‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 227 sur 404 · oui', plus haut, p. 236, a. I · texte numérisé non relu

oui', plus haut, p. 236, a. I

.'.. nu pourrait cependant retenir une observation de Tissol (Bull, des antiquaires de France, 1880, p. ISOi au sujel «l'un mot eu;, issue, qui se lit sur le tarif de douane .le Zraia : ':. /. L., VIII, 4308 (ligne 25) 18643. Il rapproche c moi. dont le sens e-i inconnu ci qui u'esl sans doute pas d'origine latine, de fattas, fattassa, pois vert, dans le dialecte de Djerba.

LA LANGUE LIBYQ! E. 31b

tions', soit dans les auteurs donne des résultats plus satisfaisants.

Beaucoup de noms de personnes ont une tournure tout à fait berbère2. La Johannide de Corippus offre un intérêt particulier à cet égard, car le poète, au lieu de latiniser les noms propres, les reproduit en général sous leur forme indigène3. Un grand nombre d'entre eux se terminent par la désinence an (Altisan, Audiliman, Carcasan, Esputredan, Guenfan, Imastan, Manonasan, Sidifan, etc.)4, qui rappelle la formation du participe berbère des verbes qualificatifs, participe tenant lieu d'adjectif : par exemple, aberkan, étant noir, celui qui est noir. D'autres se présentent avec la désinence in (Autufadin, Cutin. Garafin, Marzin. Sanzin. etc.). ou avec la désinence asen (Ilisdreasén, Ielidassen, Macurasen, Manzerasen) : ces formes se sont perpétuées dans le Maghrib ; pour l'époque musulmane, on peut citer Bologguin, Tâchfin, Yarmorâcen 5.

Des noms de lieux antiques s'expliquent par les dialectes berbères. Strabon nous apprend que les « barbares » appelaient l'Atlas A'jv.v1, : indication que confirme Pline7. Ce mot doit

1. Épitaphes latines; quelques inscriptions néopuniques et des inscriptions libyques (qui omettenl les voyelles).

2. Nous reviendrons là-dessus quand nous étudierons l'onomastique africaine à l'époque romaine.

:). Voir à ce sujel de Slane, dans sa traduction d'Uni Khaldoun, IV. p. 581-2; Partseh, dans Satura Viadrina (Breslau, 1896), p. :i4-37.

4. Conf., sur les inscriptions, Cotuzan (C. /. /.., VIII, 5218), Vasefan {ibid., 9725), Mastucaran (Bull, archéologique du Comité, 1904, p. 239), etc.

:;. Pour les noms propres de personnes, on a invoqué aussi le groupe de lettres Mas. par lequel beaucoup de ces noms débutent. Les uns croienl que c'esl un Miel signifiant Ûls(comme le remarque de Slane, (. c, p. 500, il faudrait supposer que ce qui smi Mas représente le nom de la mère, car nous connaissons les pères de quelques personnages dont le nom commence ainsi, et la comparaison ne justifie nullemenl cette interprétation). D'autres le rapprochent de mess, qui veut dire maître chez 1rs Touaregs. Cela me parait bien aventureux. — Par contre, le nom Mazic, Mazices, fréquent pour désigner suit des individus, soi! des tribus, esl sans doute un vieux mut libyque; peut-être signifie-t-il noble, comme une indication de Léon l'Africain permettrait de le supposer (Description de l'Afrique, trad. Temporal, édit. Schefer, I. p. 28).

6. XVII. 3, 2 : o'poç... Sit:p o'i |«,sv "EXXï)ve? "A:i.av:i xaXovaiv, oi [Jâpêapoc il AOpiv. Conf. Bustathe, Commentaire de Denys le Périégète, v. 60, dans Geog. gr. min., II. p. 229.

7. y, 13 : ■ amnem Fut; ab eo A.ddirim il enim Vtlanti nomen esse eorum

316 LES TEMPS l'HIMITIFS.

être rapproché de celai qui signifie montagne : singulier adrar, pluriel idraren ; aujourd'hui encore. l'Atlas est appelé par ses habitants Idraren '. Thala signiiie source en berbère : tel était le nom antique d'au moins deux localités situées dans la Tunisie actuelle-. Son/', rivière, explique le début des noms de Sufes, Sufetula (villes de la Tunisie centrale) et Sufasar (sur le C.liélil) :. Ghir, gker, qui veut dire cours d'eau \ se retrouve dans Ger, reip, noms donnés dans l'antiquité à des rivières sahariennes5. Tasaccora, nom d'une rivière et d'une ville situées dans la province d'Oran6, rappelle thasekkourth, perdrix7. Agoursal, me fait observer M. Basset, signifie champignon dans le dialecte de la grande Kabylie8 : il ressemble fort à Aggersel, dans l'Enfida9, à Agarset et Aggarsel Nepte, dans la Tunisie méridionale1". Thamalla (Thamallula, Thamalluma, etc.), nom de deux villes dont l'une était dans la région de Sétif, l'autre dans le Sud de la Tunisie", se compare à thamallalth, la blanche.

— ' il s'agil des indigenae — lingua convimit) ce (milia passuum) ». Lire ad Dirim (conf. Meltzer, Geschichte der Karthager, 1. p. 427), ce que n'a pas vu Solin (XXIV, 15), qui, copianl Pline, écrit : » de Atlante quem Mauri Addirim nomiaanl ■■ : Martianus Capella (édit. Eyssenhardt, p. 229) écrit de même : » hune

(l'Atlas) incolae idirim vocant ». Vitruve (VIII, 2, 6) indique le Dyi is c me un

Henve sortant « ex monte (Ulante »; il a dû commettre un mfusion : voir

Miillcr, édit. de Ptoléi , n. à p. 711.

1. Conf. de Slane, l. c, p. 579-580; Vivien de Saint-Martin, le Nord de l'Afrique dans l'antiquité, p. 154; Tissot, Géographie, 1. p. 386, n. -.

2. Salluste, jii,,., LXXV. Tacite, Annales, III, 21. Conf. C. /. L., VIII. p. 69.

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