‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 274 sur 404 · Voir p. 377, n · texte numérisé non relu

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3. Une Carthago, fille de l'Hercule tyrien, une Carthéré, femme de Cronos et mère de l'Hercule qu'adoraient les Carthaginois, une Garché, petite-fille de Zeus et de Thébé, sont des inventions de mythographes et ne peinent pas.être invoquées comme des indices, même légers, de la très haute antiquité de Carthage. Voir Movers, (. c, p. 138 et, contre l'usage que Movers fait de ces textes, Meltzer, 1. p. 104. — M. Winckler (Zeitschrift fur Socialwissenschaft, VI, 1903, p. 447-9) croit à l'existence d'une vieille cité cananéenne, dont les Tyriens auraient pris possession lorsqu'ils étendirent leur hégémonie sur l'Afrique du Nord et qui, à partir de cette époque, aurait pris le nom de Carthage. Si cette ville, dit-il, avait été une véritable fondation de Tyr, elle aurait eu c me divinité principale Melqart, le grand dieu tyrien. Mais il faudrait prouver que Melqart fut et resta le dieu principal de toutes les colonies de Tyr.

4. Il est donc vain de rechercher L'emplacement de cette colonie, que M. Babelon (Carthage, p. 9) et Gauckler (Revue archéologique, 1902, II, p. 370-1) placent entre les ports intérieurs et la colline de liordj Djedid. Il est inexact de lui attribuer uni' partie des sépultures découvertes a Carthage. Aucune des tombes explorées

jusqu'à présent ne parall être antérieure au vu" siècle (voir plus loin, p. 100-1).

380 COLONISATION PHENICIENNE. E.Ml'IUE DE CARTHAGE.

Que pouvons-nous savoir sur les origines de Carthage1?

Timée en parlait dans son histoire. De son récit, il nous reste un court résumé, l'ait par un compilateur anonyme2 : « Theiosso3. Timée dit que, dans la langue des Phéniciens, elle était appelée Ltissa. qu'elle était sœur de Pygmalion, roi des Tyriens, et qu'elle fonda Carthage en Libye. En effet, son mari ayanl été tué par Pygmalion, elle plaça ses biens sur un navire et s'enfuit avec quelques-uns de ses concitoyens. Après beaucoup d'épreuves, elle aborda en Libye, où elle fut appelée Dido (Ir.owi par les indigènes, à cause de ses nombreuses pérégrinations. Lorsqu'elle eut fondé la ville, le roi des Libyens voulut l'épouser. Elle s'y refusa, mais, comme ses concitoyens prétendaient l'y contraindre, elle feignit d'accomplir une cérémonie destinée à la dégager de ses serments' : elle fit dresser et allumer un très grand bûcher près de sa demeure; puis, de sa maison, elle se jeta dans le feu. »

Dans Justin . abréviateur de l'historien romain Trogue- Pompée, on trouve un récit beaucoup plus circonstancié1'. Nous le reproduisons, en le résumant un peu.

Mutto7, roi de Tyr. institua comme héritiers son fils Pvgma-

1. Sur cette question, voir surtout Movers, II. I. p. 331-368; 11. '-, p. 130-7; Mellzer, I, p. 90 el suiv.; Gutschmid, Kleine Schriften, II. p. 91 el suiv.

2. Fragm. hist. graec, édit. Millier, I. p. 197 (Timée, Fragment 23). Geffcken, Timaios' Geographi ■ des II estens, \i 163.

3. Qzioaaû. Mol probablement altéré. Je ne vois pas p 'quoi plusieurs savants

(eonf. Millier, ; lo im; Meltzer, I. p. iii:'i '>ni voulu le corriger en Oïvouao-a, M. Clermont-Ganneau [Recueil d'archéologie orientale, VI, p. -77, u. 2) propose 0ÎIWO-W. Le plus simple paraît être de corriger Si:?-.ùt : Geffcken, t. c.

i. Envers son mari mort.

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