‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 156 sur 404 · Jus, Revue d'ethnographie, VI. 1887, p · texte numérisé non relu

Jus, Revue d'ethnographie, VI. 1887, p

12. Ilamv. <:. r. de l'Acad. ./es Inscriptions, 1905, p. 60-61 (historique des découvertes)-. Chipault, Revue d- l'École d'anthropologie, VI. 1896, p. 255 el suiv.

LA CIVILISATION DE LA P1E1UIE. 20b

l'oued Mya1, du grand Erg oriental et de l'Erg d'Issaouane2. Il faut abandonner l'hypothèse, présentée tout d'abord3, mais réfutée par des constatations ultérieures, d'un développement de cette civilisation du Midi vers le Nord ' : on ignore en réalité comment elle s'est répandue5.

La matière employée pour la confection des armes et des outils est presque toujours le silex0. Çà et là. il y avait des ateliers fort importants : on a même observé que des artisans s'adonnaient exclusivement à la taille de tel ou tel instrument7.

Les pointes de flèches8, fines, légères, sont fort nombreuses et souvent d'un travail admirable, surtout autour d'Ouargla, dans le grand Erg et dans l'Erg d'Issaouane. Il y en a qui offrent'la forme d'une feuille de laurier; d'autres, d'un losange, ou d'un triangle'. .Mais la plupart présentent des ailerons10, avec ou sans

1. llamv. Bull, du Muséum d'hisloire naturelle, V, 1899, p. 334-6. Cartailhac, Assoc. française, Montauban, 1902,1, p. 231-2.

2. Foureau, Documents, p. lutiti et suiv. — Belles collections, récoltées dans ces régions et dans celle d'Ouargla, au muser du Trocadéro (Foureau) et au musée d'Alger (Père Huguenot et autres).

3. Rabourdin, dans Documents relatifs à la mission Flatters, p. 204. Weisgerber, dans Revue archéologique, 1881,11, p. 3, et Revue d'ethnographie, IV. is.x.'i, p. 422. Foureau, C. r. de l'Acad. des Inscriptions, 1894, p. 21.

4. On avait cru que les instruments en silex les plus lins se trouvaient dans la partie septentrionale du Sahara et les plus grossiers plus avant dans le désert. Il n'en est rien. Au .Nord de Touggourt, le travail de la pierre est médiocre; il devient meilleur entre Touggourt et Ouargla, parfail dans les régions situées entre Ouargla et l'Erg d'Issaouane : Foureau, Documents, p. 10G4 et suiv. Conf. Hamy, C. r. de l'Acad. des Inscriptions, 1905, p. 70; Flamand et Laquièrc, Revue africaine, L, 1906, p. 231.

.'i. Dans le Sud du Sahara, l'industrie de la pierre présente un aspect différent et se rattache au néolithique soudanais : voir Gautier, Sahara algérien, p. 126- 130, 134.

il. On rencontre cependant des pointes et racloirs, de type moustérien, en grès el en quartzite : voir plus haut, p. 183, n. 8.

7. liai ['chu. dans Documents Flatters, p. 241 ; conf. Zaborowski, Revue de C École

d'anthropologie, IX, 1899, p. 44 (Hassi el niialinaia.au Sud d'Ouargla). De Nadaillac, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, 1884, p. 5) (région de Gabès).

8. Voir la classification de Pallary, dans l'Homme préhistorique, IV. 1906, p. 168-173.

9. On peul mentionner aussi la formée usson rectangulaire.se terminant

par ileux pointes aiguës, donl l'une est le pédoncule : Flamand el Laquièrc,

[. c, p. 2211-2. Qg. 8-9.

10. Les Dèches à aileron unique sonl sans doute des flèches cassées, qui paraissenl avoir servi dans cet étal : Pallary, dans l'Anthropologie, XVIII, 1907, p. 142.

pédoncule '; elles sont très soigneusement taillées sur les deux faces. Quelques-unes sont munies de barbelures sur les bords.

Notons encore des lames diverses (simples-, à bords retouchés, à dos retaillé, à encoches): des instruments fusiformes, pointus aux deux extrémités (prétendus hameçons doubles, mais probablement pointes de flèches)"; de petits trapèzes, qui sont sans doute des bouts de flèches à tranchant transversal1; des outils coupants, de forme semi-circulaire, à dos retaillé', qui ont peut-être servi au même usage, à moins que ce ne soient des tranchets; des grattoirs circulaires ou consistant en une lame terminée par un bout convexe: des scies, des perçoirs, des burins. Des pointes de javelots ou de piques, en forme de feuille de laurier, taillées sur les deux faces, sont de type solutréen.

Cette industrie offre nombre d'instruments semblables à ceux qu'on trouve dans les grottes néolithiques du Tell5, et aussi dans les escargotières gétuliennes à petit outillage. .Mais elle est surtout étroitement apparentée à relie qui florissait en Egypte à l'époque préhistorique et au temps des premières dynasties6.

Les haches polies' sont, pour la plupart, en silex ou en

Page 1