C.l.opez
deux collines arrondies, les « Mamelles », qui n'atteignent, il est vrai, qu'une hauteur médiocre. Mais l'expression « montagnes élevées » peut se justifier, dans une certaine mesure, par le contraste qu'elles forment avec les côtes plates qui les précè dent : elles sont visibles à une distance de plus de 30 kilo
I. Opinion la plus répandue : Millier, Geogr., a. à p. 9, el édition de Plolémée, n. à p. Tii: Vivien, p. 387; Bunbury, p. :)J.'i: Meltzer, p. 244; Trêve, p. 14; Kan; etc. Contra : Mer, p. 145-6; Ming, p. 30. Entre la Saguia el le cap Vert, mi peul compter I 700 kilomètres; Hannon ourail tail une moyenne de 140 Itilo mètres par j Il étail aidé par un Eorl courant qui longe la cote.
12. Qui esl actuellement très peu imposante, il faul l'avouer.
495 COLONISATION PHENICIENNE, EMPIRE DE CARTHAGG.
mètres1. Le grand golfe serait le vaste estuaire de la Gambie4.
Les feux que les Carthaginois virent s'élever la nuit étaient sans doute des foyers allumés par les indigènes pour écarter les bêtes fauves de leurs demeures et de leurs troupeaux3.
« XIV. Après avoir fait provision d'eau, nous continuâmes notre navigation le long de la terre, pendant cinq jours, au bout desquels nous arrivâmes à un grand golfe, que les interprètes nous dirent s'appeler la Corne de l'Occident '. Dans ce golfe -se trouvait une grande île et, dans l'île, une lagune1', qui renfermait une autre île. Y étant descendus, nous ne vîmes, le jour, qu'une forêt; mais, la nuit, beaucoup de feux nous apparurent et nous entendîmes des sons de flûtes, un vacarme de cymbales et de tambourins et un très grand bruit. La peur nous prit et les devins nous ordonnèrent de quitter l'île. »
Quoique l'expression 'Earrépo'j KÉpaç ait été employée par des anciens pour désigner un cap '', les termes dont notre texte se sert prouvent que. par le mot xspa';, corne, il faut entendre un golfe7. Le nom de Corne de l'Occident peut indiquer qu'il faisait face à l'Ouest. On a pensé à l'estuaire du Rio Ceba. que précèdent les îles Bissagos*. Une de ces îles, Orango (Ilarang), est creusée au Sud d'une baie, au milieu de laquelle il y a une
1. De Kerliallet, Manuel de I" navigation à t't côte occidentale d'Afrique, - édit., 1. p. 328.
'J. Millier, H. ce. Vivien, p. 388. Meltzer, p. 244. Trêve, p. 45.
:t. Comme l'a compris Montesquieu, Esprit des lois, XXI. 11. Conf. Illing p. -V2.
4. il- <i.i-;x-i xd/.TCov, ov Ëœairav oi ;v»|V::; xaXeÏTÔat 'EiTtépou kspa;.
.'i. >:[j.vr, 6a).a<7?ûS/i;.
il. Mêla, III, '.m : •■ [psae leiiae promunturio cui Ilespeni Ceras nomen est Qniuntur. . Pline. VI. 197: « Promunturium quod Hesperu Ceras vocatur»; conf. VI, 199. Ptolémée, l\'. (i. 2 : 'E<77iépoy KEf.xc àtxpov. On a supposé qu'il s'agil 'in cap Vert; cela a'esl pas certain.— iVprès d'autres savants, Fischer
(p. 37-38) a voulu donner ce sen> île cap au i xépce; 'lu Périple et il n placé
la Corne de l'Occidenl au ca"p Vert. Il a du reste renoncé à relie opinion {Real- Em rclopûdie de Wissowa, s. v. Hesperium promunturium).
7. Conf. Muller. Geogr., a. à p. Il: Vivien, p. 389; Th. Reinach, Reuiie .'es études grecques, VI, 1893, p. 305; Illing, p. 34.
s. .1.' Rennell, tl<c Geographical System "./' Herodotus (Londres, 1800), p. 730. Mnllei. Geogr., n. a p. lu. ei édit. de Ptolémée, n. a p. 7:11. Vivien, p. 392. Meltzer, p. 24 i Kan. Etc.
KXI'KMTlnXS Sl'R LES COTES DE L OCEAN. i07
autre île. disposition qui rappelle, assez vaguement, la description d'IIannon1. Nous devons ajouter qu'une ligue de récifs interdit l'accès de la baie2, que le sol sablonneux d'Orango est absolument dépourvu < le végétation '. qu'enfin l'île dont nous parlons n'est pas dans l'estuaire ilu Rio <leba, mais à une centaine de kilomètres au large. Du reste, le chiffre de sept jours de navigation depuis les parages du cap Vert semble trop élevé si l'on identifie la Corne de l'Occident avec cet estuaire, distant de 450 kilomètres du cap. Il faudrait donc la chercher plus au Sud-Est, en avant de la Guinée française, ou même sur la côte de Sierra-Leone, peut-être vers l'île de Sherbro''. Le long de ces rivages, on ne trouve aucune île qui réponde exactement à la description d'IIannon. Mais la forme de l'île du Périple a pu se modifier, surtout si l'on suppose qu'elle était volcanique" : il est permis de se la figurer comme la bordure circulaire d'un vaste cratère, dont l'entonnoir aurait été envahi par les eaux; à l'intérieur aurait émergé un îlot, débris du cône central". <>n voit combien tout cela est incertain7.
Le vacarme musical et les illuminations nocturnes qui effraye rent tant les Carthaginois étaient sans doute simplement une fête de nègres \
« XV. Nous partîmes donc en hâte de ce lieu et nous longeâmes une contrée embrasée, pleine de parfums; des ruisseaux