‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 233 sur 404 · Le rapproche nt a été fait par Tissot, 1, p · texte numérisé non relu

Le rapproche nt a été fait par Tissot, 1, p

10. Gonf., entre autres, Schuchardt, die iberische Deklination, p. -'i, 8-9 (dans

La lettre T dans Tillibari pourrait être le préfixe berbère du féminin. Mais de quand date cette dénomination? Peut-être seulement de l'époque romaine. Nous pouvons nous demander — je n'insiste point sur cette hypothèse, — s'il ne s'agit pas d'un camp fondé par un corps de troupes composé d'Espagnols qui servaient dans l'armée d'Afrique1.

D'autres rapprochements ont été indiqués2, ou peuvent l'être, entre des noms géographiques qui se rencontrent, d'une part dans l'Afrique du Nord, d'autre part dans le Sud et l'Ouest de l'Europe, surtout en Espagne : mots terminés par les groupes de lettres M3, gii et, d'une manière générale, fréquence des désinences en i3; quelques noms tout à fait ou presque sem-

Silzungsberichte der Akademie der Wissenschaften m Wien, Phil.-hist. Klassc, CLVI1, 1907).

1. Il y avait dans cette armée plusieurs cohortes espagnoles : voir Cagnat, l'Armée romaine d'Afrique, 2" édit., p. 203-4.

2. Movers, die Phônizier, II, 2. p. 637 et suiv. Philipps, SiUungsberichte der Akademie ,1er Wissenschaften in Wien, Phil.-hist. Classe, LXY, 1870, p. 546-8. Berlioux, les Allantes, p. 81-84. Tissot, /. c, I, p. 419-420, 424-5. Hiïbner, Monumenta lingaae ibericae, p. lxxxvii, Wackernagel, Archiv fur lateinische Lexikographie, XIV, 1904-5, p. 23. Mehlis, Archiv fur Anthropologie, Neue Folge, VIII, 1909, p. 273 et suiv. Parmi ces rapprochements, beaucoup son! évidemment arbitraires. — C'est bien a tort, je crois, qu'on a voulu retrouver les Libyens dans les noms iesLibui, Libici, Lebeci (Halle septentrionale), îles Liburni (Italie et Illyrie), des bouches oci idenlales du Rhône dites Libica : voir d'Arbois de Jubainville, les Premiers habitants de l'Europe, 2' édit., I. p. 37. 40, 70, 71 ni fonde là-dessus l'hypothèse d'un « vaste empire ibéro-libyen ". de ■ conquêtes africaines de la race ibérique » ; ei.nl. Berlioux, '. ... p. 92).

3. Volubilis, au Maroc : (.'. /. /... VIII, p. 2072. Cartili, sur la côte de l'Algérie : Itinéraire d'Antonin, p. 6; (isell. Allas archéologique de l'Algérie, F 4. n° I: la première partie du l est probablement phénicienne. Igilgili (Djidjeli) : Gsell, /. c,

P 7, n' 77. '\v-.xy.:i:.:. en Maurétanie Césarienne : l'I.deniee. IV. 2, 6. Thibilis, dans t'Est de l'Algérie : Gsell, /. c, f 18, n" 107. Zcrquilis, dans l'Aurès: Corippus, Jolumnide, II, lie. Ethnique Midilensis, dans la province de Numidie : Notice ecclésiastique de isi. Vumidie, a." 41. Zersilis, dans la région des Syrtes : Corippus, 11. Tii. — Un Espagne, /.'.//../.s. Singili, en-.

4. Tingi (Tanger). Ethniques Mizigilanus el Simingilanus, en Tunisie : Mesnage, l'Afrique chrétienne, y. 59 el 143. - - En Espagne, Astigi, Ossigi, etc.

."i. on peui encore noter la désinence u((i on ii\ pour .des noms de peuples : en Afrique Gaeluli, Maesulii, Masaesulii (les Massyles el les Masœsyles : j'indique les

formes d s par Tite-Live : en Espagne, Turduli, Varduli, Bastuli. — Pans les

documents latins, la désinence laaus est 1res fréquente pour les ethniques d'Espagne (voir, entre autres, Bladé, Études sur l'origine des Basques, p. 316 el suiv.). Elle l'esi aussi pour tes ethniques de l'Afrique du Nord (voir Wackernagel, '. c, p. 20-22). En ce qui concerne l'Afrique, les Romains Pemploienl de- ta fin du

LA LANGUE LIBYijl E. 32b

blables (en Afrique, Ucubi1, Subur2, Tucca, Thucca, Thugga3 Obba1, la tribu des Salassii*; en Espagne, Ucubi6, Subur1, Tucci \ Obensis ', ethnique formé sans doute d'Oba ; sur les Alpes, la tribu des Salassi, qui occupait le val d'Aoste 10). On a surtout comparé l'onomastique des rivières, qui est souvent très vivace". C'est ainsi que l'on peut alléguer le Bagrada (la

sec I siècle avant J.-C. (loi agraire de l'année III : C. 1. I... 1, 200, § lxxix). On a

cru que ces noms, sous leur forme indigène, avaient même terminaison en Afrique cl (Mi Espagne, et on y a vu la preuve d'une parenté linguistique (Wackernagel, après d'autres). C'est là une erreur. M. Schuchardt (l. c, p. :ii) a montré que, pour les nom-- d'Espagne, les suffixes itanus et etanus n'ont rien d'indigène. Pour les noms d'Afrique, la terminaison est presque touj s itanus et, sauf quelques exceptions, elle s'applique à des ethniques désignant des habitants de villes, non des peuples. Il est probable que les Latins oui d'abord employé celte firme d'après le suffixe grec mrjç, pour certaines villes du littoral que les Grecs fréquentaient comme eux de même, pour les villes grecques d'Italie el de Sicile, on constate qu'i-/,; a été rendu par itanus). Puis elle se sera généralisée, s'étendant môme à des ethniques pour lesquels la forme irr,; n'existait pas. Pour Mauretania, <|ui est. je crois, le seul exemple africain de la forme etan-, j'admettrais volontiers, avec M. Schuchardt [l. c), une imitation par les Latins de- noms d'Espagne qu'ils terminaient de même : Carpetanus (Carpetania), Turdetanus, etc.

— Dans la comparaison des désinences, on devra peut-être tenir pie de- noms

africains en enna : Cartennas, sur la côte de l'Algérie (Gsell, /. e., f* 12, n 20); Matugenna, près de Bone [ibid., C 9, p. II. col. 1): Uppenna, en Tunisie (C. /. £.. VIII, III 57) ; Siccenna : Mesnage, /. c, p. Tl\-2: ethnique Bencennensls : ibid., p. 58, ei C. /. L.. VIII, 13447.

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