‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 48 sur 404 · Indication de .M. Basset · texte numérisé non relu

Indication de .M. Basset

.'i. Discours, X. p. Hiij de l'édition G. Dindorf.

li. Etymolog., XIV. .'i. 12. — Gonf. ibid.', Ml, 2. 10 : « vpud solam Uricam el Indinm elephanti prius nascebanlur; nunc sola eos [ndia gignit. » 7. Conf. IJlien, liât, anim., X. 1 .

5. Friedliinder, Siiterigeschichtc limas. II. p. 490 de la cinquième èdil

9. lilieu, /. .-.. VI, -'i(i. Propercc, M. 31, 12. 0\ ide, Pont., IV, 9, 28. Pline, V. 12: VIII. 7. Martial, II. 43, 9; IX. 22. a; XIV, 3, 2. Juvénal, Xi. i :

lu. Jamais, à notre connaissance, les éléphants ne lurent employés du us I '.-innée

r i ■ d'Afrique, sous l'Empire. Vlais l'utilité de ces animaux au poinl de vue

militaire élail forl conlestable : très souvent, ils s'affolaienl au milieu de la

h l s'enfuyaient, ou se retournaienl contre le- troupes qui combaltaienl de

leur cûté. Quand même les Romains auraienl pu disposer-de noml «éléphants,

sont éteints très rapidement en Algérie, et il est à prévoir qu'il en sera de même des panthères. Pourtant le climat n'y est pour rien '.

On ne rencontre plus, à l'époque classique, aucune mention d'hippopotames, ni de rhinocéros, dans la Berbérie proprement dite. Les hippopotames indiqués par Ilannon vivaient plus au Sud, probablement dans la région de la Saguia el Hamra2. L'éléphant est le seul des grands animaux de l'Afrique centrale dont l'existence soit certaine dans l'Afrique du Nord pour la période qui nous occupe.

Pour qu'il pût y vivre dans des conditions normales', il y a moins de vingt siècles, il fallait qu'il trouvât en tout temps des quantités abondantes d'eau et d'herbe. Il existe encore des pays où il passerait la saison sèche sans mourir de soif et de faim ; par exemple, au pied de l'Allas marocain et dans le Kif, où les textes anciens le signalent. Mais, à en juger par les autres indications que nous avons sur le climat de la Berbérie, il est permis de supposer que, dans les siècles qui précédèrent leur disparition, les conditionsd'existence des éléphants devaient être

mi peut admettre qu'ils ne voulurent pas s'embarrasser d'auxiliaires aussi dangereux.

1. Conf. Armandi, (. <■., p. 21-22. M. Engell (Verbreitung und H&ujlgkeU des Blefanten und Lowen in Afrlka, dans Petermanns MUteilungen, Ergânzungshefl CLXXI, 1911, p. 0) croit aussi que la destruction de l'éléphant dans l'Afrique du Nord a été l'œuvre de l'h me.

2. Rien n'empêche d'identifier avec le fleuve d'Hannon le » (lumen Bambotum, crocodilis el hippopotamis refertum ». mentionné par Pline (V, 10), d'après

Polyl agrippa. \ itruve (VIII, 2. Ti indique un fleuve qui sortail de l'Atlas,

m Maurétanie, ri qu'il regarde c ne le Nil: il ajoute : « Ex Mauretania capul

Nili profluere ex eo maxi cognoscitur quod exaltera parte montis Atlanlis

su.nl alia capita item profluentin ad occidentem m Oceanum, ibique nascunlur

ichnc mes, cr lili, aliae similes bestiarum pisciumque naturae, praeter

hippopotamos. • Mais le mol praeler, qu'on traduit d'ordinaire par outre, ne signifierai! il pas ici excepté'?

:i. Je n'ignore pas que cette question esl très délicate ri qu'on a souvent exagéré les difficultés qu'éprouvenl les animaux a s'adapter a des climats différents de ceux m1" paraissenl leur convenir le mieux. Je n'irai pas cependant jusqu'à dur. avec Lucien (Dipsad., 2). que !'■- éléphants peuvenl supporter la soifel l'ardeur du soleil dans les déserts de la Libye, nu. assure-t-il, 1rs Garamantes vont les ohasser.

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ailleurs assez pénibles. Un peut croire que c'étaient îles survivants d'une faune appropriée à un climat plus humide, cantonnés peut-être dans certaines régions hors desquelles ils auraient succombé.

Tels sont les arguments invoqués en faveur de l'hypothèse d'un changement de climat. On voit qu'ils méritent l'examen, mais qu'ils n'entraînent pas la conviction. En tous cas, ils ne prouvent pas que ce changement ait été' profond.

Ceux qui l'admettent essaient de l'expliquer par différentes causes. Tantôt on fait intervenir des phénomènes généraux : influence du déplacement de l'axe de la terre ', modification du régime des vents dans la partie méridionale de la zone tempérée boréale. Ce sont là des hypothèses très fragiles. Il est impossible de prouver que la position de la ligne des pôles ait varié, depuis les temps historiques, au point d'agir sur le climat': en ce qui concerne les vents, nous verrons tout à l'heure que les rares renseignements contenus dans les textes anciens cadrent bien avec le régime actuel.

Tantôt on allègue l'influence que, depuis l'antiquité, le déboisement a dû exercer sur le climat île l'Afrique du Nord3. Quoiqu'on en ait souvent exagéré l'importance ', le déboisement a atteint beaucoup de régions plus ou moins étendues. Il a frappé, non seulement des forêts naturelles, mais aussi de grandes plantations d'arbres fruitiers '. Il a ru des conséquences graves, en rendant plus rapide et plus funeste le ruis-

1. Voir, entre autres, Pérocbe, dans Annales de in Société géologique du .Von/, XXIV. 1896, \i. 69 el suiv.; Carton, la Restauration de CAfrique du Sord (extrait du Compte rendu du Congrès colonial de Bruxelles, 1897), p. 17: Gauckler, dans Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie, I. p. \22.

2. Ilann, Handbuch der tUimatologie, I. p. :(72 el -un. (de la seconde édition). Leiter (mémoire cité p. lu, n. 1), p. 139. Voir aussi de Lamothe, le Climat de V i frique du "ford pendu ni le pliocène supérieur el le pleistocène (extrail des Comptes rendus du Congrès géologique de Mexico, 1906), p. U.

:(. Carton, dans />'»". • '■• / Icadémie d'Hippone, XXVII, 1894, p. .">. 14. Le même, dans Revue tunisienne, NI. 1896, p. 90. K. Voir chap. iv.

a. r.arlou, El'ide sur les lenenu.r l<vd ruulitjues des Humains en Tunisie, p. 124. I. G

Bellement, qui dénude les pentes et bouleverse le bas pays par les trombes d'eau, par les amas de boues et de terres qu'il apporte. lia pu être cause de la diminution ou de la disparition d'un certain nombre de sources, en permettant aux eaux de pluie de glisser sur des surfaces lisses, au lieu de s'infiltrer lentement dans des terrains meubles. A-t-il eu aussi des effets importants sur le régime des pluies, comme on l'a soutenu maintes fois ' ?

L'évaporation qui se dégage des forêts maintient l'humidité et la fraîcheur de l'air ambiant. Quand cet air est heurté, — ce qui arrive surtout dans les lieux élevés et sur les fortes pentes, — par des courants chargés de vapeur d'eau, il complète leur saturation, les refroidit et favorise par conséquent leur condensation; les arbres font obstacle à leur marche en avant. Il en résulte des brouillards ou des pluies sur la forêt et les alentours immédiats-. Pour produire cet effet, il faut naturellement que la forêt soit étendue. Lorsqu'au contraire le sol des montagnes est dénudé, il s'échauffe facilement au soleil, et les vents, qui le balaient sans rencontrer d'obstacles, contribuent encore à le dessécher: à son tour, il échauffe l'air qui l'effleure et l'éloigné de son point de saturation3.

Il convient évidemment de tenir compte à cet égard du déboisement qui a sévi sur bien des points de l'Afrique septentrionale, du ruissellement qui à dépouillé les roches de leur revêtement de terre, d'herbe, de broussailles, et en a fait, pour ainsi dire, des plaques de réverbération. Cependant il ne faut pas non plus en exagérer les conséquences. Os pluies, plus fréquentes et plus régulières, ne devaient pas s'étendre beaucoup au delà des forêts qui les provoquaient; elles tombaient surtout sur des terrains de montagne qui, soit par leur revête-

1. Par exemple, Carton, Bull. d'Hippone, XXVII, p. 5; Revue tunisienne, /. ■-.

2. Voir, entre autres, BufTault, dans /;»//. de géographie historique, 1910, p. 151, :i. Voir à ce sujet llann, '. '■.. 1. |>. 194-197; Bruckner, dans les Geogrtrphische

Abhandlungen de Penck, IV, 2 (1890), p. 12.

nient forestier, soit par leur constitution géologique, soit par leur altitude élevée, n'avaient guère de valeur agricole; elles étaienl tout au plus bonnes à entretenir, à la lisière îles bois, quelques pâturages d'été. Mais, si les forêts qui n'existent plus aujourd'hui ont pu accroître les précipitations atmosphériques sur des espaces assez restreints, elles n'avaient aucune influence sur le régime ordinaire îles pluies, qui tenait et tient à des causes très générales, agissant sur de vastes zones de notre globe.

Certains jugements sommaires que l'on trouve dans des auteurs anciens pourraient nous faire croire que la Berbérie était alors, au point de vue du climat, encore plus mal partagée qu'aujourd'hui. C'est Timée, cité et d'ailleurs réfuté par Polybe ', qui prétend que la Libye tout entière est sablonneuse, sèche et stérile. C'est Posidonius, qui parle du manque de pluies dans le Nord de la Libye, de la sécheresse qui en résulte -. Ce sont ces mots fameux de Salluste ' : caelo terraque penuina aquarum. Virgile fait dire à un personnage, forcé de s'éloigner de l'Italie : « Nous irons chez les Africains altérés4. » — « L'Espagne, dit Justin5, n'est pas, comme l'Afrique, brûlée par un soleil violent. » Frontin 6 affirme que l'Afrique estime contrée très sèche, regio aridissima. Le rhéteur gaulois Eumène parle des campagnes assoiffées de la Libye, Libyae arva sitientia1.

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