‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 143 sur 205 · Ep. LIX · texte numérisé non relu

Ep. LIX

lui manquaient de fondement, et se fit rétablir dans sa dignité. Peu satisfaits de ce revirement, leurs fidèles et surtout leurs successeurs prirent le parti de s'adresser au concile d'Afrique. Celui-ci était devenu une institution régulière. Nous voyons par les lettres de saint Cyprien, que, sauf les temps de persécution, il se tenait au moins une fois par an, au printemps, et quelquefois à l'automne. Ces grandes assemblées périodiques contribuaient beaucoup au maintien et à l'uniformité de la discipline. Elles étaient célèbres en dehors de l'Afrique, et la réputation de l'homme illustre et sage qui en était l'âme ajoutait encore à leur considération. C'est à l'automne de 254 que le concile fut saisi de la requête des Espagnols. Il procéda exactement comme avait fait le pape ; c'est-à-

lire qu'il n'entendit qu'une des parties et lui donna gain de cause. Basilide et Martial furent déclarés indignes de l'épiscopat. Il ne nous est guère possible, sur des enquêtes aussi incomplètes, de décider qui avait tort ou raison ^. Mais, ce qui est clair, c'est que la lettre du concile d'Afrique ^ par laquelle les églises d'Emerita et de Legio-Asturica reçurent communication de la sentence, contraire à celle du pape Etienne

n'était pas faite pour plaire à celui-ci. Peu après cet événement, Cyprien reçut coup sur

1. Les évêques d'Espagne étaient partagés : Basilide et Martial étaient reconnus par quelques-uns d'entre eux. Ceux-ci sont fort malmenés par le concile africain (Ep. LXVII, 3).

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