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In. Voir, entre autres, Bruel, Bévue d'ethnographie et de sociologie, 1910, p. lit; Poutrin, l'Anthropologie, XXII, 1911, p. 462.
nien, le voyageur Nonnosus, qui rencontra des Pygmées dans une ile voisine de la côte orientale d'Afrique '. Si des Négrilles offrant la même particularité vivaient, au temps d'Hannon, sur la côte opposée du continent, on conçoit qu'il ait pu dire de ses femmes sauvages qu'elles avaient le corps velu-'. Des trois peaux qu'il rapporta à Carthage, deux furent déposées dans le temple de Junon (Astarté), où elles restèrent jusqu'à la destruction de la ville par les Romains '.
Les résultats de l'expédition d'Hannon furent la fondation de six colonies sur les rivages du Manie, d'une autre vers l'embouchure de la Saguia el Hamra, presque en face de l'archipel des Canaries, et une exploration hâtive du littoral, qui fut peut-être poussée jusque dans le voisinage de l'Equateur et qui, dit la relation, prit fin faute de vivres.
11 est probable que les Phéniciens connaissaient longtemps auparavant les côtes marocaines, au Sud de la ville de Lixus; il est même possible qu'ils y aient installé des comptoirs permanents. Par les colonies qu'Hannon fonda et qui. au moins en partie, subsistèrent ', Carthage prit officiellement possession de
1. Dans le volume de la collection byzantine de Bonn qui contient les œuvres de Dexippe, Eunape, etc., p. 481 : 0-o li -y.-/j.>i SsSairueiJLÉvoi; ï:j. itavcoc toO
2. Les nains de la région des Lacs et une parlie de ceux du bassin du Congo, gens à la peau relativement claire, sont pourvus de ce duvet, ou lanugo. Mais l'existence du duvet esl niée pour d'autres groupes, à peau plus renier, qui habi-
ti-ni s.. h dans le bassin du Congo, soit dans l'Afriqi :cidentale : voir
W. Schmidt, die Stellung der Pygmdenvôlker (Stuttgart, 1910), p. 17. d'après Jobnston; pour les négrilles de la Sangha, Poutrin, /. c, p. 443, ili. 103. — Notons encore que les Négrilles sont excellents grimpeurs (Mgr Le Koy, les Pygmées, p. 87). comme les nommes sauvages d'Hannon.
:(. Pline. VI. 200 : .. (Hanno) duarum Gorgadum eûtes argumenti el miraculi gratio m lunonis templo posuit, spectatas usque ad Carthaginem captam. ■
i. Sieglin [Verhandlungen det siebenlen internalionalen Geographen-Kongresses zn Berlin, 1899, II. p. 854) croil que les colonies fondées par Hannon sur la côte du
Mann- disparurent vers le débul du iv' siècle. Mais Éphore itionnait le
Kapixbv Tcï/o; (voir pins haut, p. 473, n. I). ii Scylax @U|iiaTï)pia. Il est vrai
que Scylax ne d( aucune indication sur la côte qui s'étend entre le Soloeis
(cap Cantin) el le Xiôn (Saguia el Hamra?) Mais il me paraîtrait imprudenl d'en conclure que les cinq villes établies par Hannon dans ces parages eussent disparu avant le milieu du iv" siècle, Les nombreuses villes phéniciennes du littoral océanique qu'Ératostbène (peut-être d'après Ophellas : voir Strabon, XVII, :i. :i
ces parages et v créa des marchés sûrs pour son commerce et celui des Gaditains.
Au delà du Maroc, les rivages qui furent longés par Hannon ne semblent pas avoir été complètement inconnus avant lui. Il y avait chez les Lixites, sur l'oued Draa, des hommes qu'il embarqua comme interprètes et qui, naturellement, passaient pour avoir quelque connaissance des lieux et des gens que l'expédition allait visiter. S'ils ne purent pas se faire comprendre des Ethiopiens du littoral saharien, ils indiquèrent aux Carthaginois les noms de la Corne de l'Occident, des Gorilles, sans doute aussi du Char di;s dieux et de la Corne du Sud. A moins de supposer qu'ils aienl inventé ces dénominations, il faut admettre qu'ils les avaient apprises auparavant, dans des voyages où ils avaient accompagné d'autres navigateurs1. Peut-être des trafiquants phéniciens avaient-ils poussé des pointes hardies très loin vers le Sud-. Une coupe d'argent3, fabriquée dans un atelier phénicien, vers le milieu du vne siècle au plus tard', représente un très grand singe6, dépourvu de
cl si di>;iii avoir été détruites par I.-- indigènes étaient, croyait-il, de vieilles colonies tyriennes, non des colonies carthaginoises (v. supra, p. 364). Il ne s'agil donc pas de celles d'Hannon, quoique Pline (V, Si semble avoir fait celle contusion : » urbesmultas al. eo (Hannon) conditas prodidere, quarum née memoria
ulla. née vestigium exilai ». Le 1er militas ne convienl nullement aux sept
colonies d'Hannon.
1. Lors de l'expédition d'Hannon, ils ne paraissent pas être entrés en rapports avec- les nègres qui vivaient sur les eûtes an .le la du cap Vert i voir au j 1 i le passage relatif a Fil.' de la Corne de l'i iccidoul. don! les habitants restèrent iimsi- Mesi. El d'ailleurs, si l'on suppose que les interprètes aient pu alors se faire indiquer quelques noms par les indigènes, cela prouverait qu'ils les avaient fréquentés auparavant, puisqu'ils auraient été capables de les comprendre.
2. Si les Éthiopiens 'le la côte du Sahara s'enfuyaient a l'approche des vaisseaux d'Hannon, il n'en l'aui pas conclure qu'ils se soient effrayés d'un spectacle nouveau pour eus : l'«xpérienoe leur avait peut-être appris a si' délier.
; Monumenti dell' Instituto, X, pi. 81, flg. I. Clermont-Ganneau, Études d'.archéologie orientale, l'Imagerie phénicienne d'ans. 1880), pi. I. Perrot, Histoire de l'Art, III, p. 759, (lg. .'il-'.. Celle coupe a été découverte en Italie, a Préneste.
1. Selon \l. Montelius a une époque bien plus élevée n\ siècle). Pour les différentes dates proposées, voir Poulsen, der orient and die frilhgriechische Kunst (Leipzig, 1912), p. 36-37, 126.
;i. Il rsi reproduit quatre loi- sur celle coupe : voir ClerraonKaaimeau, /. e... p. :ill-:iS, 17-53. L'artiste lui a donne une taille supérieure a la taille humaine.
queue, sans doute un gorille1 : image qui permet de croire, que les Phéniciens avaient alors atteint îles rivages de l'Afrique équatoriale. probablement à l'Ouest du continent-. Enfin, si l'on ajoute foi à une information recueillie par Hérodote3, des Phéniciens étaient partis vers 600, sur l'ordre ilu pharaon Néchao, pour faire le tour de l'Afrique, et ils avaient rempli cette mission'.
L'établissement fonde par Hannon dans l'île qu'il appela Cerné demeura le marché d'une contrée privilégiée, en plein Sahara '. Au delà de cette île, l'impossibilité d'entrer en relations avec les indigènes el les craintes qui s'emparèrent des Carthaginois firent que L'expédition resta stérile. Après comme avant Hannon. des marchands purent s'aventurer au Sud de Cerné et, en évitant de justifier les défiances des nègres, obtenir d'eux de rapides échanges0. Itien ne prouve qu'ils aient créé des compteurs durables.
1. Gomme M. ClermontGanneau (p. 50, n. I; p. .">2-.">:ii esl disposé à le croire. On oe peut pas penser à l'orang-outang, qui n'habite que Bornéo et Sumatra. Boll (Annali ddl' Instituto, XL VIII, IS7(i. p. 220. n. I : ei.nl. Helbig, Das homerische Epos, 2° édit., p. 27) croit qu'il s'agit d'un cynocéphale, apparenté au mandrill el au sphinx, singes qui vivenl sur la côte occidentale d'Afrique, dans la région équatoriale.
2. On sait que les gorilles se rencontrent sur la côte occidentale, au Nord et au Sud de l'Equateur. Cependanl il n'est pas impossible que les anciens aienl vu des singes île cette espèce sur la côte orientale : en en a signalé récemment dans la région île- Lacs : conf. Neuville, dans l'Anthropologie, XXIII, 1912, p. 564.