il. iti'.i : > circumvectus a Gadibus ad Bnem Irabiae
erreur, on l'a supposé avec vraisemblance '. dut avoir pour cause une confusion entre le golfe appelé par le traducteur du l'ciiple Nôwj Kèpotç-, la Corne du Sud, terme de la navigalion d'Hannon, cl le cap Guardafui, qui reçut le même nom-. La bévue a peut-être été commise par le roi Juba3. Avant de l'imputer aussi aux Carthaginois, il faudrait prouver qu'au temps d'Hannon ils appelaient ce cap Corne du Sud ; il faudrait prouver encore qu'ils avaient dans leur langue un mot qui. comme xspaç, signifiait à la fois cap et golfe. En tenant le propos rapporté par Hérodote, faisaient-ils allusion au voyage des Phéniciens du temps de Néehao, voyage qu'ils devaient connaître mieux que d'autres? Ou se vantaient-ils d'avoir euxmêmes contourné l'Afrique? Nous l'ignorons. A supposer que la seconde hypothèse soit la vraie, ils pouvaient attribuer cet exploit à n'importe qui, s'ils mentaient: mais, s'ils étaient sincères, ils ne pouvaient pas l'attribuer à Hannon, qui était revenu en arrière, comme Sataspès.
Ailleurs, Hérodote1 raconte comment les Carthaginois, d'après leur propre témoignage, échangeaient des marchandises contre de l'or, dans un pays situé au delà des Colonnes d'Héraclès. « Ils débarquent ces marchandises et les exposent
1. Opinion de Mannert, adoptée par Mûller, Geogr., p. xwni; Gôbel, p. lil ; Fischer, p. 128.
2. Artémidore, apud Strabon, XVI, 4, 14 (conf. XVI. 4, l.'ii. Le Nôtou KÉpa; ôcxpov de Ptoléinée (IV. 7, t) était situe plus au Sud.
:i. Il faisait commencer l'Atlantique au cap Guardafui (conf. Vivien, p. 281), que, d'ailleurs, il n'appelai! pas Cnme ilu Sud, il u niciiiis ilans le passage cité par Pline, mais flfossyliaum promunturium. Pline. VI. 17'i : « \ Mossylico promu nturio vllaiiliriini mare i nei père vu 1 1 lulia praeler Ma urelauias suas tiailis usque navigandum coro ». En tout cas, parmi les auteurs antérieurs à Juki, Asrtémiilme n'a pas cru qu'Hannon se lui avancé jusqu'au cap Guardafui: il <lisaii qu'au
ilela île ce i-ap (V(W9 le Sud), la enle était ineiiliniie (apud Slralion, XVI. 4. 14),
Posid'onius ne parait pas l'avoir eru non plus (quoi- quJen semble penser Siegliu, lirchftol'ogisehei lœeigvr, l'.iln. p, ."i27l. Dans ui\ passage reproduit par Straben (II, 3, 4-5), où il indique les raisons qui ont faii admettre que l'Afrique est entourée par l'Océan, il mentionne le périple ipi'auraieiii accompli Des Phéniciens au temps de Nécliao (de Darius, dit-il par erreur), périple dmil il dmile; il mentionne aussi les voyages d'Eudoxe de Gyziq.œe sur les oûtes-orientalc et occi dentale du continent; mais il ne dil rien d'Hannon.
en ordre sur le boni de la GÔte-, puis ils regagnent leurs vaisseaux et fout de la fumée pour avertir 1rs indigènes. Ceux-ci s'approchent alors de la mer, placent à côté des marchandises l'or qu'ils offrent en échange et se retirent. Les Carthaginois redescendent et examinent ce qu'ils ont laissé. S'ils jugent que la quantité d'or répond à la valeur des marchandises, ils l'emportent et s'en vont. Sinon, ils retournent à leurs navires et attendent. Les indigènes, revenant, ajoutent de l'or, jusqu'à ce que les Carthaginois soient satisfaits. (In ne se fait réciproquement aucun tort, les uns ne touchant pas à l'or avant que la quantité déposée ne leur paraisse en rapport avec leurs marchandises, les autres ne touchant pas aux marchandises avant que les Carthaginois n'aient (iris l'or. »
Sur quelle côte se faisait le trafic de cet or, qui venait sans doute de l'intérieur des terres? On peut penser à la Séné gambie', ou à quelque région plus septentrionale-, peut-être même au Sud du Maroc3. Les procédés de commerce décrits par Hérodote ne s'expliquent que dans des parages où les Carthaginois n'avaient ni villes, ni comptoirs, et désiraient, autant que les indigènes, éviter tout contact immédiat. Ils peuvent avoir été usités avant Hannon; ils peuvent s'être maintenus plus tard, en dehors des colonies qu'Hannon avait fondées et des territoires occupés par des tribus qui étaient disposées, comme les Lixites du Périple, à faire bon accueil aux Carthaginois. Quoi qu'on en ait dit', ce passage d'Hérodote ne nous apporte aucune lumière sur l'époque île l'expédition.
I. Voir Millier, Geogr., p. xxvu. a. I: Fischer, p; 89. Qi des régions de la
Ralémé (dans le Bondou cl to Baml k) el du haut Niger; en amonl de ISaru-
makû(dans ]<• Bouré) : voir BUtterers Afrika in seiuer Bedeutung<fUc die Gol dUkUon (Berlin, 1895), |i. 'ci h suiv.
'.'. Par exemple, an Km ,\,- i in. (entre le cap Bojador ci le cap Blanc), »\\ a la baie d'Arguin, où 1rs Portugais venaienl chercher de la poudre d'or que les indigènes leur apportaient de loin.
:i. Conf. Gobe), p. 72; Il y a de l'or dans la région du Sou^ : voir Rolterer, /. <■.. p. Il : Moreau, Bull, de lu Société </•■ géographie <ÎOran\ 1912; \\. 556.
'i. Vivien 'i1- 330) 'd Moltzer (p. 232 -'■'<> estimes! que ce commerce n'a pu se
Ainsi nous ne trouvons dans l'historien grec nulle mention d'Hannon, nulle allusion certaine à son voyage1.
Il ignore aussi celui d'IIimilcon. Il mentionne2, il est vrai, les îles Cassitérides, « d'où nous vient l'étain ». ainsi qu'un fleuve Eridanos, « qui se jette, à ce qu'on prétend, dans la mer septentrionale et d'où viendrait l'ambre ». Il ajoute qu'il ne sait rien des Cassitérides et. qu'il croit que l'Eridanos est une invention d'un poète grec. Rien ne permet d'affirmer que ces indications qui lui paraissent si suspectes aient été des échos de l'expédition d'IIimilcon. Il est plus probable qu'Hérodote lésa trouvées dans quelque ouvrage de ces géographes ioniens qu'il critiquait volontiers, peut être dans Hécatée. A la fin du viic siècle et dans la première moitié du vi°, les Grecs d'Asie Mineure fréquentaient le Sud de l'Espagne3, où les Tartessiens pouvaient les renseigner sur l'étain britannique'. Quant à l'ambre, apporté depuis des siècles des rivages voisins de l'Elbe et de la Vistule, ceux qui le colportaient à travers l'Europe ne devaient pas être sans savoir, au moins vaguement, d'où il venait.
Tout cela ne prouve pas d'ailleurs que les expéditions
développer qu'après l'expédition d'Hannon. D'autres sont d'une opinion toute contraire : voir, par exemple, Fischer, p. su: E. Meyer, III. p. 679 ri 680. Celui-ci croit qu'il s'agit d'un commerce qui se faisait à Cerné antérieurement à la fondalion de la colonie d'Hannon. Remarquer cependant qu'il n'est pas prouve que Cerne ail été vin marche d'or, même après llannon. Scylax n'en dit rien. Le seul texte qu'on pourrait alléguer est de lies mince valeur : Palaephalus, Incredib., 31 (ot Kepvaîot... àa\ a:f!>Spa y pv<roX, el l'histoire qui suit).
1. Selon Meltzer (p. 233-5), d'autres indications d'Hérodote lui seraient venues d'informateurs carthaginois qui auraient connu les résultats de l'expédition d'Hannon. Contra : Fischer, p. 88. Hécatée, qui écrivait vers 500, mentionnait MÊXi<r<ra, -'Vu; Aiêâwv [apud Etienne de Byzance, s. v. = Fragiti. hist. graec, I, p. 23, n° 3271. Mais il est impossible de (lin- si c'était la Mi/:-:-x qui fui une îles colonies d'Hannon. Peut-être s'agit-il de Malle. Hécatée paraît avoir rattaché a la Libye Gaulos (Gozzo), île voisine de Malle, car il disait d'elle (Fr. h. y., p. 24, n' 313) ; r«yXoç, -l'r-',: -v,: tî| ltapxf,66vc.