‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 53 sur 407 · t/., XX · texte numérisé non relu

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b. Plus de GOOU chars, selon Diodore (XX, 64, 3). Ce chilire est beaucoup trop éloé : conf. Meltzer, I, p. 404; Schubert, p. 175.

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niées*. Il marcha donc à l'ennemi. Il est probable qu'il se dirigea vers l'armée punique la plus proche, celle d'Adherbal-. Les Carthaginois, qui s'étaient établis dans un lieu élevé et d'accès difficile, ne voulurent pas courir le risque d'une bataille; ils demeurèrent dans leur camp, où ils ne manquaient de rien : la famine et le temps, pensaient-ils, auraient raison de leurs adversaires. Comme Agathocle ne pouvait pas les attirer en plaine et que les circonstances ne lui permettaient pas d'attendre,, il résolut d'attaquer le camp. Lorsque les Carthaginois le virent s'approcher, ils sortirent et, ayant l'avantage du terrain et du nombre ^ ils repoussèrent cet assaut. Ceux qui entouraient le tyran essayèrent de tenir, mais ils furent entraînés dans la déroute. L'armée punique serra de près les fuyards. Elle épargna les Libyens, afin de se les concilier, mais elle courut sus aux Grecs et aux mercenaires, que leurs armes faisaient reconnaître, et les poursuivit jusqu'à leur camp. Agathocle perdit 3 000 hommes \

La nuit suivante, des calamités qu'on ne pouvait prévoir frappèrent vainqueurs et vaincus. Pour remercier les dieux, les

1. Justin raconte (XXII, 8, 4-7) qu'elles réclamèrent tumultueusement leur solde, dont Archagathos avait différé le paiement jusqu'au retour de son père. Celui-ci aurait apaisé cette sédition, non par de l'argent, mais par des promesses de butin, et, peu de jours après, il aurait conduit l'armée à l'attaque du camp ennemi.

2. Lra suite du récit de Diodore montre que le camp de cette armée était très voisin de Carthage : lors d'une panique, survenue pendant la nuit, les soldats s'enfuirent vers la ville et y parvinrent avant le jour (XX, 60, 4). Comme Diodore indique, d'autre part, que le camp d'Adherbal était à 40 stades (7 kilomètres) de Tunis, la position élevée et difficile d'accès, occupée par les Carthaginois dans le voisinage d'une plaine (Diodore, XX, 64, 3-4), doit probablement être cherchée sur les hauteurs qui dominent El Ariana, au Nord de Tunis et à l'Ouest de Carthage. Ce camp aurait assuré les communications entre Carthage p*^ l'intérieur du pays par les collines du djebel Nahéli et du djebel Ahmar.

3. 11 est à croire cependant que, si Agalhocle emmena toute son armée, elle était plus nombreuse que celle qu'il attaqua : les trois armées puniques formées peu de temps auparavant comptaient en tout 30 000 hommes. Mais la disposition des lieux permettait sans doute aux Carthaginois de prendre part à ce combat en plus grand nombre que les Grecs.

4. DioJore, XX, 64. Mention de cette défaite dans Justin, XXII, 8, 7 (Agalhocle y aurait perdu la majeure partie de son armée).

EXPÉDITION D'AGATHOGLE. oT

Carthaginois leur offraient les plus beaux des prisonniers. Un grand feu consumait les victimes, quand un coup de vent porta les flammes sur le tabernacle sacré, voisin de l'autel. L'incendie gagna la tente du général, puis celles des officiers et se propagea très vite. Comme les abris des soldats étaient en roseaux et en paille et que la violence du vent croissait, le camp fut bientôt un vaste brasier. Beaucoup de gens furent brûlés vifs pendant qu'ils tentaient de sauver leurs armes et leurs effets les plus précieux, ou qu'ils s'enfuyaient à travers les ruelles étroites. Quant à ceux qui purent s'échapper, ils tombèrent dans d'autres dangeps. Parmi les soldats africains d'Agathocle, 5 000 avaient déserté au cours de la même nuit et s'étaient dirigés vers le camp carthaginois. Des sentinelles avancées crurent que c'était l'armée grecque entière, marchant en ordre de combat, et elles donnèrent l'alarme. La fausse nouvelle, aussitôt répandue, causa une panique. Tous cherchaient à fuir. Trompés par l'obscurité, affolés par la terreur, ils se battaient entre eux, pensant avoir affaire à des ennemis, ou bien ils allaient se jeter dans des précipices. 11 y eut plus de 5 000 morts. Le reste se sauva vers Carthage^

Dans le même temps, les troupes d'Agathocle furent victimes d'une erreur semblable. Voyant l'incendie et entendant le tumulte, les déserteurs libyens retournèrent sur leurs pas. Quelques Grecs, qui les aperçurent, les prirent pour des Carthaginois et se hâtèrent de prévenir le tyran. Les soldats saisirent leurs armes et sortirent du camp en désordre. Les flammes qui s'élevaient de l'autre camp, les clameurs qui en partaient les persuadèrent que toutes les forces puni(iues engageaient l'attaque-. Ils se mirent à courir çà et là pour éviter ce danger imaginaire. Les Libyens se mêlèrent à eux.

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