Id., XX
46 IIISTOIUE MILITAIUE DE CAUTIIAGE.
Cartliai^inois. Le découragement de ces derniers aurait été tel que, si une révolte n'avait pas éclaté dans l'armée du tyran, Homilcar serait venu le rejoindre avec ceux qu'il commandait. Pour le punir d'avoir conçu ce projet, ses concitoyens l'auraient crucifié ^ Diodore, dont le récit est beaucoup plus circonstancié, i^^nore cette prétendue victoire et cette prétendue révolte. Peut-être Justin (ou Trogue-Pompée) a-t-il mentionné ici par erreur la révolte qui fut antérieure à la venue d'Ophelas. D'autre part, nous avons dit ^ comment Bomilcar essaya de s'emparer du pouvoir suprême et comment, ayant échoué, il fut mis en croix. Les détails précis que donne Diodore ^ n'ont sans doute pas été inventés; or ils sont inconciliables avec les assertions de Justin. Bomilcar, quand il voulut exécuter son coup d'État, n'eut pas recours à Agathocle, campé près de Cartha"-e; Agathocle ne fut informé ni de ses intentions, ni même de ses actes*; le supplice de Bomilcar fut le châtiment de ce coup d'État, et non d'une entente avec l'ennemi; une rébellion des troupes grecques n'aurait pu modifier en rien les événements qui se déroulèrent alors à Carthage. Diodore ajoute que la tentative de Bomilcar eut lieu tandis qu'Agathocle faisait périr Ophelas, ce qui est en contradiction absolue avec le récit de Justin. Peut-être l'auteur copié par Diodore a-t-il commis une inexactitude pour donner aux choses une tournure plus dramatique ; il est à croire, cependant, qu'il ne se serait pas permis cette affirmation si les deux faits s'étaient passés à des dates très différentes.
A^^athocle avait doublé son armée. Il put donc conduire la
1 XXII 7, G-8. M. Schubert (p. 151-3) accepte ce récit. Il croit qu'une indication de Diodore le confirme. D'après cet auteur (XX, 44, 7), Agathocle fit embarquer, non seulement les compagnons d'Ophelas qu'il ne voulait pas garder près de lui mais aussi du butin. Ce butin aurait été fait sur les Carthaginois lors de la victoire mentionnée par Justin. Il est superflu d'insister sur la fragilité d'une telle hypothèse.