‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 35 sur 407 · Diodore, XX · texte numérisé non relu

Diodore, XX

2. Géographie, I, p. 30. Voir déjà Shaw, Voyages dans plusieurs provinces de la Barbarie, trad. française de 1743, I, p. 235; Guérin, II, p. 301-2.

3. Le djebel Zagliouane est à 52 kilomètres à vol d'oiseau de Tunis, à 75 de Sousse.

4. Elle, n'est guère vraisemblable (voir Schubert, p. 127-8). Pourquoi Agathocle se serait-il donné la peine d'aller allumer lui-même ces feux? En admettant qu'ils aient été vus d'Hadrumète et de Tunis et pris pour des signaux guidant la marche d'une armée ennemie, pourquoi les Hadrumétins et les Carthaginois se seraient-ils découragés si vite, alors qu'ils devaient croire que cette armée était encore loin, au delà du djebel Zagliouane? Du reste, à Hadrumète, on aurait pu aussi bien penser qu'il s'agissait d'une armée punique, venant an secours de la ville.

En possession d'IIadrumète, Agathocle prit d'assaut Thapsus (Ed Dimasse*) et entra, de gré ou de force, dans les autres villes de cette région. Depuis son débarquement, plus de 200 villes étaient tombées en son pouvoir^ (ce chiffre comprend évidemment des lieux dont l'importance devrait être fort médiocre^).

Infatigable, le vainqueur se tourna vers « les lieux supérieurs de la Libye* ». Mais, au bout de quelques jours, il apprit que les Carthaginois, réunissant les renforts envoyés récemment de Sicile et le reste de leurs troupes, avaient reconquis certains lieux fortifiés et qu'ils assiégeaient de nouveau Tunis. Il revint aussitôt sur ses pas. Arrivé à 200 stades (3o kilomètres) des ennemis, il campa, en défendant à ses hommes d'allumer des feux. Il se remit en marche dans la nuit et, au point du jour, il tomba soudain sur une foule de gens qui, sortis de leurs retranchements, fourrageaient à travers champs. Il en tua plus de 2 000, fît de nombreux prisonniers et, par surcroît, se procura des ressources pour ses besoins futurs. Il vainquit encore Ailymas, qui avait rompu avec lui : ce prince fut tué, ainsi que beaucoup de ceux qu'il commandait ^

Ces événements, racontés d'une manière trop vague, eurent lieu, selon Diodore, dans l'année même de la descente des Siciliens en Afrique, entre l'été de 310 et l'été de 309.

Les Carthaginois s'étaient maintenus en Sicile; ils n'avaient même pas renoncé à prendre Syracuse. En 309, au début de

Page 1