Mêla, 111, 95 l'hue. V, ' : VI
5. Mêla, III, !i!i : « insulae GoTgades, Somus nl .liiini aliquando Gorgonum ». P-tute, VI, 2011 : .. Gorgades insulae, Gorgonxim quondam domns ». Staiius Sebosus, cité par Pline <VI. 201), parlail des •■ Gorgonum insulae ». Voît aussi Palœphatus, Incredib., 31. Proclès de Carthage, cité par Pausanias (II, 21. 6 = Fragm. hist. graec, IV. p. S84), racontai! qu'il ) avail dans le déserl de Libye des hommes et des femmes sauvages et qu'un de ces hommes avail été amené à Rome, où il l'avait vu. Il supposait que Méduse avail appartenu à cette race
el que, se séparant des siens, elle était parve ait lac Triton, où elleavaitété
tuée par Persée. Le Périple d'Hannon a peut-être contribué à ta formation de eotte historiette. Pausanias il. 23, 5-6) parle, d'après un navigateur qui s'était joué de sa crédulité, de certaines lies Satyrides, situées dan- la mer extérieure. Biles auraient été habitées par des hommes sauvages, êtres rorl lubriques, qui ne faisaient pas usage de la parole et qui étaient pourvus de queues pre qui aussi grandes que relies des chevaux, l'aui-ii chercher, ii i encore, quelque sou-
520 COLONISATION PHENICIENNE, EMPIRE DE CAHTI1AGE.
Canaries, ou, du moins, à plusieurs de ces îles, à celles qui étaient les plus proches du continent. Pline indique1, d'après Juba, que deux d'entre elles portaient le nom de Iunonia1 : elles avaient été peut-être consacrées à la Junon phénicienne, Astarté3. .Mais les Carthaginois ne durent pas fonder de colonies aux Canaries4. Ils n'y ont laissé nulle trace et leur civilisation paraît n'avoir exercé aucune influence sur les indigènes5.
Diodore de Sicile ° parle, d'une grande île située en plein Océan, à l'Ouest de la Libye, dont elle est séparée par plusieurs journées de navigation. C'est, dit-il. un séjour enchanteur, plus digne des dieux que des hommes. Les montagnes qui couvrent une partie de l'île sont revêtues d'épaisses forêts; les arbres fruitiers 1rs [dus divers y croissent; il en sort des sources abondantes, dont l'eau est agréable et salutaire. Des fleuves navigables parcourent de belles plaines, où des arbres de toute sorte forment des jardins arrosés par des ruisseaux. Les indigènes vivent dans l'abondance, habitant des maisons
venir I tain du Périple? — Notons enfin que, dans des fables empruntées par
Diodorr (III. -ii el 68) au mythographo llenys, il o>t question do Cerné, ville de< Atlantes (conf. plus haut, p. 48li, n. 3), et de la région appelée Corne de l'Occident, ('Eujtspo'j Ke'pa;).
1. VI. 204 : « Alleram insulam lunoniam appellari.... Ab ea in vicino eodein nomine minorem. < Selon Curt Millier (Studien zur Geschichte der Erdkunde im. Altertum, Breslau, 1902, p. 21), il faudrait chercher ces deux îles dans les Isletas, au Nord de Lanzarole, la plus grandi' peut-être a Graciosa (conf. Fischer, Real- Encyclopâdie de Wissowa, s. V. Fortunatae insulae, col, 43).
2. Ptolémée (IV, li, 14) mentionne aussi une lie de Junon, "Hpaç vf,ffoi;, dans le groupe des May.ipiov vt-jOtji (Canaries). L'autre Iunonia, la petite, est peut-être celle que Ptolémée appelle 'AupdaiToç vf,<7o; : Cari Muller. êdit. de Ptolémée, n. à l>. 754.
3. Curt Muller i/. ... p. 21-22, 28) croit, il est vrai, que ces nom,- dalenl seulement du i" siècle avant J.-C. el qu'ils furent donnés à deux des Canaries par des Gadilams. NOUS n'en savons rien.
i. (Juin qu'eu pensent Kaidherbe, lirvue afriraiiu; XVIII, 1S71, p. 37, el liainy. U, ■■■!!,■ d'ethnographie, VII, 1888, p. 101.
■ i. Si les Phéniciens s'étaienl vraiment établis aux Canaries, il serait bien
i i .mi qu'ils n'y eussent |ias introduit l'usage du métal. Il n'y a aucune raison
de leur attribuer (Curl Muller, p. 28) l'introduction du chien, de la chèvre, du dattier.
bien bâties, ou passant l'été dans de charmantes retraites au milieu des vergers. La chasse leur donne du gibier à satiété; la mer leur fournit une grande quantité de poissons. Le climat étant toujours tempéré, la terre produit des fruits pendant la plus grande partie de l'année. Ce furent des Phéniciens de Gadès qui découvrirent cette île. Comme ils longeaient la Libye pour en reconnaître les côtes, des vents violents les emportèrent jusque-là. Ils parlèrent de ce qu'ils avaient vu, si bien que les Etrusques, alors puissants sur mer1, pensèrent à envoyer des colons dans un pays si merveilleux. Mais les Carthaginois ne le permirent pas. Tout en craignant, ajoute Diodore-. que la fertilité de l'île n'engageât beaucoup de leurs concitoyens à déserter leur patrie, ils tenaient à se réserver un refuge possible, dans le cas où quelque désastre viendrait à les frapper.
Il est très probable que ce récit a été emprunté à Timée, comme presque tout le commencement du cinquième livre de Diodore, où il se trouve3.
C'est peut-être aussi de Timée i que dérive un chapitre du traité pseudo-aristotélique De mirabilibus auscultationibus ', qui, pourtant, ne concorde pas exactement avec Diodore0. Dans la mer qui s'étend en deliors des Colonnes d'Héraclès, les Carthaginois auraient découvert, à une distance de plusieurs journées, une île déserte, toute couverte de forêts, ayant des fleuves navigables, terre d'une admirable fertilité. Ils s'y rendirent souvent;
1. Tuppï)vôiv eaXarroxpaTo-jvTwv, ce qui [nul s'eatendre d'une époque antérieure nu désastre de Cumes, en 47i (voir plus haut, p. 437) : Mûllenhoff, Deutsche Altertumskunde, I. \>. lin. nule: Meltzer, I, p. 170.
2. 11 lnul >;i n- doute comprendre : le gouvernement carthaginois voulut que l'attention se détournai 'le cette lie, pour les deux raisons indiquées par Diodore. Voir Geffcken, Timaios' Géographie ./.-s Westens (Berlin, 1892), n. à p. 67.