Hippolyte avait peut-être eu sa demeure en cet endroit
2. Prudence, Peristeph., XI, tire ses renseignements de l'inscription damasienne Hippolytus fertur (Ihm., n» 37), mais il confond le martyr de la voie Tiburtine avec un autre martyr Hippolyte, surnommé Nonnus, honoré le 22 août à Porto, et embellit leur commune histoire avec des traits empruntés à la légende d'Hippolyte, fils de Thésée.
Duchesne, Hiat. anc. de l'Egl. ï. 1. 22
qui est plus fort, saint Jérôme et Rufin en sont au même points. Le pape Gélase (v. 495), par une singulière distraction, lui assigne le siège de Bostra^ D'autres 3, moins au courant de l'histoire des papes, acceptèrent le titre d'évêque de Rome sans s'offenser de la difficulté qu'il soulevait. Plus tard enfin*, un autre martyr Hippolyte, enterré à Porto, ayant été «onnu par une légende spéciale, on arrangea les choses en admettant qu'Hippolyte, auteur des livres, avait été évêque au Port de Rome.
A Rome même, Hippolyte conservait au moins, dans les usages du culte et dans l'histoire, la qualité de prêtre romain. C'est ainsi qu'il est qualifié par le Liber pontifiralis. C'est avec des attributs en rapport avec cette situation qu'il fut représenté, vers la fin du v[e siècle, dans une mosaïque de la basilique Saint- Laurent. Mais déjà circulait un étrange roman de la persécution de Dèce, dont les épisodes vont de Babylone à Rome et mettent en scène des martyrs fort divers, les uns romains les autres persans, les uns authentiques les autres imaginaires. Hippolyte a un rôle dans ces récits. Il y remplit les fonctions de vicaire du préfet de Rome et se trouve chargé, en cette qualité, de garder saint Laurent prisonnier;
1. Eus., VI, 20, 22 ; Hier., De viris, 61 ; Rufin. H. E., VI, 16.
2. Thiel, Epp., Rom. Pontif., p. 545. n semble, du reste, que Gélase dépend ici d'un document grec. Voir le travail de M. L. Saltet sur les sources de l'Eranistes de Théodoret, publié dans la Revue d'histoire ecclésiastique de Louvain, 1905, p. 516 et suiv.
S. Apollinaire (Mai, Script. \et., t. I, p. 173). 4. Déjà dans la Chronique pascale (v. 640).
puis il se convertit et meurt martyr avec sa nourrice Concordia et dix-huit autres personnes. Singulière transformation I^.
Maximin fut renversé en 236 et tué l'année suivante. Ses édits ne purent être appliqués longtemps ; l'église romaine retrouva la paix dont elle jouissait depuis Caracalla. Antéros, qui avait été élu à la place de Pontien exilé, ne le remplaça que peu de semaines. Fabien lui succéda et siéga jusqu'à la persécution de Dèce. On signale des constructions élevées par lui dans les cimetières de Rome et aussi le fait qu'il répartit les régions urbaines entre les septs diacres 2. C'est sans doute le commencement des régions ecclésiastiques, cadres officiels du clergé et de l'administration religieuse, qui se maintinrent à Rome pendant de longs siècles. Il eut à intervenir au dehors dans une grosse affaire africaine, la déposition de Privât, évêque de Lambèse ; Origène lui adressa un mémoire où il se justifiait contre les accusations dont sa doctrine était l'objet 3. La science théologique continuait d'être cultivée à Rome. A la place d'Hippolyte on y pouvait entendre un nouveau docteur, Novatien, dont il nous reste quelques écrits.
1. C'est avec cette histoire qu'Hippolyte figure encore au bréviaire romain et au martyrologe.
2. Catalogue libérien : Hic regiones divisit diaconibus et multas fabricas per cymiteria fieri iussit. Sm son élection miraculeuse, v. Eus., V, 29.