Diodore, XXI, IG
2. F*our riiistoirr des Carthai::inois en Sicile entre la mort d'Aîralhocle et la première p^uerre punique, voir R. Schubert, Gescliichle des Pyrrhus (Koiiii^sberi:^, iS'.H), p. 200-2IG; Mellzer, II, p. 223-251; Niese, II, p. 37-47, 17o-180; BeloclC 111, I, p. n.lS-SGl, r)G0-575, 6GG-9. Sources: Diodore, fragments du 1. XXII: Denys d'IIalirarnasse, XX, 8; Justin, XXllI, 3-4; Plulanjue, Pyrrhus, 22-2i; Pausanias, I, 12, 5-13, 1; Appien, Samn., 12; Polybe, I, 7-10.
3. Diodore, XXU, 10, 1 (avec la correction de nelocli, Hennés, XXVIII. 1803, p. 030).
4. Ils étaient maîtres de Lipara en 205 ou 204 : Diodore, XXII, 13, 7; conf.,' pour les années 200 et suiv., Polybe, I, 21, 5; 2."'>, 4; 30, 13, etc. Lipara avait été prise par llimilcou en 390 (Diodore, XIV, 50, 2), mais les Carthaginois ne l'avaiont
<)i HISTOIRE MILITAIRE DE CARTIIAGE.
forte armée devant Syracuse, que deux tyranneaux se disputaient. Allaient-ils réaliser les projets que, malgré tant d'efforts infructueux, tant de renoncements passagers, ils n'avaient jamais oubliés?
l*yrrhus était en Italie, où les Tarentins l'avaient appelé, et, deux fois, il avait triomphé des Romains, Cet émule d'Alexandre rêvait de dominer sur l'Occident, après avoir abattu Rome et Carfchage*. Celle-ci, en détenant Syracuse, eût enlevé au roi d'Épire le point d'appui dont il avait besoin pour conquérir la Sicile et, en l'écarfeant de l'île, elle l'eût empêché de passer en Afrique. Elle s'allia aux Mamertins : ces Campaniens, jadis à la solde d'Agathocle, s'étaient emparés de Messine, c'est-à-dire de la porte de la Sicile pour qui venait d'Italie.
Pourtant Pyrrhus, se rendant aux prières des Grecs, débarqua sur la côte orientale, vers la fin de l'été de 278, et entra dans Syracuse. Les Carthaginois, dont les forces étaient supérieures aux siennes, n'avaient risqué la bataille ni sur mer, ni sur terre. Leurs chefs connaissaient la renommée militaire de Pyrrhus; ils savaient aussi que leur patrie ne leur aurait pas volontiers pardonné une défaite.
L'année suivante, le roi, auquel toutes les cités grecques s'unirent, occupa la province punique et les possessions des Mamertins. Les villes capitulaient ou étaient emportées d'assaut. Carthage chercha à traiter. Elle offrit de renoncer à la Sicile, à l'exception de Lilybée, qu'elle conservait encore, de prêter à Pyrrhus des vaisseaux, de lui fournir de l'argent. Elle voulait ainsi le déterminer à repasser en Italie. Gardant une porte sur l'île, elle aurait pu reprendre bientôt ce qu'elle consentait à abandonner. Le vainqueur semblait disposé à accepter et à aller dépenser son activité ailleurs : son esprit impétueux n'était
pas gardée. Bile avait appartenu plus tard à Agathocle, qui s'en était emparé €n 304 (Diodore, XX, 101).
1. Ses visées sur Cartilage : Plutarque, l. c, 14; Zonaras, VIII, 2, p. 3G8, 6.
guère capable de mettre de l'ordre dans les vastes projets qu'il avait conçus. Mais ses conseillers le persuadèrent de réclamer aussi Lilybée et les négociations furent rompues. Pyrrhus vint assiéger cette place forte. Il ne put la prendre et il revint à Syracuse. Il songeait maintenant à transporter la guerre sur le sol africain. Il arma une grande flotte et demanda partout des hommes destinés à former les équipages. Ses exigences et surtout les procédés violents dont il usa pour se faire obéir lui aliénèrent ses alliés. Beaucoup d'entre eux souhaitèrent d'être débarrassés de ce despote et se tournèrent vers Carthage et les Mamertins. Cependant il recevait d'Italie de pressants appels; il les entendit et résolut de recommencer la lutte contre les Romains. Avant de se rembarquer (en 276), il battit une armée venue d'Afrique. Il fut moins heureux dans une bataille livrée en pleine mer; il y perdit les deux tiers de ses vaisseaux ^ La Sicile ne le revit plus.
Les Carthaginois recouvrèrent leur province; ils étendirent même au delà leur protectorat, sinon leur domination. Au début de la guerre contre Rome, en 264 ou 263, Agrigente, officiellement leur alliée S paraît avoir été en fait leur vassale ^ A la même époque, Echetla, lieu situé dans le Sud-Est de l'île, entre Léontinoi et Camarine, se trouvait, selon Polybe, à la limite des possessions syracusaines et puniques*.
Messine était devenue dans l'Est la rivale de Syracuse. Carthage les laissa s'afl'aiblir par leurs disputes. Mais son intérêt exigeait que les coups fussent à peu près égaux. Or, en 26o ou 264, Hiéron, général des Syracusains, infligea aux Mamertins un tel désastre qu'ils décidèrent de mettre leur ville à sa discré-