‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 355 sur 407 · Appien · texte numérisé non relu

Appien

{'). Zonaras, /. c.

7. Orose, IV, 22, 8. Douze mille Africains auraient élé tués et six mille faits prisonniers; ces chiiïres sont invraisemhlal)les.

366 HISTOIIlli: MILITAIRE DE CARTllAGE.

il prit le premier la parole : « Puisque lu ne peux pas sauver ta patrie, pourquoi ne songes-tu pas à ton propre salut? — Où peut être mon salut, répondit Phamaias, dans l'état présent des Carthaginois et après tout le mal que j'ai fait aux Romains? — Eh bien! si tu veux avoir confiance en moi, je te promets la vie sauve, le pardon et même la reconnaissance des Uomains ». Phamaias répliqua qu'il se fiait à Scipion plus qu'à tout autre; il réfléchirait et l'informerait de ce qu'il croirait pouvoir faire. Là-dessus, ils se séparèrent ^

Au cours du printemps -, Manilius, voulant prendre sa revanche, marcha de nouveau contre Asdrubal, qui était toujours près de Néphéris ^ Arrivé à proximité de l'ennemi, il établit un camp retranché, comme Scipion le lui avait conseillé lors de l'expédition précédente. Mais il ne remporta aucun succès et dut penser à une retraite qu'il redoutait pourtant, car il s'attendait à être suivi et attaqué. Il était dans cette perplexité quand un des Numides de Gulussa apporta une lettre à Publius, qui l'ouvrit devant son général. Ils y lurent ces mots : c( Je serai tel jour à tel endroit. Viens avec le nombre d'hommes que tu voudras et avertis les sentinelles de laisser passer celui qui se présentera dans la nuit ». Aucun nom; mais Scipion comprit aussitôt que cette lettre était de Phamaias. Manilius, bien qu'il craignît quelque perfidie, laissa partir le tribun, en lui recommandant de ne faire à Phamaias qu'une seule promesse ferme : celle qu'il aurait la vie sauve. Le Carthaginois se trouva au rendez-vous et l'on s'entendit sans peine, car il déclara que, pour sa vie, il se fiait à la parole de Scipion ;

Page 1