Voir plus haut, p. 108, il
s. p. ,",s, n. :i. - Au delà de Cerné, Hannon suivit nue côte • tout entière
occupée par des Éthiopiens •• (§ 1 1 1. Cela prouve qu'il n'y avait que des Éthioj is
dans ces parages, mais non pas qu'ils y fussent lies nombreux.
l'oued Draa. Ainsi, dans une contrée qui ne différait guère de ce qu'elle est aujourd'hui, le pays voisin de Cerné jouissait d'une abondance d'eau exceptionnelle. Il est difficile de s'expliquer comment des circonstances locales auraient déterminé des chutes de pluies suffisantes pour former et entretenir un fleuve navigable, traversant un très grand lac. Faut- il donc se demander si le Chrétès ne venait pas de fort loin, d'une contrer tropicale très humide, où il se serait assez alimenté pour pouvoir franchir sans se dessécher de vastes espaces désertiques? Plus tard, son cours se serait modifié. Des savants croient que le Niger se dirigeait autrefois vers le Nord et atteignait la dépression du Djouf, à plus de liOO kilomètres de Tombouctou1. Allait-il plus loin encore? Hypothèse qui parait déraisonnable! Pour savoir si elle mérite au moins d'être discutée, il serait nécessaire d'étudier la région de la Saguia el Hamra. d'essayer d'y retrouver l'emplacement du lac d'Hannon et l'orientation du fleuve qui le remplissait-, de chercher au delà par où ce fleuve aurait pu passer.
« XI. Nous naviguâmes de là vers le Midi, pendant douze jours, en longeant la côte, tout entière occupée par des Ethiopiens, qui fuyaient à notre approche '. Ils parlaient une langue incompréhensible, même pour les l.ixites qui étaient avec nous.
« XII. Le dernier jour, nous abordâmes à des montagnes
1. Gautier, Sahara algérien, p. 57. Chudeau, Sahara soudanais, p. 2'28. — Qu'était li' grand fleuve, coulanl de l'Occident vers l'Orient, auquel des Nasamons, partis du voisinage de la grande Syrte, parvinrenl après avoir traversé le déserl > dans la direction «lu zéphyre de l'Ouest -, >lii Hérodote (II. 32;? Si l'on çroil que c'était le Niger, l'un doil admettre qu'au \" siècle avant J.-C., ce fleuve ne
coulait |ilns vers le Djouf, mais tournail vers l'Est, coin aujourd'hui. Mais
l'idenlillcation me paraît très contestable.
2. M. Fischer (p. o'i-Hli croil que les Carthaginois, après s'être engagés ilans la Saguio el Hamra, pénétrèrenl dans l'oued el Delà, affluenl de gauche de cette rivière, el atteignirent la dépression en forme de cuvette, dite Gerar Isig, dans
laquelle débouche I' I el Chott. Ce sonl la des hypothèses aventureuses : voir
contra Uling, p. '11.
'■\. I.a phrase suivante prouve qu'on en attrapa quelques-uns.
494 COLONISATION PHENICIENNE, EMPIRE HE GARTHAGE.
élevées, couvertes d'arbres ' dont les bois étaient odoriférants et de diverses couleurs.
« XIII. Ayant contourné ces montagnes pendant deux jours, nous arrivâmes dans un golfe immense, de l'autre côté duquel il y avait une plaine; là. nous vîmes la nuit des feux s'élevant de tous côtés par intervalles, avec plus ou moins d'intensité, p
Ilannon ne fonda aucune colonie au delà de Cerné, soit parce que les circonstances ne furent pas favorables, soit plutôt parce qu'il avait accompli cette partie de sa mission. La suite de son voyage ne fut qu'une reconnaissance des côtes, sans doute avec quelques navires, ne portant que leurs équipages. Eut-il l'intention de faire le tour de l'Afrique? Il n'y a rien dans son rapport qui permette de l'affirmer -.
Se dirigeanl vers le Midi (plus exactement, vers le Sud- Ouest) pendant douze jours, il .parvint à des montagnes élevées, qu'il contourna pendant deux jours pour arriver à un vaste golfe. 11 semble impossible de placer, comme on l'a proposé, ces montagnes au cap Blanc :;, falaise liasse, formée de couches de sable et complètement dénudée, ou à la presqu'île de Sierra-Leone. dont l'aspect rappelle mieux la description du Périple '\ Le premier point est trop rapprocbé de la Saguia el Hamra. le second trop éloigné pour une navigation de douze jours . Les montagnes boisées d'Hannon répondent