine allait aussitôt venir; sur les remparts, on entassa des pierres pour servir de projectiles ^

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