iiilnis niunnii Philaenis erat
'J. Sallusin se demande s'ils un furent pas gênés par In vent qui souffle souvenl en tempête dans cette région ni soulève des tourbillons de sable.
FORMATION DE L EMPIRE DE CAHTII.UiE. 483
devancés et craignant d'être punis à leur retour chez eux, ils accusent les Philènes de s'être mis en route avant le temps marqué, provoquent des contestations; ils sont décidés à tout, plutôt que de se retirer vaincus. Les Carthaginois consentent à d'autres conditions, pourvu qu'elles soient égales pour les deux partis. Les Grecs leur donnent alors le choix ou d'être enterrés vifs à l'endroit où ils veulent fixer la limite, ou bien de les laisser s'avancer aux mêmes conditions jusqu'au point où il leur plaira d'aller. Les Philènes acceptèrent cette offre et, se sacrifiant à la patrie, ils se firent enterrer vivants. En ce lieu, (larthage consacra des autels aux deux frères; d'autres honneurs leur furent rendus chez eux '.
Salluste n'indique pas à qui il a emprunté cette fable, à laquelle il parait croire. Elle est d'origine grecque, comme le prouve le nom donné aux champions de Carthage : un calembour a transformé un nom de lieu en un nom de personnes, signifiant « les amis de la louange2». Peut-être a-t-elle été inspirée par le nombre et la forme des autels, qui rappelaient des tumulus funéraires". Il n'est du reste pas impossible que ces « autels » aient été placés sous la sauvegarde de certaines divinités, puniques et probablement aussi grecques. Mais on ne saurait admettre que les Carthaginois les aient consacrés à des hommes divinisés : rien ne prouve qu'ils aient pratiqué le
1. Cortf. Pomponius Mêla, I, -is (■■ arae ipsae aomen ex Philaenis Gratribus traxere, qui contra Gyrenaicos mis>i, etc »); Valère-Maxime, V, 0. ext., i (demi le réi m diffère sui quelques points de celui de Salluste; mais il ne parall pas nécessaire d'admettre une autre souree : voir Meltrer, 1. p. 190, i'.H); silius ltalicus, XV. 700-1.
2. S.iliu. XXVII, s : « Philaenis fratribus a laudis cupidine Graiuiu vocamen
ilallllu. ■■
S. Celui qui la nui ru circulation a pu emprunter certains traits à des auteurs plus anciens. Mertzer (I, p. 188 et 491) fait observer que l'olva-nus (VI. 24), probablement d'après Charon de Lampsaque (= Fregm. Iiist <?raec, 1. p. 34, n lui. parle d'uni' contestation de frontière entre Lampsaque cl Parium, différend qui fut termine par une course ; on lixa la limite au lieu de rencontre des champions. Comme le remarque Gutschmid [Kleilte Sckriflen, 11. p. X2-.XH), il n'est pas question dans ci' recil d'ensevelissement de personnages vivants : il ne s'agit donc
|ias il'un emprunl pur el simple.
culte des héros1 et l'histoire invraisembhihle racontée par Salluste ne doit pas le faire croire.
D'après les textes anciens-, nous pouvons déterminer, d'une manière approximative, l'emplacement des autels de Philène. Ils s'élevaient près du lieu appelé aujourd'hui Mouktar, vers le fond de la grande Syrte3. Cette limite fut maintenue pendant fort longtemps : à l'époque romaine, elle séparait encore les provinces de Cyrénaïque et d'Afrique'. Une indication de Strabon' nous apprend pourtant que, sous le règne d'un l'tolémée, maître de la Cyrénaïque, la frontière entre cette contrée et le territoire carthaginois se trouvait plus à l'Ouest, ;ï la tour Ëuphrantas G. Il s'agit sans doute du premier l'tolémée7, qui s'empara de Cyrène en 322 s. Nous ignorons les raisons de cette modification. La limite fut ensuite ramenée aux autels de Philène, où Polybe la marque0.
On ne voit pas qu'après l'échec de Dorieus, les Grecs aient essuyé de fonder des colonies au Sud et à l'Ouest des Syrtes. Hérodote donne des renseignements, d'ailleurs maigres et peu