Vi ir plus 1 1 . 1 1 1 1 . p
4. je noterai cependant, sans insister sur cette remarque, que les riverains du Hcuve étaii nt, au dire d'Hannon, des pasteurs nomades, '■! non des sédentaires qui auraienl utilisé l'eau du Lixos pour des cultures.
:;. Pline, V, 9. Il esl malaisé de dire si c'esl une citai l'Agrippa (voir RieSe,
Geog phi latini minores, uni,' a la page S) ou de Polybe (i i m le dil généra-
Icmenl : opinion défendue par Klotz , Quaestiones Pliniam phicae, dans
Qucllan uni Forschungen de Sieglin, XI, 1906, p. Il 13).
i,. Kobell {Studien zuv Zoogcographic I. p. 79) suppi se qu il exislail autrefois,
sur le cours supérieui de i I Draa, un eu deux lacs, qui lui servaient de
réservoirs el lui assuraienl un débil abondanl i n loute saison. Mais ce n'esl là qu'une fragile le pollièse.
Il v avait aussi des crocodiles dans une ou plusieurs rivières qui, comme l'oued Draa, sortaient de l'Atlas et que des anciens identifiaient avec le Nil1. Avaient-elles plus d'eau que n'en ont de nos jours l'oued Ziz ou l'oued Guir? 11 ne faudrait pas l'affirmer trop vite2. Des crocodiles pourraient vivre dans les rivières que nous venons de nommer; il en vit encore en plein Sahara3.
A peu de distance au Sud de l'oued Djedi, qui naît près de Laghouat et se prolonge vers l'Orient jusqu'au Sud-Esl de Biskra, on peut suivre, sur environ soixante kilomètres, la trace d'un gigantesque fossé. Il partait de la rivière et on l'a naturellement regardé comme un ouvrage d'hydraulique agricole. S'il en était ainsi, il serait nécessaire d'admettre que l'oued Djedi fournissait un volume d'eau assez considérable pour suffire à des irrigations très étendues'. Mais on n'a retrouvé aucun débris de l'immense barrage de dérivation qu'il aurait fallu construire sur le lit de la rivière; d'ailleurs, d'autres raisons portent à croire que ce fossé marquait une frontière romaine et qu'il est resté toujours à sec ;.
Sur les bords de l'oued Itel. dont le lit est parallèle à celui de l'oued Djedi. à une cinquantaine de kilomètres au Sud, exisleiil des vestiges de bourgs, construits par des maçons indigènes. Pourtant les dispositions de certains ouvrages défensifs
1. Pline, V, .'I (d'après Juba); Pausanias, I, 33,6; Dion Cassius, LXXV, 13. Voir aussi Mêla, 111. 96; ,\mmien Marcellin, XXII. 15, S: Paul Orose, I. -'. 29.
Pline iV. :>:i lique également, d'après Juba, des crocodiles dans un lac situé
chez les Masœsyles, dans In Mauritanie Césarienne.
2. Pausanias (I, 33, a), donl les indications sonl 'lu reste très sujettes à cautioi parle de trois rivières qui descendenl de l'Atlas, mais qui sonl .-iussiImI absorbée par |i' sable.
:). Crocodil spèce 'lu Nil) capturé ru 1909 par lu capitaine N'iéger, 'Lui- le
Tassili des Vzdjers; la dépouille, adressée à M. Flamand, a été envoyée paj ■ dernier à Paris, au Muséum (indications de M. Flamand). Voir aussi Schirmer, te Saliara, p. 128.
I. Conf. Dinaux, dans Enquête administrative sur les travaux hydrauliques anciens '■i I Igérie, p. I \:l.
5. ii-i'll. dans Mélanges Boissier, p. '121 el ,-uiv. -, le même, Allas archêologiq I Algérie, I 18, n 69
68 LES CONDITIONS fJU DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE.
prouvent que l'on s'est efforcé d'imiter les forteresses romaines ou byzantines. Sur le sol de ces anciens établissements gisent des fragments de poteries vernissées, de fabrication romaine. De nombreux tombeaux sont des tumulus, type de sépulture qui remonte sans doute à une haute antiquité; mais on y a trouvé des objets en fer, des poteries vernissées. Ils ont probablement été élevés par les villageois voisins1. Il n'est pas certain que ces ruines datent toutes de la même époque, car les centres habités ont pu se déplacer. En tout cas, elles attestent, sinon un peuplement très dense, du moins des mœurs sédentaires, dans un pays qui n'est plus occupé que par des nomades, el seulement pendant une partie de l'année. Faut-il admettre un changement de climat? Suffirait-il, au contraire, de faire des barrages sur la rivière, de creuser des puits, pour ranimer la vie passée? C'est ce que nous ignorons.
Les ruines romaines abondent au Sud et au Sud-Est du massif de l'Aurès, comme aussi au Sud-Est de Gabès. entre les monts des Matmatas et la mer. Les anciens, nous le savons, ont choisi pour l'exploitation de ers régions des cultures exigeant très peu d'eau, et ils ont utilisé. de la manière la plus judicieuse et la plus attentive, les ressources que pouvaient leur offrir les oueds descendant des montagnes, les pluies, les nappes souterraines. On est cependant tenté de se demander si ces vestiges ne témoignent pas d'une densité de population ipie ne comporterait point le climat actuel, dans des conditions sem blables d'exploitation du sol et d'emploi de l'eau disponible -.
Pline l'Ancien, après avoir décrit la province d'Afrique,
1. Il.iiiiv el Leroy, Comptes rendus ùe l'Académie des Inscriptions, 1896, p. 10-13. Blanchet, Bull, archéologique du Comité, 1899, p. 137-142.
2. Conf., pour le pays au Sud-Esl de Gabès, Carton, Annales de la Société géologique <tu Nord, XV, 1887, p. 44. — Dans le Nefzaoua, à l'Esl du chotl el Djerid, l'existence de citernes, qui ne pourraienl plus Être alimentées aujourd'hui, permet
de croire que le > régii les pluies s'esl modifié défavorablemenl depuis
l'époque romai : Toutain, Bull, archéologique du Comité, 1903, p. 339.
parle des deux Syrtes. « Pour aller, dit-il1, à la petite Syrte 2, il faut traverser des déserts de sable, infestés de serpents. Viennent ensuite des saltus 3, pleins d'un grand nombre de bêtes sauvages et, plus à l'intérieur, des solitudes où vivent des élépbants; bientôt, de vastes déserts et, au delà, les Garamantes, qui sont éloignés des Augiles de douze journées de marche. » D'après ces indications, les saltus et les lieux habités par des éléphants devaient se trouver entre le golfe de Gabès et le Fezzan, sur la bordure du plateau saharien, dans la zone appelée par les indigènes le Djebel (monts des Matmatas, djebel Douirat, djebel Nefousa)*.
Des bois très épais sont signalés par Hérodote5 à deux cents stades de la mer, à la colline des Grâces, d'où sort le fleuve Cinyps0, c'est-à-dire dans le pays situé au Sud de Lebda (autrefois Leptis Magna). Le même historien parle avec enthousiasme du pays parcouru par ce fleuve' : « La région du Cinyps vaut les meilleures terres du monde pour les céréales et ne ressemble en rien au reste de la Libye. Le sol est noir, arrosé par des sources; il n'a pas à craindre la sécheresse, ni l'excès des pluies, car il pleut dans cette partie de la Libye. Le produit des récoltes y est avec la semence dans le même rapport que sur la terre de Babylone..., de trois cents pour un. »
Les terres élevées qui dominent presque le rivage, en arrière de Lebda, arrêtent les vents chargés d'humidité et reçoivent quelques pluies. On y voit encore « de belles plantations