‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 49 sur 404 · Oral, pro restaurandis scholis · texte numérisé non relu

Oral, pro restaurandis scholis

Ces appréciations sont assurément exagérées. Pour <]ii<l'Afrique fût le pays dont la fertilité est proclamée par tant de témoignages, il fallait qu'il y tombât de l'eau, du moins pendant l'époque de l'année où la pluie est nécessaire aux cultures.

Mous allons citer une longue série de textes et de documents archéologiques qui paraissent prouver que le climat de cette contrée ne différait pas, ou ne différait guère, dans l'antiquité classique, de ce qu'il est aujourd'hui.

Parmi les vents, le siroco est mentionné à plusieurs reprises. Je traduirai deux passages d'auteurs africains, qui donnent des descriptions très précises de ses effets : Victor de Vite, historien de la fin du vB siècle, et Gorippus, poète du siècle suivant. Le premier parle d'une sécheresse terrible dont l'Afrique souffrit de son temps. Voici ce qu'il dit. entre autres détails1 : « Si, par hasard, quelque gazon, végétant dans une vallée humide, commençait à offrir la couleur pale plutôt que verte du fourrage naissant, aussitôt un vent brûlant, enflammé, accourait et le desséchait complètement, car la tempête, grillant tout sous le ciel sec. était venue couvrir le pays entier de ses nuées de poussière. » — ■ « h'Africus qui vomit des flammes, écrit Gorippus*, commence à incendier la terre de son souffle et abat la forée et l'ardeur des troupes. Tous fes corps se tendent sous l'haleine de ce vent de feu. La langue se dessèche, la ligure rougit, la poitrine haletante respire avec peine, l'air qui passe par les narines est embrasé, la bouche brûle, âpre et vide de salive, le feu dévore la gorge sèche. Toute la sueur s'échappe des tissus el trempe la peau, mais la chaleur malfaisante de l'air la dessèche et l'enlève tiède de la surface du corps8. »

Comme on le voit, le siroco décrit par Corippus est appelé

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