De Morgan, Capitan el Boudy, /. e„ XX, p. 110 el suiv
d'El Mekta, au Nord-Ouest de Gafsa, et de Redeyef, à l'Ouest du même lieu. Les roches employées pour fabriquer les objets des trois types n'étaient pas les mêmes : les coups-de-poing chelléens étaient faits en pétrosilex (craie pénétrée de silice), matière moins cassante que le silex, mais ne comportant pas une taille aussi fine; les haches acheuléennes sont en silex foncé ordinaire, les instruments moustériens, en silex très fin, de couleur claire. 11 s'ensuit que, dans certains ateliers où les artisans exploitaient des gisements déterminés, ils ne se livraient qu'à l'une de ces trois industries, pourtant contemporaines.
Il est vrai que, près de Gafsa, dans une éminence formée de couches d'alluvions, on a cru reconnaître une superposition tic divers types paléolithiques, qui permettrait de les attribuer à des périodes successives : en bas, des coups-de-poing chelléens, plus haut, des outils moustériens, d'abord mêlés à des haches acheuléennes, puis seuls1. Mais l'exactitude de ces observations a été contestée : M. de Morgan a montré2 que les objets dont il s'agit ont été enlevés par des pluies torrentielles tantôt à un campement ou à un atelier, tantôt à un autre, et que leur place parmi les alluvions dépend des hasards du ruissellement.
On n'a pas trouvé d'outils chelléens et acheuléens dans des cavernes de l'Afrique du Nord3. Les hommes vivaient en plein air; il n'est d'ailleurs pas impossible qu'ils se soient abrités sous des huttes en roseaux ou eu branchages4. Ils s'établissaient île préférence près des sources, prés des riyiçres, surtout aux confluents, sur de petits plateaux ou îles croupes d'où la
I. Collignon, dans Matériaux, XXI. 1SS7, p. 173-180; çonf. Capilan et Boudy, Assoc. française, Lyon, 1906, 11. p. 725-6. Je ne parle pas des prétendus éolilhes. — Selon Couillault (dans l'Anthropologie, Y, 1894, p. 531-3), une superposition
analog xisterait dans d'autres couches d'alluvions, situées non loin 'If la. à
2 kilomètres au Nord du village de Sidi Mansour,
'. Bévue de l'École d'anthropologie, XX, p, 2 1 1 j el suiv,
:t. Pallary (Bulletins de lu Sueiété d'anthropologie de Paris, 1895, p. 87-93) ;i prouvé qu'à Ouzidane des outils acheuléens, trouvés dans les parois de grottes artificielles, sipiiI hlen antérieurs au creusement 'le ces grottes.
i. Peut-être enduites de terre.
vue s'étendail au loin et où il leur était plus facile de se défendre '. Dans 1rs pays où le gibier abondait, où l'eau coulait en toute saison2, ils n'avaient sans doute guère besoin de se déplacer. Nous connaissons trop mal cette période de la préhis toire africaine pour pouvoir dire quelles étaienl les régions les plus peuplées, et nous ignorons l'importance des groupes d'individus associés dans une vie commune : on constate cependant qu'autour de (ial'sa, les campements étaient nombreux3, mais en général peu étendus4.
Ces primitifs avaient peut-être des objets en bois, massues, gourdins, piques dont la pointe était durcie au feu'. Des os pointus ont dû leur servir d'armes6; des peaux, de vêlements et de récipients. Les découvertes ne nous renseignent que sur les instruments en pierre. Il y avait des armes et des outils de fortune, simples celais utilisés comme pointes ou racloirs, sans parler des pierres brûles qui pouvaient être employées comme projectiles, massues, broyeurs. Les instruments ehelléens et acheulée-ns étaient fabriqués en silex dans les hautes plaines de l'intérieur de l'Algérie et dans le Sud de la Tunisie"; en quartzite, en grès et en calcaire, dans le Tell algérien, où les galets de silex de bonne qualité sont généralement trop petits pour la confection d'un gros outillage8. Les uns ont probablement servi à des usages multiples, d'autres avaient sans doute une destination particulière. D'après leurs diverses formes, ils