Gautier, l. c, p. 68. Ici, t. I, p
On en rencontre, — comme aussi des objets en bronze, — avec du fer', dont l'emploi dans l'Afrique du Nord ne remonte sans doute guère au delà du premier millénaire-, et avec d'autres objets qui indiquent des temps rapprochés de l'ère chrétienne. D'ailleurs, la forme même de certains bracelets, bagues, boucles en cuivre, témoigne qu'ils n'appartiennent pas aux débuts de l'âge des métaux ^
Le fer s'oxyde aisément et les traces qu'il laisse peuvent échapper à des fouilleurs peu attentifs. A ma connaissance, on ne l'a pas signalé dans le mobilier des dolmens des lieni Messous et de Roknia; pourtant, en ce dernier lieu, des tombes ont été utilisées, et même édifiées, longtemps après l'introduction du fer en Berbérie : ce que montrent des poteries et des procédés de construction dont nous parlerons plus loin\ Dans la plupart des autres cimetières de dolmens, ce métal ne fait pas défaut. On le retrouve aussi dans des tumulus, des cromlechs et des chouchet. S'il est surtout employé pour des parures, bagues, bracelets, etc., cela prouve, non pas qu'il fût alors très précieux, mais que les morts enfouis sous ces tombeaux étaient des gens qui ne possédaient pas de bijoux en or et en argent, ou qui, lorsqu'ils en avaient, n'obtenaient pas de leurs héritiers la faveur de les emporter avec eux.
Les verroteries qu'on rencontre parfois, — d'ordinaire avec des parures en cuivre et en fer, — ne peuvent pas être antérieures à la période de colonisation phénicienne, mais elles peuvent être bien plus récentes.
1. Voir, p. ex., Féraud, l. c, p. 22Î; Zeil, B. a. Comité, 1904, p. 349; Baibin, ibid., 1914, p. 281; Gautier, l. c, p. 65.
3. Voir, entre autres, des bijoux provenant des dolmens de Ras el Ain Bou Merzoug : R. Constantine, VII, 1863, pi. 5. Bague avec une image de colombe sur le chaton, à Sila : Frobenius, L c, fig. 77.
4. Voir p. 225 et 229, n. 3. Aux Béni Messous, les pierres d'un dolmen ont paru présenter des traces de taille (Régaault, L c, p. 239); ce tombeau n'était probablement pas fort ancien.
Les poteries de fabrication indigène ne donnent pas de repères : depuis les temps préhistoriques jusqu'à nos jours, cette humble industrie présente les mêmes formes rudimentaires et la même technique*. Rappelons cependant que certains vases imitent des modèles puniques et gréco-puniques des iv^-ii* siècles'-; à Gastal et à Ras el Ain Bou Merzoug, d'autres offrent une ressemblance, qui n'est peut-être pas fortuite, avec des produits gaulois du T'" siècle avant notre ère^ Çà et là, des poteries plus fines, faites au tour et cuites au four, sont certainement des objets provenant de fabriques urbaines et répandus par le commerce . à Téboursouk, à Dougga, à Bulla Regia, des vases d'aspect tout à fait punique*; à Roknia, un pot-biberon, également punique'; à Gastal, un flacon d'un galbe très éléganf"', qui, n'était l'absence de vernis, pourrait passer pour une importation de l'Italie méridionale^; à Aïn el Bey, près de Constantine, une lampe dite rhodienne*; à Dougga, à Magraoua et dans le Sud tunisien, des céramiques à vernis noir'. Tout cela se place entre le m" et le i" siècle. Puis ce sont des poteries franchement romaines, souvent couvertes d'un vernis rouge : à Dougga'", à Duvivier'\ dans divers lieux de la région de Constantine (Aïn el Bey '-, Bou Nouara ^\
1. Supra, p. 64-65. Il n'y a aucune indication chronologique à tirer de quelques signes gravés sur des poteries que contenaient des dolmens de Sila; il n'est pas sûr du tout que ce soient des lettres : voir p. 102, n. 2.