‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 54 sur 407 · Diodoro, XX · texte numérisé non relu

Diodoro, XX

2. Diodore n'explique pns coninient l'incendie du camp des Carthng:inois put faire croire qu'ils prenaient l'olTensive, ni comment les Grecs entendirent des cris poussés à une distance de plusieurs kilomètres.

Dans les ténèbres, ceux qui se rencontraient s'entre- tuaient; plus de 4 000 hommes périrent ainsi. Enfin la vérité fut connue et les survivants rentrèrent dans le camp \

Abandonné de tous les Libyens et n'ayant plus assez de troupes pour continuer la guerre, Agathocle prit le parti de quitter l'Afrique. Mais il ne pouvait emmener ses soldats : les Carthaginois, maîtres de la mer, ne l'auraient pas permis; du reste, il manquait des moyens de transport nécessaires. Il n'espérait pas conclure un accord avec des adversaires convaincus de leur supériorité et désireux, semblait-il, de tirer vengeance des hommes qui, les premiers, avaient osé envahir leur pays. Il se décida donc à partir presque seul, en secrets

Selon Diodore, il avait l'intention de se faire accompagner d'IIéraclide, mais non pas d'Archagathos : il craignait, en effet, que son fils aîné et sa femme Alcia, s'ils étaient de nouveau réunis, ne s'entendissent pour se débarrasser de lui. Archagathos, qui soupçonnait le dessein d'Agathocle et s'indignait d'être sacrifié, guetta les préparatifs. Quand vint la nuit fixée pour le départ, il avertit quelques officiers. Ceux-ci accoururent et non seulement s'opposèrent à l'embarquement, mais dénoncèrent la lâcheté du tyran. On le saisit et on l'enchaîna. Le camp était livré à une anarchie tumultueuse. Soudain, au milieu de la nuit, le bruit se répandit que les ennemis approchaient. Ce fut une nouvelle panique. Tous se précipitaient hors du camp. Ceux qui gardaient Agathocle, aussi effrayés que les autres et croyant qu'on les appelait, apparurent avec leur prisonnier, chargé de chaînes. Alors, la foule, apitoyée, demanda à grands cris qu'on le relâchât. Dès qu'il fut libre, il s'embarqua furtivement, laissant ses deux fils\

i. Diodore, XX, 67. Ce récit des événements qui se passèrent dans les deux camps au cours de la môme nuit, a été, sans aucun doute, arrangé par un metteur en scène.

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