V. infra, p. 385, n
2. D'après les indications données par Appien au chapitre 124, les Romains, installés sur ce débarcadère, n'avaient pas besoin de vaisseaux pour y accéder (conf. t. II, p. 75). Ils devaient donc passer par la digue. Celle coniinunicauon existait avant la prise du rempart punique qui coupait le débarcadère iar.s le sens de la longueur. Par conséquent, c'était en dehors de ce rempart que la digue aboutissait, vers l'angle Sud-Sud-Est du débarcadère. Appien dit (121) : « vers l'entrée du port, ... laquelle ji'élait pas très éloignée de la terre », ce qui, comme on l'a vu (t. II, p. G7), peut désigner l'angle dont nous parions
3. La digue, qui traversait des eaux peu profondes (v. in/'ra, p. 381) et qu'il n'avait pas été nécessaire de faire émerger beaucoup, ne devait guère dépasser 3-4 mètres de hauteur. La largeur indiquée pour la crête est bien faible par rapport à la largeur de la base. Nous croyons donc que les 24 pieds d'Appien représentent seulement la largeur de la chaussée; celle-ci aurait élè tlanciuèe de blocs amoncelés.
4. Construction de la digue : Appien, i21; voir aussi Zonaras, IX, 29. p. 468, 6-c; Tite-Live. Epit. l. LI : Florus. I. 31, 14.
5. lOlle n'était évidemment pas magonnèe : Carton, Documents pour sercir à Vclude de» ports de Carthage, p. 71.
besoins de la iuivii;atioa, il suffisait de ménager une passe du coté du débarcadère, vers l'Est de la baie du Kcam; ailleurs, l'ouvrage construit en l'année 147 pouvait, après avoir été réparé, devenir un môle, opposant un obstacle aux vagues et aux sables S ou bien formant l'un des côtés d'un bassin extérieur, établi le long du cordon. Des archéologues se sont donc demandé si des vestiges que l'on a constatés, ou cru constater, au fond de la mer, soit dans la baie, soit plus au Sud, n'avaient pas appartenu primitivement à cette digue. Plusieurs hypothèses ont été émises^. Selon M. IIantz% la jetée se serait détachée du cordon au Sud de Khérédine. Selon M. Oehler % elle aurait été utilisée, à l'époque romaine, pour constituer, sur une longueur d'environ 950 mètres, les côtés Sud et Est d'un grand port, aménagé en avant du cordon, au Nord-Est du même lieu^ M. Courtet^ a voulu la retrouver plus au Nord, là où, d'après M. Hantz, aurait couru un môle qui aurait formé le côté septentrional de ce port. Enfin MM. Schulten ' et Kahrsledt* identifient la digue avec le double dos d'âne qui s'allonge
1. Se souvenir pourtant que la mer est peu profonde dans le Nord et le Nord- Ouest de la baie (voir t. Il, p. 68, n. 6). Des navires d'un faible tirant d'eau auraient seuls pu mouiller en arrière de ce môle, à moins qu'on ne se fût décidé à exécuter des travaux d'approfondissement. D'autre part, la digue s'élargissait de haut en bas et il est à croire que de nombreux blocs avaient roule ou glissé en avant des talus, soit au moment où on les jetait à la mer, soit lors des fortes tempêtes. Cet ouvrage aurait donc été peu propre à constituer un débarcadère.
2. Il n'y a aucun compte à tenir de ce que Tissot dit à ce sujet {Géographie, I,. p. Gll). Comprenant mal une indication de la carte de Falbe, il attribue à la digue de Scipion des mesures qui ne correspondent à rien de réel : voir Meltzer, Neue Jahrbadur far Philologie, GX.LIX, 1894, p. 134-5; de Roquefeuil, C. r. Acad. Inscriptions, 18U8, p. 30, G64-6. — M. Carton (Rev. archéoL, 1911, II, p. 246; Documents, p. 71) s'était montré disposé à retrouver des vestiges de la digue de Scipion près du rivage, en face du Fondouk des Juifs. Mais il a renoncé ensuite à cette opinion {Documents, p. 123).
3. C. r Acad. Inscriptions, 1900, p. 56 et 77 (la jetée serait encore représenté» par quelques blocages).
4. ArchdoLogischer Anzeiger, 1904, p. 177 et W-k. Contra : Schulten, ihid., 1903, p. 76.
5. Sur ce port, dont l'existence est fort douteuse, voir t. Il, p. 77.