Y. 43 (voir plus haut, p. 295, n
s. Même indication dans Etienne de Byzance : V-'or, — :. e'jv,; Aiw/,;, ino
noTap.o5 N'.vfv,-;. — Ailleurs, Pline (V, Si) indiq mcore des Éthiopiens -oi
If fleuve .\iyris : » oritnr inler Tarrarlins \ i-l liii ip.is el Oechalicas ~. Ptolé i
ll\', li. .'ii mentionne le peuple twv Nifpccûv AiDtôitwv an nord du Nifecp, mais il est 1res douteux q -e Meuve soil identique au Nigris de Pline.
n. xxix, :;, 37. Voir à ce sujel Gsell, Ra . • '<' Constantine, XXXVI, 1902, p, 39-40.
Selon Paul Orose', des tribus d'Ethiopiens « erraient » au delà des montes Uzarae, qui bordaient au Midi la Xumidie et la Byzacène : il s'agit de l'Aurès et des montagnes situées plus à l'Est. Il v avait des noirs, — de la couleur des corbeaux, ditCorippus2, — dans la coalition d'indigènes du Sud tunisien et de la Tripolitaine que le général byzantin Jean Troglita vainquit au \\" siècle. Enfin nous devons ranger parmi les Ethiopiens les Garamantes3, qui, à l'époque d'Hérodote '• comme au temps de l'Empire romain, peuplaient les oasis du Fezzan.
Les Ethiopiens occupaient donc, dans le voisinage immédiat de la Berbérie, toutes les parties habitables du prand désert. En général, ils étaient les maîtres des régions où ils séjournaient : plus tard, on ne sait quand ni comment, ils furent asservis et partiellement refoulés ' par les Berbères6, dont des
'2. Johannide, VI, 92-93 :
Nec color ipsr fuit captivis omnibus unus.
Concolor illa sedet ciim nigris horrida uatis,
Corvorum veluti vidoas uigrescere pullos,
Màtrc sedonto super....
3. Solin, XXX, 2 : •■ Garamantici àethiopes ». Isidore de Séville (Etymot., IX, 2, I2S| indique aussi 1rs Garamantes comme un peuple d'Éthiopiens. Ptolémée il. s. .'i.eihi. Miiller) est disposé à lesranger parmi les Éthiopiens : r<xpap.ivTwv... ovtwv te zai ï'JTf.i'/ /or, ;j.v./)fjv Ai'jio-mv. Strabon (II, • >. 33; XVII. :i. 19) cl Denys le Périégète (v. 2 I7-Si les en distinguent. Hérodote, i[iii sépare le- Libyens des Éthiopiens (voir plus haut, p. 276, n. 2), mentionne cependant parmi les Libyens
N ades (conf. au chap. 181 'In livre IV) nue peuplade de la région de la grande
Syrie que nos manuscrits appellenl Papâjiavre; il\'. 174). Mais ces indigènes semblenl n'avoir eu rien de commun avec les Garamantes du Fezzan (voir Vivien de Saint-Martin, l. c.,p, 30) et le texte primitif paratl avoir pi nie rapçsto-avrec (conf. Mêla, I, i-7 et 2:i; Pline, V, H el 45). — Les Garamantes étaient certainemenl de couleur très foncée. Ils sonl qualifiés de perusti par Lucain (IV, 679), de l'ufri par Vrnobe (VI, •">); un poète africain écril I Inlhologia latina, édit. Riese, p. 135, n" 183) :
1;h'\ Garamautarum nostrum processit in axem Et picoo gaudot corporo verna niger.
i. IV, is:t.
5. An Sud du Maroc, sur lu cote île l'Atlantique, nu le- anciens signalenl 'les i tliiopicus, la limite septentrionale île- véritables nègres esl aujourd'hui vers !• cap Blanc.
0. Il esl possible que, île- l'époque d'Hérodote, le- Nasamons, peuple libyen 'lu
littoral Me la grande Syrie, aienl possédé l'oasis d'Augi la, où il- ail ni en
ne l'aire la récolte de- dattes (Hérodote, IV. ! 7> e( 182).
tribus se répandirent non seulement par tout le Sahara1, mais même au delà «le la boucle du Niger.
Qu'étaient ces Ethiopiens? Le mot grec AWio-sç, que les Latins adoptèrent, veut dire gens au visage brûlé. Il s'appliquait aux véritables nègres2. lia pu désigner aussi des hommes dont la peau, sans être absolument noire, était naturellement très foncée3. Il est vrai que Mêla, Pline el Ptolémée mentionnent dans le Sahara des Ethiopiens blancs"; mais, à notre avis, il ne s'agit pas d'Ethiopiens à la peau blanche, termes qui auraient été contradictoires1 : nous croyons plutôt que celle dénomination peut s'expliquer par la coutume qu'auraient eue des noirs de se peindre le corps en blanc0.
Comme les haratines actuels, les Ethiopiens dont parlent les anciens devaient être doués d'une constitution leur permettant de résister aux lièvres et de se livrer à la culture.
On peut admettre qu'à l'époque historique, des esclaves
1. Pour quelques retours offensifs des États nègres dans celte contrée, voir Schirmer, le Sahara, p. 220 et 238.