‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 244 sur 404 · ti uïèsc, X · texte numérisé non relu

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représentent les peuples qui occupaient les pays situés au Sud de l'Egypte ' et aussi l'Arabie méridionale-. Mais, comme nous ne savons nullement pourquoi Josèphe identifie les Gétules avec les Eù'Xaïot, il vaut mieux nous abstenir d'inutiles bypotbèses3.

Un récit aussi fameux que celui de Salluste se trouve dans Procope', qui prétend expliquer d'où les Maures (Maupoûj'.o!.) vinrent en Libye et comment ils s'y établirent.

« Lorsque les Hébreux, après leur sortie d'Egypte, arrivèrent près des limites de la Palestine, Moïse..., qui les avait

I. C'esl ce qu'entend Josèphe quand il dil que Xoûcroç [ut le chef des Éthiopiens.

'2. Il esl vraisemblable qu'Hévila est une région de cette dernière contrée : voir

Gutho, dans la Realencyklopadie j 'iir protest. Théologie d'Herzog-Hauck, XX. p. 710.

3. Dans le même passage, .1 1 >~c p h c* indique qu'un lils do Cliain, «fo-ûtr,;, colonisa In Libye, ri il signale un fleuve de ce nom qui se trouvait en Maurétanie : il s'agil d'un cours d'eau débouchant dans l'Océan, que Pline (V, 13) appelle Fut, cl Ptoléméc (IV, I. -'> $o-J9, aujourd'hui l'oued Tensift. Déjà le- Septante uni quelquefois traduit Phoul par Ai6usç (Ézéchiel, XXVII, 20; XXXVIII, •">!. Pourtant, dans la Genèse, Phoul est la Pouanîl des Égyptiens, c'est-à-dire le Sud de l'Arabie et le pays (les Sciinalis. Est-ce le nom du fleuve maurétanien qui a fait assigner la Libye aux enfants de Phout? Ce l'ut peut-être par un motif aussi futile qu'on transforma les Gétules en enfants d'Hévila. — Il n'y a pas non plus à. tenir compte d'une autre indication de Josèphe | Intiq.jud., I. là; conf. Eusèbe, Praep. evang., IX. 21)) : un petit-fils d'Abraham, Ophren ('Qypriv), serait allé occupei- la Libye, que -es descendants, établis dans ce pays, auraient appelée 'Aïv/.y, d'après son nom. Selon Alexandre Polyhistor, que Josèphe cite a ce sujet, deux (Ils d'Abraham, Aphcras el lapina, flrenl campagne en Libye avec Héraclès, lors -le son expédition contre Antée; d'eux vinrent les noms de la ville d'Aphra et de la terre d'Afrique. Un voil que ces personnages oui été introduits en Libye (à la suite d'Hercule, comme d'autres pour fournir uni' étymologie fantaisiste.

4. Util. Vand., Il, lu, 13 el suiv. — behos du récit île Procope : 1° dans Évagrc, ///s/, eccles., IV. is (Migne, Patr. gr., LXXXVI, p. 2736); il cite expressémenl

Procope; Georges le Syncelle. Chronogr., p. NT de l'edil. de llunn; Tl phane,

Chronogr., 170 (Migne, Patr.gr., CVIII, p. 452); Suida-, s. v. Xavaâv; -' dans le Talmud (référence apud Movers, II. -. p. 4 li T i -. :t" dan- Moïse île Khoren I. lui.

donl VHistoire d'Arménie date du vin' siècle, el i lu v", comme un l'avait

cru, el qui, dans ce passage, s'esl servi de h une source intermédiaire que

Suidas, peut-être un lïa^iueul perdu de la rjironi'jiii- de Malalas (Carrière. Nouvelles sources de Moïse de Khoren, Supplément, Vienne, 1894, p. 30 el suiv.); 4° dan- une i ml iea 1 1 • >i i il'llm el Kelhi, eiie par Uni Klialdnun [Histoire des Berbères, irail. de Slane, I, p. 177). — Dans une version latine de la Chroniq le

sainl Hippolyle, il esl dil au sujel des Iles Baléares : » llaruin inhabilatores lueruni Chananei fugientes a facie Ihesu, nii Nave... Gades autem lebusei condi-

deruni ei ipsi similiter profugi • : Moi sen, Chronica m/aura, I. p. Ilo, s 210.

C'esl ccrlainei i i addition inspirée par le récil de Procope,

guidés, mourut. Il eut pour successeur Jésus1, fils de Navé, qui fit entrer ce peuple en Palestine et qui occupa le pays, montrant dans la guerre une valeur surhumaine. Il triompha de toutes les tribus, s'empara sans peine des villes et acquit la réputation d'un chef invincible. Alors toute la région maritime qui s'étend de 8idon jusqu'aux frontières de l'Egypte était appelée Phénicie; dès une époque lointaine, elle fut soumise à un roi, comme le disent d'un commun accord ceux qui ont écrit sur les antiquités phéniciennes. Là vivaient des tribus qui comptaient une grande multitude d'hommes, les Gergéséens. les Jébuséens et d'autres encore qui sont nommés dans l'.histoire des Hébreux. Cette population, lorsqu'elle vit qu'il était impossible de résister au général étranger, sortit de sa patrie et se rendit en Egypte. Mais, constatant que la place lui manquerait dans une contrée qui fut de tout temps très peuplée, elle se dirigea vers la Libye.

« Les nouveaux venus l'occupèrent. tout entière, jusqu'aux Colonnes d'Héraclès, el y fondèrent un grand nombre de villes; leur descendance y est restée et parle encore aujourd'hui la langue des Phéniciens. Ils construisirent aussi un fort en Numidie, au lieu où s'élève la ville de Tigisis. Là. près de la grande source, on voit deux stèles de pierre blanche, portant, gravée en lettres phéniciennes et dans la langue des Phéniciens, une inscription dont le sens est : « Nous sommes ceux qui avons fui loin de la face du brigand Jésus, tils de NavéJ. »

« Avant eux, la Libye était habitée par d'autres peuples qui, s'y trouvant fixés depuis une haute antiquité, étaient regardés comme autochtones... Plus tard, ceux qui quittèrent la Phénicie avec Didon allèrent rejoindre ces parents, établis en Libye,

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