III
Oearjue Trinacrios Alris permixta oolonos...
''. Conf., pour Acholla, Movers, II. 2. p. 333; Holni. <:rschi--liif Siciliens im AUer- Ihum, I, p. !)2 ; A. Mayr, die Insel M al ta im Altertum, p. 74 (il croil que la Fondation d'Acholla est du vin siècle, au plus tard du vii'i. Cependant, pour Oea, on pourrait se demander si les » Trinàcrii coloni » n'étaient pas des Phéniciens queJes progrès des Grecs auraient chassés de Sicile et qui auraient éle installés m Afrique par les -"in- de Cartilage.
3. Sur les reconnaissances des Gaditains le long de cette côte, voir Diodore, V. 20.
4. Sili ii - lia li eu-. /. c. Salluste, JuguHha, LXXVII1, 4 : (Leptis .Magnai > eiuscivitatis lingua... convorsa conubio Numidarum. » 11 est à croire que, dès le deliut, plus d'un colon pril femme parmi les indigènes, car les immigrants devaient être en majorité des l mes.
5. Si les poutres placées dans le temple d'Utique étaient vraiment en cèdre de Nnmidie, comme le dit Pline (voir plus haut, p. 30iii, on avait du I.-- eiien-lou assez loin (conf. |>. I 11 i.
l'i. Conf. Salluste, '. '■., XIX, I : ■ Phoenieos... urliis in ora niarituma condiderc ■■ 7. I>. 362.
374 COLONISATION PHENICIENNE, EMPIRE DE CARTHACE.
De toutes les villes phéniciennes d'Afrique, une seule, Carthage, a joué un grand iule historique.
Comme Utique et Bizerte, elle s'éleva au seuil des deux bassins de la Méditerranée. Au fond d'un vaste golfe, qui reçoit la Aledjerda et l'oued Miliane, une langue de terre1, séparée du continent par des collines assez difficiles à franchir, forme une sorte d'éperon; à son extrémité orientale, elle est traversée par une suite de hauteurs, qui peuvent offrir des appuis défensifs et d'où la vue s'étend sur le pays environnant et sur la mer. La petite baie -du Kram, qui se creuse au Sud-Est. constitue un abri, d'ailleurs médiocre; une autre anse, comblée plus tard, existait plus au Nord, au pied de la colline de Bordj Djedid : ce fut sans doute dans lune de ces deux échancrures que les premiers colons établirent leur port. Ce lieu, dont le site offrait de grands avantages, était, il est vrai, dépourvu d'eau2.
Divers textes indiquent que Carthage fut fondée en 814-813 avant J.-C. et donnent des délails sur les circonstances de cette fondation. Avant de les étudier, nous devons rechercher si, à une époque antérieure, une colonie phénicienne n'a pas existé sur le même emplacement'.
Dans la première moitié du ive siècle, Philistos, un Grec de Syracuse, affirmait que Carthage avait été fondée par les Tyriens Azoros (ou Zoros) et Karchedon '. à une date qui, selon
1. Bordée au Sud par le lac de Tunis, au Nord par la lagune de la Soukra, qui étail <l;ms l'antiquité une baie.
2. Comme l'observe Kuslallie, CeiimienUnie île Denvs le Périégète, vers 195,
dans Geogr. gr. min., il, p. 251. — Nous décrirons \>\u- longuement le site de Carthage lorsque nous étudierons la ville punique.
3. Opinion de Movers Ml. -, p. 133 et suiv.), qui, aujourd'hui encore, a îles défenseurs.
i. Eusèbe, apud G ges le Syncelle, I. p. 324 de l'édition de Bonn | Busèbe,
Chron., édit. Sch p. 50) : Kapyrfiôva ?i\a\ $iX(oto{ xtecOrivai ùica 'Atjwpou x«l
la Chronique d'Eusèbe, aurait correspondu à l'année 803 d'Abraham, c'est-à-dire à 1213 avant notre ère1. Cette indication fut accueillie avec quelque faveur. Elle fut reproduite par Eudoxe de Cnide\ un contemporain de Philistos : « Les Tyriens avaient. fondé Cartilage, sous la conduite d'Azaros (sic) et de Karchedon, peu de temps avant la guerre de Troie. » On la retrouve dans Appien3, auquel elle est parvenue par des intermédiaires qui nous sont inconnus et peut-être avec une altération en ce qui concerne la date'* : « Les Phéniciens, écrit-il, fondèrent Carthage en Libye, cinquante ans avant la prise de Troie; les fondateurs furent Zoros et Karchedon. »
Mais ces noms suffisent pour prouver qu'il s'agit ici d'une fable, inventée par un Grec qui n'était pas tout à fait étranger aux choses phéniciennes. In homme appelé Karchedon n'a pas pu exister, ce nom grec étant, comme nous allons le voir, une forme corrompue du terme phénicien qui signifiait Nouvelle ville. Quant au nom de Zoros, il a été formé de Sur, nom phénicien de la ville de Tyr. Comment Philistos a-t-il été amené à reporter cette prétendue fondation à une époque antérieure à la prise de Troie? Nous l'ignorons : les hypothèses qui ont été faites à ce sujet n'entraînent pas la conviction".
Kap'/v]8ôvoç tûv Tupiiov xatà toïtov tov jjpôvov. Ce que saint Jérùme reproduit ainsi (Schône, p. 51) : « Filistus scriliit a Zoro et Carthagine Tyriis hoc tempore Carthaginem couditani. » D'autres indications d'Eusèbe et de saint Jérùme sont des échos déformés de cette légende : Eusélie, apud Syncelle, I. p. 340; le même, version arménienne, à l'année d'Abraham '.178; Jérôme, ann. Abr. !>7i (Schône, p. 60-61). Voir à ce sujet Meltzer, 1. p. 458 et 45'J.
1. D'après la version de saint Jérôme. Certains manuscrits de saint Jérôme placent l'indication en 807, ou en 798. Conf. Gutschmid, Kleine Schriften, II, p. '-Ni.
2. Si-ohe à Euripide, Troyennes, 220 : Cobct, dans Euripidis Phoenissae, édit. Geelius (Leyde, 1846), p. 304.
:(. Lib., 1 : KapxnSôva T-fjv Èv Aiêijy] $olvixeç cjîxcTotv, ïitai 7tevxr|Xovca ïcpà âXtocrscoç 'lXiou, oExiaral o aùir,; èyévovTO Zûpâç -z xat Kap^Tjfiwv.
4. A moins qu'on n'admette des confusions entre différentes ères de Troie : voir Gutschmid, '. c, p. !I2; Unger, Rheinisches Muséum, XXXV, 1880, p. 31-32; litilil, ibid., XL1X, I8U4, p. 204 (ce savant suppose que Philistos s'est servi d'une ère de Trme débutant a l'année 1150 avant .1. -('..).
.'i. Selon .Meltzer (1, p. 125; nuit. Pietschmann, Geschichte der Phônizier, p. 287, n. 1), la lecture de l'Odyssée aurait fait croire que l'Occident était connu des Grecs dès le temps de la prise de Troie. Comme on savait d'autre part que
Carthago' est une transcription latine d'un nom que les Grecs déformèrent en Ka-.yy.owv, nom dont la forme exacte en phénicien est ijm'i hadasht* et dont le sens est Nouvelle ville. Caton l'Ancien le savait3. Tite-Live aussi'. Mais ceux qui adoptèrent ce nom ont-ils voulu désigner une ville nouvelle par rapport à un établissement plus ancien, construit sur le même site', et non par rapport à une ou plusieurs autres cités de la Phénicie ou de l'Afrique du Nord? Il est impossible de donner une réponse certaine à cette question.
La preuve, a-t-on dit0, de l'existence d'une ville antérieure à Carthage, c'est que nous connaissons son nom, ou plutôt ses noms. Servais7 affirme que « Carthage fut appelée auparavant Byrsa ». Selon Etienne de Byzance", « Karchedon s'appelait la Nouvelle ville. Kadmeia, Oinoussa, et aussi Ivâkkabé, nom qui, dans la langue du pays, signifie tète de cheval». Eusèbe', qui
Carthage exislail quand ils vinrent fondeT des colonies dans la Méditerranée occidentale, on en conclul qu'elle datail d'une époque antérieure a la guerre troyenne. — D'après Gutschmid ('. c, II. |>. 15-46 et 93), une ère de Tyr, commençant a la lin du xiii" siècle (an débul du xn". selon d'autres savants : v. supra, p. 365, h. 6), aurai! été usitée a Carthage, colonie tyrienne; Philistos aurait cru qu'elle indiquait, la date de la fondation de la colonie. Cont. Unger, (. c, p. :il ; llulil. I. c. p. 2-'i7.
1. Ou, plus correctement, Karlhago : \udollent, Carthage romaine, p. I. n. I.
'-• n"^'"n P^T- Légende de monnaies puniques : Millier, Numismatique de l'ancienne Afrique, 11. p. 7i-7ë; Babelon, Carthage, p. 23, fig. I. Pour uni' ville du même nom, située dans l'île de Chypre, voir Corpus insi-r. sem., Pars I. n S.
3. Apud Solin. XXVII, lo : » ('.ai i Ii.kI.imi [uod Phoenicum oie exprimit civi-
lalcm ninain. u
4. Servius, In Aeneid., I, ::iiii : » Carthago est lingua Poenorum nova civitfts, ut docel Lnius. ■■ — Conf. Etienne de Byzance, s. v. K.apx»|8[£v : 'EwiXeïto Se Kxivr, -'//'.:. etc.; Eustathe, a Denys, v. 195 {Geagr. gr. mm., II, p. .251) : 'IxpSaçTT|v itdXiv... iv.xiz'ji ryj A'..ej(i»v ptovî; Ka'.w(v stÔXtv, uorEpov Ô£ èxXi^Ôï] Kap^Y]Scov. On voit que ce^ deux auteurs savent que la ville s'esl appelée lùivr, 7to},'.;. mais qu'ils ne se doutent pas que c'est la traduction du nom donl les Grecs oui lait Kxpyrfi.;,;.
'■'<. Comme le pense Mon ers. Il, 2, p. 140. Contra : Meltzer. 1, p. '.il; cont'. Gutschmid, '. <■., 11, p. 89.
ti. Movers, /. c., p. 136 et suiv.; voir aussi Meltzer, I. p. KiT ci suiv. (exposé et réfutation).
7. in Aeneid., IV. 670 : > Carthago ante livrsa, posi Tyros dicta est. ■•
5. S. v. I\a',/(inv : ...'ExaXeïxo & Katvr) 710).'.;, xai Kaô|jLôia, xoù Oïvouaira (un manuscrit donne Oïvovua), xal Kaxxâêï)- zrA-«\ cl v.x-'y. ripi otxeiav aùt&v ).='?tv Ïtoeo'j xeçaXri Sr|XoÛTas.
0. Apud Georges le Syncelle,I, p. 340 (= Chron., édit. Schone, p. 80] : Kap-/7j8wv siuexTtuôï] ûjcb KapjjypWvo?... 'ExaXsïxo S's 7tp;> toutoiu 'Opiyw.
a il me ttail deux fondations, nommai tOrigo la ville la plus ancienne. .Mais cette dernière indication semble résulter d'une bévue : peut-être le prétendu nom propre n'est-il que le mot latin origo, mal compris. Dans les derniers temps de la Carthage punique, le nom que les Grecs ont transcrit Bûpo-a et qui signifiait peut-être en phénicien lieu fortifié', était donné à la colline de Saint-Louis, qui portait la citadelle. 11 est vraisemblable qu'à une époque antérieure, ce nom désignait l'ensemble de la ville, encore peu étendue, qui s'élevait soit sur la colline, soit ailleurs-. Nous ne savons pas si le terme Qart hadasht était alors usité, en menu' temps que celui de Bvrsa, ou s'il fut adopté plus tard, comme le croit Servius, à la suite d'une circonstance que nous ignorons, peut-être de l'agrandissement de la ville. Il est seul employé, sous la forme Kv.py7,owv, par les textes grecs les plus anciens, lesquels, il est vrai, ne remontent point au delà du Ve siècls3. Quoi qu'il en soit. Servius n'indique pas l'existence d'une ville antérieure à celle qui passait pour avoir été fondée par Didon \ C'est aussi à Karchedon, et non à une ville plus ancienne, qu'Etienne de Byzance rapporte les noms de Kadmeia. d'Oinoussa et de Kakkabé. Les deux premiers sont sans doute des épithètes données à Carthage par des poètes grecs 5. Quant à Kakkabé'. ce nom est
1. Meltzer, I. |>. 92; eonf. Audollent, Carthage romaine, p. 269, n. 2. Celo esl contesté par Winckler, Altorientalische Forschungen, 1, p. 417. n. 3.