‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 9 sur 407 · Diodore, XIV · texte numérisé non relu

Diodore, XIV

compléter le blocus ou tenter l'assaut? Il se borna à dévaster la campagne ; un temple de Déméter et de Perséphone, situé en avant des murs, fut pillé et, plus tard, Carthage vit dans ce sacrilège la cause de ses malheurs. Cependant Denys demandait des secours aux Italiotes, à Lacédémone, à Corinthe, appelait des mercenaires, allait chercher des vivres. Au milieu des chaleurs de l'été, la peste fît de terribles ravages dans l'armée d'IIimilcon, qui occupait un lieu malsain. Le tyran résolut alors de prendre l'offensive. Une marche de nuit l'amena devant le camp ennemi, qu'il attaqua à l'aube. Le même jour, la flotte grecque coula ou mit hors de combat les vaisseaux de guerre mouillés dans le grand port; une partie de ceux que l'on avait tirés sur le rivage furent brûlés et le feu s'étendit aux bâtiments de charge restés à l'ancre. Ce désastre affola Ilimilcon, dont la situation n'était pourtant pas désespérée, car l'assaut du camp avait été repoussé. Il pouvait tout au moins tenter de battre en retraite. Il ne pensa qu'à s'enfuir. Une convention secrète, conclue avec Denys, lui permit, moyennant 300 talents, de partir avec les citoyens carthaginois. Il les embarqua de nuit sur 40 trirèmes. Denys se jeta sur son camp; les Sicules purent s'échapper, les Ibères acceptèrent de servir comme mercenaires dans les troupes syracusaines, les autres furent faits prisonniers. Rentré dans sa patrie, Ilimilcon se suicida*.

Les Libyens se soulevèrent quand ils surent comment beaucoup des leurs avaient été abandonnés devant Syracuse *. Mais Denys né profita pas de sa victoire et de cette révolte pour essayer d'arracher définitivement la Sicile occidentale aux Phéniciens ^ Il s'occupa de relever Messine et de ramener à lui les indigènes, soit de gré, soit de force.

Le général carthaginois JMagon recommença les hostilités

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