Sur ces deux affaires, v. plus loin, eh. XIX et XX
Ils sont rédigés en latin : nous sommes arrivés au moment où l'église romaine change de langue, où le latin y est substitué au greci. Le principal est un traité de la Trinité, consacré à la réfutation des gnostiques des théodotiens et des sabelliens. Le cadre est fourni par l'exposition du symbole, dans ses trois principaux articles : « Je crois en Dieu le Père toutpuissant... et en Jesus-Christ son Fils unique... et au Saint-Esprit ». L'auteur témoigne d'une profonde connaissance de l'Ecriture ; son raisonnement est serré, son exposition claire, ses conceptions assez précises. Venu après tant de controversistes, il a profité de leurs travaux. Aussi sa théorie de la Trinité 2, tout en maintenant le système du double état du Logos, est-elle plus exacte et plus complète que ce que l'on trouve chez ses prédécesseurs 3. Mais Novatien n'est pas seulement un théologien ; c'est aussi un rhéteur consommé, qui soigne et ornemente son style, distribue son sujet avec art et sait reposer son lecteur des questions de textes en lui offrant çà et là de beaux développements oratoires.
Comme Hippolyte, il était prêtre de l'église ro-
1. Cependant les épitaphes originales des papes continuèrent d'être rédigées en grec. On a celles de Pontien, Antéros, Fabien, Lucius, Gains (f 296). Celle de Cornélius, qui est en latin, paraît être postérieure au m® siècle.