Voir plus loin, p
2. Hérodote (IV, 107) dit aettemenl qu'en Libye il n'y i que quatre i > ■ ■ 1 1 1 1 1 < • ~
i. ix indigène h - Libyens cl les Éthiopiens, liubilanl les uns au Nord, le autres au Midi, el deux étrangers, les Phéniciens el les Grecs, nf. p. 26S, h. 3.
ANTHROPOLOUK. 277
admettre en effet que. depuis les temps historiques, la population de la Berbérie n'a pas été profondément modifiée par des éléments étrangers.
Les Phéniciens ont fondé sut- les eûtes des colonies qui, pour la plupart, étaient étroitement enfermées dans leurs murailles, ou ne disposaient que d'une hanlieue restreinte. Carthage ne se décida qu'après plus de trois siècles à occuper un territoire qui ne semble pas s'être étendu au delà de la Tunisie septentrionale; rien ne prouve d'ailleurs qu'il ait été fortement colonisé par les conquérants.
Jusqu'à Jules César, les Romains ne détinrent que le Nord- Est de la Tunisie et, sauf une tentative malheureuse pour relever Carthage, ils n'instituèrent aucune colonie. 11 est vrai que, dans le demi-siècle qui précéda et dans le siècle qui suivit l'ère chrétienne, la fondation de quelques douzaines de colonies implanta en Afrique un certain nombre d'étrangers, surtout d'Italiens. Nous savons très peu de choses sur cette immigration officielle, mais il ne faut point en exagérer l'importance : on a. par exemple, des raisons de croire que cinq cenls familles, tout au plus, furent installées à Thamugadi, qui ne fut assurément pas la moindre de ces communes nouvelles1. Nous devons aussi tenir compte de ceux qui obtinrent des concessions sur des territoires non coloniaux, de ceux qui vinrent se fixer volontairement dans les provinces africaines. A leur égard, tout calcul précis est impossible; cependant il n'y a pas lieu d'admettre qu'ils aient été très nombreux. Ce furent surtout d'anciens soldais des armées d'Afrique qui reçurent des terres non coloniales. Or les effectifs de ces armées ne devaient guère dépasser vingt-cinq mille hommes sous le Haut-Empire et, comme le service militaire durait longtemps (vingt-cinq ans), le chiffre
I. Voir Barthel, Rômische Limitation in der ï'rovin: Africa (extrait îles lionner JakrbUcher, CXX, 1911), p. loi. — La colonie la plu> importante d'Afrique, celle qu'Auguste fonda à Carthage, compta irnis nulle colons romains ; Appien, Lib., m
annuel des libérés était peu élevé. Depuis le 11' siècle, les troupes furent composées de gens du pays pour une très grande part, en totalité pour la légion, corps de citoyens romains. L'Italie, dont la natalité était faible, ne pouvait pas fournir de forts contingents à des régions qui étaient au contraire très peuplées. L'étude des mœurs, des croyances, des noms nous révèle moins L'afflux d'immigrants que l'acheminement d'une partie des Africains vers la civilisation latine1. Quant aux tribus restées barbares, sur lesquelles Ammien Marcellin, Procope et Corippus nous donnent quelques renseignements au ivc et au VIe siècle, il est évident qu'elles avaient conservé intact le sang de leurs pères-.
A leur entrée dans l'Afrique du Nord, les Vandales devaient être tout au plus deux cent mille3. Us ne se mêlèrent point aux Africains et lorsqu'au bout d'un siècle, le royaume fondé par
1. Sur lo petit nombre de- Romains qui vinrent s'établir en Afrique, conf. Toutdin, les Cités romaines de la Tunisie, p. 246-253; Gauekler, l'Archéologie de la Tunisie, p. 61-63.
2. Il n'y a sans doute aucun compte à tenir des prétentions de certains groupes berbères à descendu' des Romains (probablement parce qu'ils ont des ruines romaines sur leur territoire, ou même simplement parce qu'ils ont conservé un vague souvenir de la domination romaine). Voir, pour l'Aurès, Masqueray, Bévue africaine, XXII, 1 8 7 S , p. 263-4, 459; le même, Bull, de correspondance africaine, I. INS2-3. p. 327-332; le même, Formation des cités de l'Algérie, p. 164; Malbol el Yerneau. dans l'Anthropologie, VIII, 1897, p. 15; — au Nord et au Nordnu, >-t de l'Aurès : Pont, Bec. île Constantine, XII, 1868, p. 223: Joly, Revue africaine. I.V. 1911, p. 41.1: — eu Kabylie : Féraud, II, vue africaine. 11. IS'iT-S. p. 45'.i- 460, ei Bec. de Constantine, XIII. 1869, p. 170: Vue, ibid., XXXII, 1898, p. 62; Masqueray, Formation, p. III; — dans la région île Djelfa : Hartmayer, Revue africaine, XXXIX, 1885, p. 149.
3. Victor de Vite (1, 2) indique qu'un recensement ordonné par Genséric, lors du passage en Vfrique, donna un chiffre de 80 000 personnes, parmi lesquelles furent comptés vieillards, jeunes gens, enfants el esclaves. M. Sclunidl croit qu'il s'agil de tous eeux qui accompagnèrenl Genséric, y compris les femmes. Selon d'autres savants (et leur opinion me paratl plus vraisemblable), ce chiffre représenterai! seulement ceux que Genséric voulait faire passer pour des combattants. I.e m, mine ,ie- Vandale- ei de- gens >|ue l'on confondait sous ce nom -e sérail accru pendanl le règne de Genséric, par suite de l'excédenl des nais-
sances cl de l'arrivée d'autres barbares (Procope, Bell. Vand,, 1,5, 20). I' tant,
mus l'année 4si',. Victor de vile afiinne (/. c.\ que les Vandales étaient fort loin de compter 80000 guerriers. Sur cette question, voir Haury, Byzantinische Zeit- • krifl, \\\ . 1905, p. 527-8; Schmidt, ibid., XV, 1906, p. 620-1 ; Marlroye, Genséric, p. 103-4, 218-220; Diehl, l'Afrique byzantine, p. 8-9.
Genséric fut anéanti, ceux qui ne disparurent pas dans la tourmente furent presque tous exilés par les Grecs vainqueurs1. Ces derniers ne laissèrent pas de traces plus durables : ils défendirent, administrèrent, exploitèrent tant bien que mal les parties des anciennes provinces romaines dont ils purent se rendre maîtres; ils ne les couvrirent pas de colons.
Il en fut de même des guerriers arabes qui détruisirent la domination byzantine, soumirent les indigènes et les convertirent à l'islamisme2. Groupés dans les villes et d'ailleurs peu nombreux, ils ne pénétrèrent pas les masses profondes des Berbères, qui, bientôt même, reprirent possession de leur pays. Ce fut seulement au milieu du xi1 siècle que l'Afrique septentrionale eut à subir une grande invasion arabe, celle des Ouled Hilal et des Ouled Soleïm. Vinrent-ils au nombre de 150 000, de 200 000, de 500 000, d'un million, de deux millions? Tous ces chilîres ont été indiqués3, tous sont arbitraires1. Mais il est certain que les nouveaux venus constituèrent désormais un des éléments importants de la population. Pasteurs nomades, ils se dispersèrent dans les plaines du Tell, dans les steppes du haut pays, sur la lisière septentrionale du Sahara. De nombreuses tribus se rattachent à ces envahisseurs. Cependant elles
1. Voir Procope, (. c, II, ■>, I ; II, 19, 3; II, 28, iO. Cour. Broca, Bévue d'anthropologie, 1876, p. 399.
2. Je laisse de côté de prétendues invasions d'Arabes himyarites qui, passant par l'Ethiopie et le Sahara, se seraient succédé dans l'Afrique du Nord depuis les derniers siècles avant J. -G. jusqu'à la conquête musulmane (Slouschz, dans Archives marocaines, XIV, 1908, p. 319-321). Cette hypothèse ne s'appuie sur aucun argument solide. M. Slouschz a eu un précurseur, Tauxier, qui admettait une immigration arabe dans l'Afrique septentrionale au déluit du n" siècle de notre ère : Revue africaine, XXIV, 1880, p. 37o etsuiv.; XXV, 1881, p. 138etsuiv.
3. Voir Carette, Recherches sur l'origine dos principales tribus de l'Afrique septentrionale, p. 307 et i:Si; Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale, II, p. 10; Masqueray, Formation des cités, p. 12; Schimer, le Sahara, p. 2!)7.
<i. M. Collignon (Bull, de géographie historique, 1886, p. 228 et 323) remarque que, d'après un poète cite par Ibn Khaldoun (Histoire des Berbères, trad. de Slane, I, p. 35), les envahisseurs n'auraient mis en ligne que 3000 combattants dans une bataille décisive. Léon l'Africain (Description de l'Afrique, trad. Temporal, éiiit. Schefer, I, p. 42) parle d'une invasion de 50 000 combattants et d'un nombre infini de femmes et d'enfants.
sont toutes plus ou moins mélangées de sang berbère et le type arabe pur y est fort rare'. Crâne très renflé au-dessus de la nuque2; figure longue et régulièrement ovale; nez long, mince et aquilin; lèvres fines, belles dents; menton arrondi ; yeux grands, foncés et brillants; sourcils peu fournis, d'une courbe régulière, d'un noir de jais, comme la barbe, également peu fournie; teint mat : telles sont les principales caractéristiques de ce type3, bien distinct des types indigènes. Les Berbères se sont maintenus intacts dans la majeure partie de l'Afrique du Nord, surtout dans les massifs montagneux, où les Arabes n'ont pas pénétré.
Les aventuriers, soldats ou corsaires, qui sont venus des régions les plus diverses de la Méditerranée pendant la période turque1, n'ont presque rien laissé derrière eux. Ils ne se sont pas répandus en dehors de quelques villes du littoral, de quelques garnisons de l'intérieur. Vite emportés par une vie de dangers et de plaisirs, ils fondaient rarement des familles durables : ce n'est guère qu'à Tlemcen qu'ont subsisté des Koulouglis, métis de soldats turcs et de femmes indigènes.
Nous devons mentionner encore d'autres étrangers, dont l'établissement en Berbérie n'a pas été la conséquence d'une conquête.
11 y a environ 300 000 Juifs en Tripolitaine, en Tunisie, en Algérieetau .Mann' '. llsétaient déjà assez nombreux à l'époque
1. Resterai! à savoir si tous les envahisseurs dits aTabes présentaient ce type:
ci' clin a priori est plu- que douteux. Chez les Arabes de Tunisie. M. Goïlignon ((. c, p. 326 ei suiv.) distingue, nuire le type classique » ;i nez leptorhinien . ■ > 1 1 1 ■ I in vrai », deux types : 1° type grossier, assyroïde, ;i nez convexe mésorhinien; 2" type mongoloïde, ô nez en museau de chèvre.