‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nordChapitre 59 sur 307 · Lucain, lY, G8J · texte numérisé non relu

Lucain, lY, G8J

. aiinialunisi|uc sagitlas .Mfdynnii. trcinuliun 'inii torsit missile Maza.x.

précipitaient vers Tennemi en faisant une décharg-e générale, l'effet pouvait être désastreux sur des gens qui, même sans être blessés, se laissaient affoler par cette grêle de traits'.

On compte par douzaines les textes qui, depuis le m'' siècle avant J.-C. jusqu'à l'époque byzantine^, mentionnent l'emploi des javelots' chez les Libyens, Numides, Maures et Gélules, cavaliers et fantassins, à la chasse comme à la guerre. Des stèles, découvertes en Kabylie et pourvues d'inscriptions libyques, nous montrent des hommes tenant leurs deux^ ou trois javelots^ On voit encore des images semblables sur des gravures rupestres, tracées h la lisière du Sahara et dans le Sahara même^, vers la fin des temps antiques ou au moy&n

Corippus, Joh., IV, 551-2 (à propos d'un chef indigène) :

... iaoulis qui vincere posset

Pcrsarum toneras nervo pellento sagittas.

1. Voir, p. ex., Ammien Marcellin, XXIX, 5, 25 : « Mazices... lela reciprocantes vdlilantia grandinis ntu. » Claiidien, Consul. Stilich., I, 352 :

... fusum frobris hastililjus inibrem.

2. Polybe, III, 71, 10; XV, 12, 1. Diodore, III, 49, 4. Tite-Live, XXII, 48, 3; XXII, 50, 11; XXIII, 26, 11; XXVIII, 11, 13; XXX, 18, 17; XXXV, 11, 7. Appien, Lib., 11 et 46; Iber., 25 et 27; Bell, civ.. Il, 96. Salluste, Jag., VI, 1. Paul Oiose, V, 15, 16. Pline l'Ancien, VIII, 20. Sénèque, Brev. vit., Xl[l,Q. Plutarque, St;rionu.% 27. Bell. Afric, VII, 5; XIV, 2; LIX, 5; LXXI, 3. Strabon, XVII, 3, 7. Élien, Nat. anim., VII, 23 (d'après Juba II). Horace, Od., I, 22, 2. Lucain, IV. 680-1. Silius Italiens, III, 339. Valérius Flaccus, .4/-^.. III, .587. Hérodien, VI, 7, 8; VII, 8, 5; VII, 9, 6. Ammien Marcellin, XXIX, 5, 25 et 32. Claudien, Bell. Gildon., 430-8; Consul. Stilich., I, 258, 352-6. Procope, Bdl. Vand., II, 10, 9; II, 11, 19, 27 et 49. Corippus, Joh., I, 543: II, 11-13, 114, 133, 151-2; IV, 513, 551 ; V, 136, 251, 335. .378-9, 454; VI, 664; VIII, 194, 382-7.

3. Les Grecs se servent, en général, du terme à/tôvriov (a/.ojv dans Slrabon, l. c); on trouve aussi Sopânov (dans Hérodien et dans Procope), lôf/q (dans Diodore, /. c), aî/iAr, (dans Procnpe, B. V., II, 10, 9). En latin, le plus souvent, iaculum, ou bien lelum. Et aussi spiculum (Claudien, Cons. Stil., I, 354); lancea (Valérius Flaccus, i. c; Corippus, 11,151; VIII. 385) ; /ias<a (Corippus, V, 251 et33.5); kastilia, au pluriel (Claudien, Cons. Slil., I, 352; Paul Orose, l. c. ; Corippus, I, 543; II, 133); missile, missilia (Lucain, l. c; Claudien, Bell. Gild., 437, et Cons. Slil., I, 356; Corippus, V, 379 et 454; VIII, 194): venabnla pour dos javelots employés à la chasse (Corippus, H, 11).

4. Gsell, Bull, archéol. du Comité, 1901, p. cliii. Boulifa, C. r. Acad. Inscr., 1910, flg. aux p. 791 et 793 (= /?<;y. afric, LV, 1911, pi. à la p. 18, Og. 2 et 3).

5. Doublet, Musée d'Alger, pi. VI. Sur une stèle de Souama, représentant un fantassin, celui-ci tient des javelots; on a figuré trois hampes et seulement doux fers : Bull, de corresp. afric, I, 1882-3, pi. à la p. 40.

6. Voir, p. ex., Gautier, Sahara algérien, p. 98; fig. 21, A, à la p. 103; flg. 24, E, à la p. 111.

•iO VIE MATERIELLE.

âge, alors que les Berbères avaient reflué dans le désert. Sur des monnaies frappées en Numidie et en ]\faurétanie, une paire de javelots (ou un seul) accompagne, comme un attribut nécessaire, la tête de l'Afrique'; ce sont aussi deux javelots que tient la Maurétanie sur des monnaies impériales^.

En résumé, la plupart des indigènes n'avaient, dans l'antiquité historique, qu'iune seule arme offensive, le javelot; joignons-y le poignard ou le coutelas, fait pour égorger plus que pour combattre.

Beaucoup d'entre eux ne portaient aucune arme défensive ^ C'était avec un gan de leur manteau qu'ils s'eËforçaient de parer les coups*. Cependant le bouclier fut connu très tôt en Berbérie. Sur deux gravures rupestres, l'une de la région de Biskra, l'autre du Sud oranais, nous voyons un bouclier, offrant une double échancrure latérale'', comme le bouclier dit béotien : telle était la forme que donnait une peau de quadrupède, tendue sur une armature en bois. Une autre gravure, du Sud oranais, représente un bouclier ovale"; une quatrième, peut-être un petit bouclier rond\

C'est. de cette rondache que les Africains faisaient usage à l'époque historique^; elle était commune aux fantassins et aux cavaliers. Les auteurs anciens la mentionnent fréquemment,

1. Deux javelots : Miiller, Numism., 111, p. 42, n" "ii (Juba I"); p. iOO, n" 15 (Bocchus); p. 10:J, n°' 18-1<J, et p. 107, n" 71 (Juba II; conf. Dieudonné, dans Rev. numism., 1008, p. 351, n^' 1-5, et pi. Xlll, fig. 7-!)); p. 138, n'" 201)-2i0 (monnaies de Gœsarea). Un seul javelot : Miiller, p. 130, n" 190 (Ptolémée).

2. Gohen, Descr. des monn. impér., 2" édit., II, p. 18.'), n"' 952-961 (Hadrien); p. 321, n° 552 (Anlonin le Pieux).

3. Conf. peut-être le passage de Tite-Live cité p. 42, n. 6. Procope {Bell. Vand II, 11, 20) indique que beaucoup d'indigènes n'ont pas de bouclier.

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