‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 394 sur 407 · Cicéron, Acad., II · texte numérisé non relu

Cicéron, Acad., II

de Banno, demandant grâce pour Cartilage. Clitomaque s© souvint de sa ville natale quand il apprit qu'elle était tombée. Il prit sa part du malheur de ses compatriotes en rédigeant un écrit destiné à les consoler ^ . Peut-être ne s'inquiéta-t-il guère de savoir si beaucoup parmi eux pourraient encore le lire et en tirer profit, mais les Romains, qui appréciaient ce sage, approuvèrent sans doute sa généreuse pensée.

Le vainqueur en eut une autre. Après la prise de Byrsa, tandis que ses soldats achevaient de brûler GarLhage, Scipioa versa des larmes. Il resta quelque temps plongé dans ses réflexions. Puis il récita à haute voix ces vers du grand poète ^ : « Un jour viendra où périra Ilion, la ville sainte, où. périront Priam et le peuple de Priam, habile à manier la lance ». Polybe, qui était là, l'entendit. Il l'interrogea sur le sens des paroles qu'il avait prononcées. Son ami lui prit la main : « Je ne sais pourquoi, dit-il, j'ai peur qu'un autre ne^ les répète un jour, à propos de ma patrie ^ ». Il songeait à l'inconstance de la fortune ^ : vague crainte, mêlée peut-être d'un léger remords. Plus tard, des Romains, témoins des hontes et des désordres qui remplirent le dernier siècle de la République, se demandèrent s'il n'eut pas mieux valu laisser la vieille ennemie debout. Persuadés que Rome se permettait tout

1. Cicéron, Tuscuianes, III, 22, 54 : « Legimus librum Clitomachi, quem illeeversa Karlhagiiie misit consolandi causa ad caplivos cives suos ». Deux exirails de Stobée {Flor., XXXIV, 67, et XLI, 29, édit. VVachsmuth et Henze, Y, p. 843 et 937) ont peut-être été lires de cet écrit : voir Suse.nilil, Geschichte der griechischen. Lilteratar in der Alexandrinerzeit, I (1891), p. 130, n. 641 b (d'après Buresch,-

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