Voir encore Corippus, ibid., VI. 2T2-:t: VIII
par lui Africus '. D'ordinaire, pour les Latins, VAfricus est le venl qui, en Italie, souffle du Sud-Ouest, c'est-à-dire de la direction de l'Afrique, vent violent et redouté des marins-. Le nom par lequel les écrivains désignent le plus souvent le siroco est Atixter. en grec Vjtoç. le vent du plein Sud. Tantôt ils indiquent exactement les effets de ce vent sec3, qui peut se faire sentir jusqu'en Italie4; tantôt ils appliquent le nom à'Auster à un vent violent et pluvieux, qui sévit parfois dans la péninsule et qui, en somme, ne diffère ^uère de Y Africus*. I'line a soin de distinguer YAuster d'Italie, humide, de YAuster africain, qui « amène en Afrique une chaleur brûlante par un temps serein0 ». D'autres, au contraire, parlent d'un Auster humide, même en Afrique7. Cette épithète n'est pas de mise pour le siroco véritable. On peut observer, il est vrai, qu'en hiver, le siroco est généralement suivi (et non accompagné) de pluie: mais il est plus simple d'admettre que ces écrivains se sont trop souvenus de YAuster italien.
Par contre, c'est bien le siroco africain qu'Hérodote8 et Lucain3 mentionnent dans le voisinage de la grande Syrie, sous les noms de Noto; et à'Auster, et dont ils exagèrent beau-
1. Il m' parait pas le distinguer nettement du Notus, ou Auster : voir Johann., I. 387; II. 197; VII. 387 ri l.'in.
2. Voir, entre autres, Virgile, Énéids, 1,85-86; Horace, Odes, III. 29, 37-38; Tacite, Annales, XV. JO.
3. Par exemple, saint Augustin, Annot. in Job, 38, 21 : « Auslrum, quamvis mortalibus carnibus gravis sentiatur... »
i. Horace, Satires, M. ij. is : « plumbeus Auster ». Ailleurs, Horace {Odes, lit. 23, .'i) appelle ce venl Africus :
... pestilootem sontiat A.fricum Fecunda vitis.
.'i. Virgile, Géorgiques, III. 27S; Ovide, Métamorphoses, I. (i.'i-iiii. Conf. Ni>scn. Italische Landeskunde, I. p. 387.
il. XVIII. 329 : • Vfricao incendia cum serenitate adfert. - Conf. Aristote, \leteorol., II. -i. 28 : !'■ venl du Sud (Notos) esl serein en Libye.
7. Stace, Silves, I. 6, 7* : ...quas udo Numidac legunt sub Vustro. >• Claudien , De consulatu Stilichonis, II. 393 : « umidus luster • ni s'agil il'1 l'Afrique). Conf. Lucain, IX. 320 : > densis fremuil niger imbribus Auster. <
s. IV. 173.
'.i. IX. ir,:i et -un.
coup les effets; c'est le même vent que Sallusle ' indique, sans le nommer, dans les mêmes parages, et qui soulève, dit-il, des tourbillons de sable. C'est aussi le siroco qu'un traité de la collection hippocratique 2 décrit exactement : « Le Notos est chaud et sec en Libye. 11 y dessèche les productions de la terre et il y exerce sur les hommes, à leur insu, la même action. »
Nous avons dit que. pendant la saison d'hiver, les pluies sont surtout amenées par les vents du Nord-Ouest. Les anciens n'ignoraient pas qu'elles venaient en Afrique des régions septentrionales, comme l'attestent des vers de Lucain, de Stace et de Itutilius Namatianus 3. Pendant la belle saison, les vents du Nord et du Nord-Est dominent sur le littoral, déterminés par les mêmes causes que ceux qui soufflent du Nord en Egypte (les vents étésiens des Grecs). On peut citer à ce sujet un passage de Galien4 : « En Egypte et en Libye, les pays voisins de la mer sont moins chauds en été que ceux de l'intérieur des terres, parce qu'ils sont rafraîchis par les vents du Nord. » Sur la côte orientale de la Tunisie, le vent d'Est souflle tns souvent durant la saison chaude : Procope :i le signale en septembre.