‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 69 sur 407 · Gouf. Ju>lin, XVllI · texte numérisé non relu

Gouf. Ju>lin, XVllI

74 HISTOIRE MILITAIRE DE CAllTHAGE

retourner en Italie, ce qui, évidemment, eût été un acte peu amical à l'égard de Rome. De son côté, Rome ne lui demanda rien lors de sa seconde guerre contre Pyrrhus. Plus tard, en 272, une flotte punique se présenta, dit-on, devant Tarente, que les Romains assiégeaient par terre, mais ce n'étaient pas eux qui l'avaient appelée : la venue des Carthaginois était donc injustifiée et leurs intentions parurent suspectes*.

Rome et Carthage s'étaient vainement engagées à s'abstenir l'une de la Sicile, l'autre de l'Italie. La Sicile est le prolongement, le « Péloponnèse » de l'Italie^ : Rome, désormais maîtresse de la péninsule, devait, en prenant possession de l'île, compléter et assurer sa conquête. Les grands tyrans de Syracuse, Denys et Agathocle, avaient fait des expéditions et occupé des villes sur les côtes italiennes; Carthage, le jour où la Sicile orientale serait tombée en son pouvoir, les aurait sans doute imités. Nous avons vu qu'en 263 ou 264, elle avait mis une garnison dans Messine ^ En fermant le détroit, elle pouvait interdire aux Romains de passer dans les mers qui baignent l'Italie au Sud et à l'Est. A l'Ouest, sur la mer Tyrrhénienne, où elle possédait depuis longtemps la Sardaigne, elle n'avait pas renoncé, malgré sa promesse, à s'établir en Corset Les deux Républiques se trouvaient face à face^ sans que d'autres pussent les détourner d'une rencontre. Syracuse avait peut-être encore le désir, mais elle n'avait plus la force de chasser les Carthaginois de la Sicile; en Italie, les Étrusques étaient devenus les sujets de Rome et, même avant

1. Zonaras, YIII, 6, p. 379, c. Dion Gassius, fragm. 43, 1, édit. Melber^ Zoaaras, VllI, 8, p. 381-2. Tile-Live, Epit. l. XIV, et XXI, 10, 8. Arapelius, XLVI, 2. Orose, IV, 3, 1-2 (il parle à tort d'un combat ealre les Romains et les Carthaginois);- IV, 0, 2. II faut ajouter que ces indications ne sont pas sûres : voir Beloch, III, 2, p. 225-6.

Page 1