X. III
ques ou tronconiques '. Pline indique qu'ils étaient en sable-; il est plus probable que c'étaient des amas de pierres1. Il y en avait évidemment deux : autrement la légende dont nous allons parler ne se comprendrait pas. L'un pouvait s'élever en territoire carthaginois, l'autre en territoire grec. Le Périple de Scylax les appelle «ÊiXaîvou |3w[aoî, le premier mot étant au génitif singulier; cette forme, qui devait être la seule correcte, se retrouve dans Polybe1. Il s'agit sans doute d'un nom de lieu'. D'autres textes emploient le pluriel. 4>t.Àatvwv, Philaenorum ". qui s'explique par une légende rapportée .par Salluste7.
Les Carthaginois, dit-il, et les Cyrénéens, las de se faire la guerre, convinrent qu'à un jour fixé, des gens partiraient en même temps de chacune des deux villes, et que l'endroit où ils se rencontreraient serait regardé comme la limite commune des deux peuples. Deux frères, appelés Philènes8, sortirent donc de Carthage et s'avancèrent avec une grande vitesse. Les Cyrénéens allèrent plus Lentement, soil par paresse, soit par suite de quelque accident1'. Voyant qu'ils ont été
1. Le mol ftw|xô; peu! signifier tertre, Uimulus. aussi bien qu'aatel (Meltzer, l, p. 188).
2. V. 2S : « ... ad Philaenorum aras. Ex harena sunt hae. On concédera sans peine que le sable esl une matière peu propre a constituer un monument durable.
:i. Peut-être étaient-ils analogues aux kerkoûr, si fréquents dans l'Afrique du V'i.i qui sont formés et accrus par des pierres que les voyageurs déposent. Beaucoup de ces monuments rudimentaires sonl élevés dans des lieux de i>a — sage, nu s'achèvenl des étapes importantes : voir Doutté, Magie et religion dans l'Afrique au \ "/•./, p. 42 I et suiv. On édifie aussi des kerkoùr aux endroits où des
hommes ont péri d irt violente : Meltzer, I. |>. 188; conf. Doutté, p. 124-7.
Une confusion de ces deux idées aurait-elle contribué a la formation de la légende que raconte Salluste?
I Polybe, lit. 39, :': X, 40, 7.
■'i. Ptolémée (IV, ■!, I) indique un village de Philène : 'I>ii sivovi "■•:'',■ - - V' o\ ■ fj îi ■ - ' ■ ■ . . ■' r - opte / ' \ -. ;.*./.r1;.
d. Strabon, III, 5, 5 ni r,; XVII, 3, 20 ni emploie cependant In singulier
<Y\i-j..,,. dan- In mê ihapitre). Salluste, ■/»</.. MX. -i : - Philaenon an
(transcription du génitif pluriel grec). Pomponius Mêla, I. 33 : - Philaenorum ■■. Pline, V, 28 : idem. Etc. (voir In- textes indiqués par Millier, Geogr. gr, min.. I,
il. a p. i./'ii.